Des livres, du tricot, de la couture et encore des livres... Bienvenue chez moi !

On découvre son visage sur la couverture : la photo en noir et blanc d'une jeune femme, souriante, les cheveux bouclés, de bonnes joues un peu enfantines. Une jeune femme qu'on qualifierait de jolie, sympathique, mais sans doute pas d'exceptionnelle. Et pourtant, cette jeune femme a sauvé deux mille cinq cents enfants du ghetto de Varsovie, dans la Pologne occupée par les allemands. Elle s'appelait Irena Sendlerowa, elle était catholique et n'avait pas de raison particulière de se soucier du sort des juifs. Elle aurait pu attendre la fin de la guerre, en sécurité, et pourtant...
Comment des personnes "ordinaires" décident-elles un jour de s'engager dans une action qui paraît impossible, quels que soient les risques, uniquement parce que cela leur paraît juste ? C'est une question qui m'a toujours fascinée. Alors lorsqu'en décembre dernier, j'ai reçu un mail de LP Conseils me demandant si cela m'intéresserait de recevoir Irena Sendlerowa de Gilbert Sinoué... forcément, c'était oui !
J'ai commencé le livre conquise d'avance, prête à découvrir la vie d'une héroïne et à me replonger dans des événements historiques de la Seconde Guerre Mondiale. Et là, la bonne surprise, c'est qu'en plus de son sujet, Irena Sendlerowa est un vrai bon roman : une intrigue passionnante, de beaux personnages, avec bien sûr au centre Irena, pas du tout figée dans une image de "Juste parmi les nations" poussée par son destin, rien qu'une jeune femme qui ne peut pas abandonner les juifs à leur sort... C'est la force de ce roman, je trouve, de nous la rendre à la fois proche et exemplaire.
Au fil de l'histoire d'Irena, c'est aussi la vie quotidienne à Varsovie pendant l'Occupation qu'on découvre. Les doutes, la difficulté du quotidien, la volonté de survivre. L'impossibilité de croire qu'on puisse décider de faire disparaître le demi-million de personne du ghetto, comme ça, sans aucune raison.
On découvre aussi l'engagement de grandes figures (comme Korczak) ou d'inconnus - parfois, résister, c'est une toute petite action (ne pas remarquer dans la rue un enfant qui réclame sa grand-mère en yiddish, ouvrir sa porte à une femme en uniforme de prisonnier). Ça fait chaud au cœur de penser que ce sont des histoires vraies. Et malgré la gravité du sujet, finalement, ce qui domine, c'est l'espoir.
Une très belle découverte pour commencer cette année, je crois que je vais garder un œil sur les publications des Éditions Don Quichotte. ;)