Des livres, du tricot, de la couture et encore des livres... Bienvenue chez moi !
"Tobie mesurait un millimètre et demi, ce qui n'était pas grand pour son âge."
Cette première phrase est magique.
Par un effet d'optique extraordinaire, nous aussi, nous mesurons un millimètre et demi, l'Arbre devient un univers, les crevasses de son tronc des falaises, ses feuilles des plaines périlleuses en automne... on se cacher dans le creux d'une écorce pour échapper, comme Tobie, à tout son peuple qui le poursuit. Même son meilleur ami, Léo Blue, s'est retourné contre lui.
Petit à petit, on découvre son histoire, à Tobie, lui qui s'accroche au ciel, qui "fixe le ciel comme on tient la main de ses parents dans la foule".
Ce roman est merveilleux, tout simplement.
Le texte de Timothée de Fombelle, les illustrations de François Place (ces couvertures aussi, elles sont magiques), tout est parfaitement juste et à sa place.
Je pourrais dire qu'il y a plusieurs niveaux de lecture à cette histoire. Mais je pense qu'un enfant comprend tout de la peur de ceux que l'on ne connaît pas, de l'ambition ou la cupidité qui peuvent conduire certains au pire, jusqu'à mettre son monde en péril, comme du courage de résister. De Tim Lolness, ce grand savant amoureux de la nature, qui cherche à prouver que l'Arbre est vivant et qui est capable de refuser de révéler le secret d'une de ses inventions parce qu'elle pourrait le détruire. De ceux que ça n'intéresse pas et qui veulent juste plus de puissance, plus de profit.
Un enfant sait que "l'on est jamais obligé de dire les choses importantes à ses amis, mais, le jour où on le fait, la vie devient plus douce".
Le second tome est parfaitement à la hauteur du premier... et il n'y a pas grand chose à ajouter, en fait. Raconter serait dommage, c'est tellement mieux de tout découvrir, comme moi qui ne savait en fait rien de ce livre à part que je l'avais vu partout en librairie et bibliothèque pendant des années et ce qu'en m'avait dit une amie : "tu vas te régaler".
Il y a des livres qu'on attend longtemps et qui sont des déceptions. Et il y en a qu'on attend pas, qu'on lit "pour voir" et qui sont d'énormes coups de cœurs. Quel dommage d'être passé à côté de celui-ci à l'époque !
Et puis, en fait, non. Les derniers mots du livre m'ont montré à quel point cette lecture, finie quelques jours après Noël, était une lecture qui arrivait juste à point...
Il faudra que je le relise de temps en temps. Là, ça me fait drôle de le rendre à la bibliothèque... mais est-ce que ce n'est pas le meilleur moyen de partager un livre qu'on a aimé ?