1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 12:33

Il y a un mystère Camilla Läckberg. A chaque fois que je lis un de ses romans, en tout cas les derniers, je me dis que les ficelles sont un peu grosses, qu'elle exagère de nous faire languir des pages et des pages avec des "Patrick écouta le compte-rendu du médecin légiste", "Patrick résuma à Martin", "Martin était stupéfait", etc, pour nous révéler le mystérieux contenu de ce compte-rendu une centaine de pages plus loin... et qu'on ne soit pas (si) surpris que ça.

Pour Le gardien de phare, j'avais deviné la grande révélation choc du livre à quoi... un quart du roman ? Et il y avait (presque) autant d'événements glauques que dans La sirène. Et pourtant... je n'ai qu'une hâte, c'est de retrouver le petit monde de Fjällbacka pour une nouvelle histoire. Et je sais que je ne suis pas la seule (n'est-ce pas, Tica ?).

Alors, pourquoi est-ce que j'y reviens toujours ? Sans doute à cause des personnages auxquels on s'attache, de livre en livre. Et puis à cause de la Suède, Fjällbacka, le dépaysement de s'imaginer sur le port, sur une petite île ou au pied d'une falaise... À cause aussi du va et vient entre passé et présent qu'on retrouve à chaque fois ? Et puis je crois aussi que malgré la noirceur des événements (elle n'y va pas avec le dos de la cuillère, encore une fois), bizarrement, il y a cette ambiance qui ne devient jamais aussi oppressante ou désespérée qu'on pourrait s'y attendre et qui fait qu'on passe un bon moment de lecture... Après, le livre audio contribue sans doute au charme de l'ensemble, je l'ai trouvé très bien interprété encore une fois (en fait, je les ai tous écoutés en livre audio jusqu'à présent).

L'autre effet secondaire notables des romans de Camilla Läckberg, à part l'addication, c'est que ça me donne toujours envie de faire des Kanelbullar - mais ça, mon entourage ne s'en plaint pas ! ;)

Et si on parlait un peu du Gardien de phare, quand même ? D'abord, j'adore la couverture (vraiment), je me ferais presque la même tenue de bain pour l'an prochain. Et puis je l'ai trouvé à la fois moins réussi et plus réussi que d'habitude, tant les fils des histoires parallèles se croisent de manière parfois un peu artificielle mais en même temps en explorant les facettes d'un même thème.

Ici, tandis qu'Erica et sa famille se remettent des événements de la fin du livre précédent, le maire prépare la restauration d'un centre de soins au bord de l'eau en un spa grand luxe. Matts, qui suit la comptabilité, se pose des questions. Il est revenu dans la ville de son enfance il y a quelques mois, on ne sait pas pourquoi. Et son amour de jeunesse vient d'arriver sur Graskar, l'île aux esprits, où se dresse le phare, semblant fuir elle aussi quelque chose... Quand le meurtre arrive, vous êtes piégés et vous savez que vous allez tout lire jusqu'au bout !

En gros : tout le mystère des romans de Camilla Läckberg... (j'ai déjà prévu d'enchaîner sur La faiseuse d'ange !).

Carte postale d'un voyage imaginaire #2 - Fjällbacka (Suède)

Carte postale d'un voyage imaginaire #2 - Fjällbacka (Suède)

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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 07:25

Et si on disait que cet été, j'avais fait un grand voyage dans une petite île du bout du monde, au large de l’Écosse ? Que j'avais vu des ciels immenses, aux nuages changeants, plus grands que la terre, des plages turquoises qui deviennent grises, puis noires, avec des vagues qui vont se briser à dix mètres en fracassant des embruns sur la côte ? Des falaises, des blackhouses, presque pas d'arbres, un tout petit monde d'insulaires qui se parlent en gaélique et s'appellent par leur surnom, parce qu'il y a tellement peu de noms différents, sur l'île...

Un voyage sur l'île de Lewis d'un peu plus de mille pages...

La trilogie écossaise

En vrai, je suis partie deux semaines, et pas si loin, mais avec un énorme livre dans mon sac !

Cet énorme livre, ce sont trois romans policiers : L'île des chasseurs d'oiseaux, L'homme de Lewis et Le braconnier du lac perdu. Trois romans qui se passent dans un cadre très particulier : l'île de Lewis "au delà de laquelle on ne peut aller en Europe plus à l'Ouest ou plus au Nord" (l'auteur a oublié l'Islande à l'Ouest mais c'est vrai que c'est loin alors je lui pardonne !).

Tout commence par un meurtre (bien sûr). Parce qu'il ressemble à celui d'un tueur en série d’Édimbourg, l'inspecteur Fin Macleod est rappelé sur l'île - depuis qu'il l'a quittée pour aller à l'université à Glasgow, il a toujours refusé d'y retourner, y laissant son passé, ses amis et tout ce qui rend la vie là-bas si spéciale. C'est à son passé qu'il va être confronté, bien plus qu'à cette affaire de meurtre...

Voilà un roman policier peu ordinaire, qui prend son temps et semble oublier l'enquête. Ici, ce qui compte, c'est cette confrontation au passé, les secrets de famille, les retrouvailles avec un amour d'enfance perdu... On se demande parfois si Peter May n'a pas oublié qu'il écrit un roman policier, s'attachant aux pas de Fin, nous entraînant dans les pubs, sur le port, dans les petites fermes et dans ces paysages incroyables... mais bien sûr, à la fin, tout s'éclaire et les pièces du puzzle s'assemblent de manière inattendue.

L'autre point fort du livre et des suivants, c'est cette manière de dépeindre les paysages en deux phrases, de nous faire découvrir des traditions méconnues, de nous plonger dans ce petit monde où tout le monde se connaît et où on se parle une langue qui crée tout de suite une connivence. Chacun des trois romans tourne ainsi autour de traditions ou d'histoires locales (un peu moins le troisième, ceci-dit) et alterne flashbacks et narration pour des intrigues où le passé joue toujours un rôle déterminant.

Au fil des pages, on retrouve les personnages, les lieux, si bien qu'on a l'impression d'avoir vraiment vécu sur l'île de Lewis et de reconnaître Ness, Uit, Stornoway... Et qu'on reconnaît plein de choses en cherchant des photos sur le site de l'office de tourisme de Lewis.

Photos trouvées sur le site de l'île de Lewis : http://www.isle-of-lewis.com/
Photos trouvées sur le site de l'île de Lewis : http://www.isle-of-lewis.com/
Photos trouvées sur le site de l'île de Lewis : http://www.isle-of-lewis.com/
Photos trouvées sur le site de l'île de Lewis : http://www.isle-of-lewis.com/
Photos trouvées sur le site de l'île de Lewis : http://www.isle-of-lewis.com/

Photos trouvées sur le site de l'île de Lewis : http://www.isle-of-lewis.com/

Alors voilà, on dirait que j'aurais fait un voyage sur l'île de Lewis cet été...

Carte postale d'un voyage imaginaire #1 - Ness (Lewis, Hébrides)
Carte postale d'un voyage imaginaire #1 - Ness (Lewis, Hébrides)

Carte postale d'un voyage imaginaire #1 - Ness (Lewis, Hébrides)

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8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 07:32
Une femme simple et honnête

Attention, ne vous fiez pas au titre : ce roman est diabolique. D'ailleurs, ne vous fiez à personne dans cette histoire où aucun personnage n'est vraiment ce qu'il semble être...

Tout commence sur le quai d'une gare, dans une toute petite ville du Wisconsin, à l'automne 1907. Dans le froid qui commence à s'installer, Ralph Truitt attend celle qui doit devenir son épouse et qu'il n'a jamais rencontrée. Il a perdu sa femme et ses enfants il y a longtemps et connu beaucoup de malheurs. Il a décidé de mettre un terme à sa solitude en passant une annonce et une femme lui a répondu, qui s'est présenté comme "une femme simple et honnête" et lui a envoyé sa photo.

A première vue, ça fait un peu L'amour est dans le pré, quelque chose de tout sucre tout miel, un amour qui naît dans un cadre bucolique... Et pourtant, on en est très très très loin. Dans la campagne du Wisconsin, l'hiver et la religion peuvent rendre les gens fous du jour au lendemain - un matin, un mari peut tuer sa femme à la hache et c'est comme ça, ce sont des choses qui arrivent. L'austérité presque monacale des apparences peut cacher les passions les plus charnelles. Les jeunes ingénues sont loin de l'être. Et la ville est tout aussi terrible, avec ses tentations, la débauche et la déchéance...

Quand la femme descend du train, quelque chose déraille : ce n'est pas la femme de la photo. Le lecteur, lui, sait qu'elle a revêtu de nouveaux habits, plus sobres, comme un costume, avant d'arriver en gare. Ralph Truitt, lui, dit juste à Caroline Grant : "tout ce que je sais de vous pour l'instant, c'est que vous êtes une menteuse." A partir de là, les rebondissements vont se succéder, révélant petit à petit les personnages, les conduisant à des actes fous ou inattendus. On sent qu'un drame va se jouer mais il n'arrive jamais par où on le pense. Et tout au long du livre, pour chaque personnage, c'est peut-être toujours la même question qui se pose, celle de la rédemption : est-ce qu'à un moment, on peut se libérer du passé et vivre, enfin, la vie qu'on espère ?

Vous l'avez deviné, j'ai beaucoup aimé ce petit roman, fort et prenant, et je me rends compte que même si je l'ai fini il y a quelques semaines déjà, j'ai encore tous ses personnages bien en tête. Sans doute, c'est un de ces livres qui laissent une trace... et c'est un coup de cœur, clairement. Un grand, grand merci à celle qui me l'a fait découvrir...

Et vous, si vous l'avez lu, ou si vous le lisez, vous me direz ce que vous en avez pensé ?

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10 août 2016 3 10 /08 /août /2016 09:11
Super Sourde - Cece Bell

Attention, coup de cœur familial ! Miss Ju (11 ans) l'a lu, en premier. Puis moi. Puis sa sœur (8 ans 1/2). Puis son petit frère (6 ans, il sait déjà lire mais je crois qu'il est tombé dans une BD quand il était petit :P ). Puis leur papa... et on a tous adoré. C'est une histoire vraie. C'est drôle, plein de fantaisie. Ça parle de handicap, mais pas que. Ça parle surtout de l'enfance, et puis de la vie aussi, parce qu'on peut tous s'y reconnaître, je crois.

Allez, je profite des vacances, je me fais aider par mes loustics. Pourquoi c'est bien ? "Parce que ça parle de sourds" (le petit loulou). "Parce qu'on comprend bien ce qu'elle ressent, ce que ça fait d'être sourd" (Choupinette). "Parce que c'est une histoire vraie et que c'est pas souvent qu'on lit des histoires vraies" (le petit loulou). "Il y a des moments drôles" (Choupinette). "En plus, la couverture, elle fait envie" (le petit loulou). "Il y a des moments drôles, et c'est passionnant, et quand tu es plongé dedans, tu peux plus t'arrêter..." (le petit loulou).

"J'aime bien l'histoire parce que la petite fille sourde, elle est pas sourde au début, et puis elle devient sourde et tu vois comment ses amis se comportent et ça montre que être sourd, c'est difficile, mais il faut pas non plus que ceux qui sont autour de toi en fassent trop" (miss Ju).

Super Sourde, donc, c'est une histoire vraie - même si, "en vrai, elle a pas des oreilles de lapin comme ça", comme me l'a fait justement remarquer le petit loulou. C'est Cece Bell qui raconte son histoire, Cece dont on fait la connaissance alors qu'elle est "une petite fille normale". Et puis, elle tombe malade et un jour, à l'hôpital, elle se rend compte que quelque chose est différent. Tout est étonnamment silencieux. Elle est sourde, malentendante plutôt, puisqu'elle pourra entendre (plus ou moins bien) avec un appareil.

L'appareil, l'école, l'apprentissage de la lecture sur les lèvres, la télé... on l'accompagne dans son quotidien, de la maternelle au CM2, avec les joies, les chagrins et les doutes qui sont ceux de tous les enfants : c'est quoi, une véritable amie ? Est-ce qu'on peut m'aimer pour moi-même ? Même si les problèmes d'audition (elle entend ses interlocuteurs mais a du mal à les comprendre, et ne sait pas comment leur expliquer que ça ne sert à rien de monter le son de la télé) rendent forcément les choses plus compliquées.

Pour se donner du courage, parfois, elle imagine ce que ferait super sourde, le petit surnom qu'elle se donne en cachette. Parce qu'elle a découvert le jour de la rentrée que son "super appareil pour l'école", celui qui est tellement laid et qu'elle voudrait cacher, lui permet d'entendre la maîtresse dans toute l'école : personne ne le sait, mais elle a des supers pouvoirs.

Même si rien n'est simple, petit à petit, cette différence, elle va apprendre à l'aimer, pour être capable de dire une fois adulte dans un très beau post-scriptum :

"Quand j'étais petite, ma surdité me définissait. C'était une caractéristique clé, que j'essayais de dissimuler. Aujourd'hui, la surdité n'est plus qu'une petite partie de moi-même, et je ne m'efforce plus de la cacher. (...) Quant à ma différence, elle s'est révélée la meilleure des sources d'énergie. J'ai découvert qu'avec un peu de créativité, et beaucoup de travail, toute différence peut être transformée en une force fantastique : nos différences sont nos super-pouvoirs".

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9 juillet 2016 6 09 /07 /juillet /2016 16:01
La sirène - Camilla Läckberg

La Sirène est le sixième livre mettant en scène Erica Falck, écrivain, et son mari le policier Patrick Hedström. Comme pour les tomes précédents, on alterne flashbacks et moments présents, l'enquête et la vie quotidienne de personnages qui nous sont maintenant familiers. La Sirène, c'est aussi le titre du roman écrit par Christian Thydell, bibliothécaire à Fjällbacka, aperçu dans le tome précédent. Au début du roman, son livre vient de sortir et reçoit un accueil formidable de la presse. Le roman est très noir, Christian réservé sur son passé - il n'a dit à personne qu'il reçoit des lettres de menaces depuis qu'il a commencé à l'écrire, des lettres écrites par une mystérieuse femme...

Bien sûr, le passé, la disparition de Magnus au tout début du livre, les lettres de menace, le roman, tout est lié. Et tout semble tourner autour de elle, la sirène, femme mystérieuse et séduisante revenue du passé...

J'ai trouvé l'intrigue du livre particulièrement bien ficelée - particulièrement noire aussi, ce sont des événements atroces qui remontent du passé... J'ai beaucoup aimé aussi la manière dont Camilla Läckberg joue sur les codes de la sirène (la mer, la beauté fascinante qui ne peut conduire qu'au malheur, l'ambigüité, la noyade...). Par contre... j'ai deviné la fin bien avant qu'elle ne soit révélée - dès que j'ai fait le lien avec celle d'un film qui... Bon, je ne vends pas la mèche mais si vous l'avez lu, je pense que vous voyez à quel film je pense ?

Au départ, j'ai été déstabilisée par la voix du lecteur (j'ai écouté en livre audio), mais c'était simplement parce que ce n'était pas le même interprète que les tomes précédents. Je m'y suis très vite faite et j'ai apprécié sa manière de donner vie aux personnages - et ouf ! les noms propres étaient prononcés comme dans les tomes précédents, j'avais déjà été déstabilisée une fois par les "Molberg" qui devenaient "Melbeurg" et autres variantes de la prononciation suédoise (aucune idée de la vraie prononciation mais au moins, je m'y suis reconnue !).

Des points positifs, des points négatifs... mais beaucoup de noirceur, quand même. Un peu trop, peut-être (l'intrigue policière, c'est une chose, mais j'aime bien quand il y a un peu plus de positif du côté des personnages). Et une fin un peu... très "suite au prochain épisode".

Il y a un petit quelque chose qui m'énerve parfois, j'avoue. Camilla Läckberg n'abuserait-elle pas un peu de son ressort de suspens favori ? Celui qui consiste à dire quelque chose comme "il écouta attentivement le compte-rendu du légiste et raccrocha", puis "il résuma les conclusions du légistes à ses collègues qui l'écoutèrent, atterrés", puis l'un des collègues qui dit "je n'aurais jamais imaginé une chose pareille"... mais le lecteur doit attendre et encore attendre pour savoir de quoi il s'agit... Moi, j'aime bien savoir tout tout de suite et que cela ne prenne sens qu'à la fin - c'est un peu de la triche, là, non ? Mais en fait... je lui pardonne parce que je passe un bon moment de lecture à chaque fois, alors j'écouterai sûrement le tome suivant !

Petit bonus : je vous mets cette vidéo trouvée sur le site d'Actes Sud... qui ne présente pas du tout le livre (comme je le pensais) mais fait un peu plus connaitre son auteur. ;)

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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 17:47
Du domaine des Murmures - Carole Martinez

Imaginez... Vous marchez doucement au milieu de vestiges du Moyen Âge et soudain, une voix surgit des pierres, comme un murmure... Esclarmonde, elle qui vécut un destin extraordinaire sans jamais quitter sa cellule, vous entraîne dans ce douzième siècle sauvage et exalté, où la folie de Dieu se mêle à celle des hommes, où les légendes s'ancrent dans la réalité...

Du domaine des murmures est un très joli livre, ciselé, un peu cruel, aux personnages forts, qui nous emmène là où on ne l'attend pas. Là où moi, en tout cas, je ne m'y attendais pas.

Loin de l'image d'une ermite, Esclarmonde est une jeune femme indépendante, qui n'a pas d'autre choix pour s'affirmer et refuser la vie (et le mariage) qu'on lui a choisi que de demander, de manière spectaculaire, à se retirer du monde. On lui construit une chapelle et une petite cellule : elle assiste à ses propres funérailles dans la première avant d'entrer dans la seconde. On mure l'entrée, elle doit y rester jusqu'à sa mort. Il ne devrait plus rien se passer pour elle... et au contraire, ce n'est que le début de son histoire.

La colère de son père, le désespoir de son fiancé qui la regarde vraiment pour la première fois au moment où elle refuse de l'épouser, la ferveur des villageois pour qui elle fait figure de sainte, l'amitié d'autres femmes, atypiques et indépendantes comme elle dans un monde d'homme... sa tombe n'est pas coupée du monde et les joies comme les drames peuvent encore y survenir...

Une très bonne surprise, donc, que ce petit roman, même s'il m'a donné envie de lire quelque chose d'un peu plus léger juste après...

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28 juin 2016 2 28 /06 /juin /2016 11:52
Expiation, de Ian McEwan

Comment ce livre a-t-il pu rester sur une étagère pendant des années sans que je le lise ? Aujourd'hui que je viens de le finir, je me demande s'il n'est pas un de mes livres préférés.

Je me souviens l'avoir commencé l'été de notre déménagement, il y a sept ans. J'avais lu le premier chapitre comme on lirait une nouvelle, il se suffisait presque à lui-même. Et je m'étais arrêtée après quelques pages du deuxième. Pourquoi ? Mystère... Je m'attendais sans doute à autre chose (même si je ne saurais pas trop dire quoi). Ou alors, ce premier chapitre se suffisait vraiment à lui-même ? Et puis, sans raison particulière, la semaine dernière, je l'ai repris. Lu. Et aimé, donc.

Je voudrais en parler sans rien dévoiler de l'intrigue - ce serait dommage, sinon. On pourrait jouer au jeu des "pour qui serait ce livre ?" Pour ceux qui aiment la littérature, les histoires qui parlent d'écrivain et d'écriture, la campagne anglaise, les ambiances subtiles, la psychologie des personnages. Qui voudraient être écrivain. Ou entrer dans leur tête. Pour ceux qui aiment les secrets de famille, qui n'ont pas peur de découvrir la débâcle de l'armée britannique vers Dunkerque en 1940, les hôpitaux militaires. Ni de la cruauté des non-dits des demeures anglaises.

Il est bien écrit mais en même temps exigeant (avec la fatigue, j'ai eu du mal parfois). A voix haute, c'est superbe (quel joli travail de traduction, donc).

Un tout petit mot de plus, sur l'histoire. La première partie nous plonge dans une journée de canicule, en Angleterre, on attend le fils de la famille qui vient avec un ami, sa plus jeune sœur prépare une pièce qu'elle voudrait faire jouer à ses cousins, on sent que quelque chose de terrible va se produire sans savoir précisément quoi. Chapitre après chapitre, on découvre le point de vue d'un personnage ; à travers la combinaison des points de vue, tous les détails du quotidien, j'ai eu l'impression de voir se reconstituer la réalité comme à travers les facettes d'un prisme. Peut-être qu'en combinant tous ces angles, je pouvais connaître la vérité ? Ou peut-être pas ?

Ensuite, à chaque changement de partie, l'auteur garde le flou pendant plusieurs pages : où est-on ? Ce personnage qu'il désigne par il ou elle, en tardant à donner son nom, lequel des protagonistes est-ce ? Qu'est-il arrivé aux autres ?

Et quand Briony s'interroge sur ce qu'est, ce que doit être un écrivain, apparaît comme une explication des intentions de l'auteur... comme une facette supplémentaire.

La fin est magistrale.

On pourrait tout dire en une phrase : c'est merveilleusement écrit. Et pourtant, il y a une vraie histoire. Bien sûr, dirait sans doute Ian McEwan, ou en tout cas Briony.

Voilà donc un livre qui va retrouver une étagère, mais à la place d'honneur. Et je ne peux pas m'empêcher de me demander : est-ce que tout le monde l'a lu, déjà ? J'ai l'impression qu'on en a tellement parlé à une époque. Et si oui, est-ce que tout le monde l'a aimé autant que moi ?

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19 juin 2016 7 19 /06 /juin /2016 09:27

Une pensée aujourd'hui pour tous les supers papas du monde entier - mes loulous diraient que le meilleur papa du monde entier, il est chez nous, mais je suis sûre que vous avez déjà entendu ça chez vous aussi ? ;)

Petite pensée et petite BD, une pépite trouvée à la bibliothèque et qui a tellement fait rire leur super papa...

Une BD pour tous les supers papas

Ce Guide du Mauvais Père est signé Guy Delisle, dont j'ai eu l'occasion de parler pour Les chroniques de Jérusalem. Dans un autre genre de BD reportage, il croque son quotidien de papa qui travaille (à ses BD) à la maison avec ses deux enfants : ça donne des petites histoires drôles, tendres et vraies, qui sentent le vécu...

Deux extraits (issus de son site) de mes passages préférés.

Clic sur l'image ou ici pour voir l'extrait, reclic pour zoomer dessus. ;)

>

Clic sur l'image ou ici pour voir l'extrait, reclic pour zoomer dessus. ;)

... et d'autres extraits des tomes 1, 2 et 3 sur le site de Guy Delisle.

Bonne fête à tous les papas !

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19 mai 2016 4 19 /05 /mai /2016 11:49
Heather Mallender a disparu

"Si elle revenait maintenant, ou même dans cinq minutes, tout irait bien". Harry doute, espère, s'interroge mais le lecteur le sait dès le départ : Heather Mallender a disparu. Et dès le départ, le lecteur est pris : qui est Heather ? Et Harry, en fait, qui est-il ? Qu'est-ce qui le lie à Heather ? Quel passé a-t-il fui, il y a des années, en venant s'installer à Rhodes ?

Et petit à petit, l'intrigue se dévoile. Harry Barnet vit à Rhodes, où son ami Alan Dysart, héros de guerre et brillant homme politique, lui a proposé de "veiller sur sa résidence secondaire" pour lui offrir l'opportunité de quitter l'Angleterre et son passé. Cette vie en dehors du monde et sans ambition lui convient, lui qui est autant le gardien de la villa que l'ami de Dysart. Quand Heather arrive en vacances à la villa, ils sympathisent peu à peu. Il sait qu'elle fuit une expérience douloureuse mais il ne cherche pas à en savoir plus. Jusqu'au jour où Heather se volatilise au somment du mont Prophitis Ilias, pendant qu'il l'attend en contrebas. Aucune trace d'elle, nulle part.

Enlèvement ? Suicide ? Perte de mémoire ? Disparition volontaire ?

Heather n'a laissé qu'une chose derrière elle : une série de photos. "Il y en a des choses sur ces photos", a-t-elle dit en prenant la dernière, pour finir la pellicule. Avec ces photos, Harry va retracer le voyage qui a conduit Heather à Rhodes ; mais son enquête, c'est aussi découvrir qui est la jeune femme, et qui il est lui-même...

Le lecteur, d'indices en révélations, de rencontres en impasses, ne peut plus lâcher le roman jusqu'aux dernières pages... J'avais mis ce livre dans mon sac pour nos quelques jours de vacances de Pâques - commencé en vacances, donc, j'en ai lu un chapitre chaque fois que je le pouvais, et les balades en bord de mer se sont mêlées aux ruelles de Rhodes et à la campagne anglaise. Je n'aurai pas pu rêver meilleur compagnon de voyage !

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15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 12:31
Trois jours et une vie

"A la fin de décembre 1999, une surprenante série d'événements tragiques s'abattit sur Beauval, au premier rang desquels, bien sûr, la disparition du petit Rémi Desmedt."

Je n'avais jamais lu de livre de Pierre Lemaitre. Il aurait été plus logique de commencer par Au revoir là-haut, pour lequel il a reçu le Goncourt et dont on m'a dit beaucoup de bien, mais c'est ce roman-ci qui me le fait découvrir, roman tout fraichement sorti et offert pour mon anniversaire. Un roman dont je ne savais rien si ce n'est que c'était "un roman policier".

En fait... pas du tout, mais ça n'est pas grave.

J'ai été surprise et saisie par les premières pages, qui nous font rencontrer Antoine, 12 ans, "qui fut au centre de ce drame" et pénétrer dans sa vie, son quartier, tout le petit monde de Beauval. On découvre son isolement : tous ses copains se retrouvent pour jouer aux jeux vidéos mais sa mère le lui interdit, il construit une incroyable cabane dans les arbres pour les impressionner et n'a pour compagnie que le chien Ulysse, et aussi ce petit Rémi de 6 ans qui l'admire et aime passer du temps avec lui. Un jour, "tout commence par la mort du chien" et les événements s'enchaînent, inexorablement.

Trois jours et une vie déroule les conséquences du drame de la disparition de Rémi sur tout un village, comment il fait écho au sentiment d'injustice lié à la crise, comment il exacerbe les ressentiments des uns et des autres... Le petit monde de Beauval qui prend vie sous nos yeux est terriblement vrai, comme si on assistait à une expérience scientifique ("soit la disparition d'un enfant dans un village rural, que va-t-il se passer ?"). C'est à mon avis l'une des grandes forces du livre.

On suit bien sûr aussi les conséquences sur la vie d'Antoine, qui se répercutent des années après. Comme si toute sa vie se jouait dans ce petit théâtre de la fin de l'enfance, où il revient toujours malgré ses efforts pour y échapper... C'est un roman fort, comme on pourrait dire d'un alcool qu'il est fort, il ne laisse pas indifférent, la fin est véritablement émouvante. Pour autant, ce n'est pas un roman gai, ni optimiste, loin de là... A éviter les jours de déprime ou de grisaille... Il m'a fait un peu penser, en ce sens, à Esprit d'hiver (en moins choc tout de même). Je suis contente de l'avoir lu et je pense que je lirai d'autres livres de Pierre Lemaitre... mais je m'offrirai une petite parenthèse plus légère avant !

Et vous ? Vous l'avez lu ? Ou bien un autre livre de Pierre Lemaitre ?

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