28 juin 2016 2 28 /06 /juin /2016 11:52
Expiation, de Ian McEwan

Comment ce livre a-t-il pu rester sur une étagère pendant des années sans que je le lise ? Aujourd'hui que je viens de le finir, je me demande s'il n'est pas un de mes livres préférés.

Je me souviens l'avoir commencé l'été de notre déménagement, il y a sept ans. J'avais lu le premier chapitre comme on lirait une nouvelle, il se suffisait presque à lui-même. Et je m'étais arrêtée après quelques pages du deuxième. Pourquoi ? Mystère... Je m'attendais sans doute à autre chose (même si je ne saurais pas trop dire quoi). Ou alors, ce premier chapitre se suffisait vraiment à lui-même ? Et puis, sans raison particulière, la semaine dernière, je l'ai repris. Lu. Et aimé, donc.

Je voudrais en parler sans rien dévoiler de l'intrigue - ce serait dommage, sinon. On pourrait jouer au jeu des "pour qui serait ce livre ?" Pour ceux qui aiment la littérature, les histoires qui parlent d'écrivain et d'écriture, la campagne anglaise, les ambiances subtiles, la psychologie des personnages. Qui voudraient être écrivain. Ou entrer dans leur tête. Pour ceux qui aiment les secrets de famille, qui n'ont pas peur de découvrir la débâcle de l'armée britannique vers Dunkerque en 1940, les hôpitaux militaires. Ni de la cruauté des non-dits des demeures anglaises.

Il est bien écrit mais en même temps exigeant (avec la fatigue, j'ai eu du mal parfois). A voix haute, c'est superbe (quel joli travail de traduction, donc).

Un tout petit mot de plus, sur l'histoire. La première partie nous plonge dans une journée de canicule, en Angleterre, on attend le fils de la famille qui vient avec un ami, sa plus jeune sœur prépare une pièce qu'elle voudrait faire jouer à ses cousins, on sent que quelque chose de terrible va se produire sans savoir précisément quoi. Chapitre après chapitre, on découvre le point de vue d'un personnage ; à travers la combinaison des points de vue, tous les détails du quotidien, j'ai eu l'impression de voir se reconstituer la réalité comme à travers les facettes d'un prisme. Peut-être qu'en combinant tous ces angles, je pouvais connaître la vérité ? Ou peut-être pas ?

Ensuite, à chaque changement de partie, l'auteur garde le flou pendant plusieurs pages : où est-on ? Ce personnage qu'il désigne par il ou elle, en tardant à donner son nom, lequel des protagonistes est-ce ? Qu'est-il arrivé aux autres ?

Et quand Briony s'interroge sur ce qu'est, ce que doit être un écrivain, apparaît comme une explication des intentions de l'auteur... comme une facette supplémentaire.

La fin est magistrale.

On pourrait tout dire en une phrase : c'est merveilleusement écrit. Et pourtant, il y a une vraie histoire. Bien sûr, dirait sans doute Ian McEwan, ou en tout cas Briony.

Voilà donc un livre qui va retrouver une étagère, mais à la place d'honneur. Et je ne peux pas m'empêcher de me demander : est-ce que tout le monde l'a lu, déjà ? J'ai l'impression qu'on en a tellement parlé à une époque. Et si oui, est-ce que tout le monde l'a aimé autant que moi ?

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19 juin 2016 7 19 /06 /juin /2016 09:27

Une pensée aujourd'hui pour tous les supers papas du monde entier - mes loulous diraient que le meilleur papa du monde entier, il est chez nous, mais je suis sûre que vous avez déjà entendu ça chez vous aussi ? ;)

Petite pensée et petite BD, une pépite trouvée à la bibliothèque et qui a tellement fait rire leur super papa...

Une BD pour tous les supers papas

Ce Guide du Mauvais Père est signé Guy Delisle, dont j'ai eu l'occasion de parler pour Les chroniques de Jérusalem. Dans un autre genre de BD reportage, il croque son quotidien de papa qui travaille (à ses BD) à la maison avec ses deux enfants : ça donne des petites histoires drôles, tendres et vraies, qui sentent le vécu...

Deux extraits (issus de son site) de mes passages préférés.

Clic sur l'image ou ici pour voir l'extrait, reclic pour zoomer dessus. ;)

>

Clic sur l'image ou ici pour voir l'extrait, reclic pour zoomer dessus. ;)

... et d'autres extraits des tomes 1, 2 et 3 sur le site de Guy Delisle.

Bonne fête à tous les papas !

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19 mai 2016 4 19 /05 /mai /2016 11:49
Heather Mallender a disparu

"Si elle revenait maintenant, ou même dans cinq minutes, tout irait bien". Harry doute, espère, s'interroge mais le lecteur le sait dès le départ : Heather Mallender a disparu. Et dès le départ, le lecteur est pris : qui est Heather ? Et Harry, en fait, qui est-il ? Qu'est-ce qui le lie à Heather ? Quel passé a-t-il fui, il y a des années, en venant s'installer à Rhodes ?

Et petit à petit, l'intrigue se dévoile. Harry Barnet vit à Rhodes, où son ami Alan Dysart, héros de guerre et brillant homme politique, lui a proposé de "veiller sur sa résidence secondaire" pour lui offrir l'opportunité de quitter l'Angleterre et son passé. Cette vie en dehors du monde et sans ambition lui convient, lui qui est autant le gardien de la villa que l'ami de Dysart. Quand Heather arrive en vacances à la villa, ils sympathisent peu à peu. Il sait qu'elle fuit une expérience douloureuse mais il ne cherche pas à en savoir plus. Jusqu'au jour où Heather se volatilise au somment du mont Prophitis Ilias, pendant qu'il l'attend en contrebas. Aucune trace d'elle, nulle part.

Enlèvement ? Suicide ? Perte de mémoire ? Disparition volontaire ?

Heather n'a laissé qu'une chose derrière elle : une série de photos. "Il y en a des choses sur ces photos", a-t-elle dit en prenant la dernière, pour finir la pellicule. Avec ces photos, Harry va retracer le voyage qui a conduit Heather à Rhodes ; mais son enquête, c'est aussi découvrir qui est la jeune femme, et qui il est lui-même...

Le lecteur, d'indices en révélations, de rencontres en impasses, ne peut plus lâcher le roman jusqu'aux dernières pages... J'avais mis ce livre dans mon sac pour nos quelques jours de vacances de Pâques - commencé en vacances, donc, j'en ai lu un chapitre chaque fois que je le pouvais, et les balades en bord de mer se sont mêlées aux ruelles de Rhodes et à la campagne anglaise. Je n'aurai pas pu rêver meilleur compagnon de voyage !

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15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 12:31
Trois jours et une vie

"A la fin de décembre 1999, une surprenante série d'événements tragiques s'abattit sur Beauval, au premier rang desquels, bien sûr, la disparition du petit Rémi Desmedt."

Je n'avais jamais lu de livre de Pierre Lemaitre. Il aurait été plus logique de commencer par Au revoir là-haut, pour lequel il a reçu le Goncourt et dont on m'a dit beaucoup de bien, mais c'est ce roman-ci qui me le fait découvrir, roman tout fraichement sorti et offert pour mon anniversaire. Un roman dont je ne savais rien si ce n'est que c'était "un roman policier".

En fait... pas du tout, mais ça n'est pas grave.

J'ai été surprise et saisie par les premières pages, qui nous font rencontrer Antoine, 12 ans, "qui fut au centre de ce drame" et pénétrer dans sa vie, son quartier, tout le petit monde de Beauval. On découvre son isolement : tous ses copains se retrouvent pour jouer aux jeux vidéos mais sa mère le lui interdit, il construit une incroyable cabane dans les arbres pour les impressionner et n'a pour compagnie que le chien Ulysse, et aussi ce petit Rémi de 6 ans qui l'admire et aime passer du temps avec lui. Un jour, "tout commence par la mort du chien" et les événements s'enchaînent, inexorablement.

Trois jours et une vie déroule les conséquences du drame de la disparition de Rémi sur tout un village, comment il fait écho au sentiment d'injustice lié à la crise, comment il exacerbe les ressentiments des uns et des autres... Le petit monde de Beauval qui prend vie sous nos yeux est terriblement vrai, comme si on assistait à une expérience scientifique ("soit la disparition d'un enfant dans un village rural, que va-t-il se passer ?"). C'est à mon avis l'une des grandes forces du livre.

On suit bien sûr aussi les conséquences sur la vie d'Antoine, qui se répercutent des années après. Comme si toute sa vie se jouait dans ce petit théâtre de la fin de l'enfance, où il revient toujours malgré ses efforts pour y échapper... C'est un roman fort, comme on pourrait dire d'un alcool qu'il est fort, il ne laisse pas indifférent, la fin est véritablement émouvante. Pour autant, ce n'est pas un roman gai, ni optimiste, loin de là... A éviter les jours de déprime ou de grisaille... Il m'a fait un peu penser, en ce sens, à Esprit d'hiver (en moins choc tout de même). Je suis contente de l'avoir lu et je pense que je lirai d'autres livres de Pierre Lemaitre... mais je m'offrirai une petite parenthèse plus légère avant !

Et vous ? Vous l'avez lu ? Ou bien un autre livre de Pierre Lemaitre ?

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15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 10:59
Le crime du comte Neville

Oublions un instant la rentrée littéraire, Amélie Nothomb, son personnage, son livre qui revient immuablement tous les ans, les bons et les mauvais crus... Ce serait dommage de passer à côté de la lecture du Crime du comte Neville pour des choses qui, finalement, n'ont rien à voir.

Moi qui ai tant aimé les livres d'Amélie Nothomb quand je les ai découverts, puis me suis lassée d'y retrouver les mêmes ficelles au fil du temps, j'ai essayé de lire ce livre comme si c'était le premier. J'ai bien fait : je me suis régalée.

Le crime du comte Neville, c'est un conte, un peu féroce et cruel et très drôle en même temps. Tout commence par une prédiction : une voyante annonce au comte Neville, vieille noblesse belge désargentée, un peu guindé, d'une autre époque, qu'il va tuer l'un de ses invités lors de sa prochaine réception. Qui sera en plus la dernière réception avant la vente du château. Lui qui met tout son art et son talent à recevoir ses invités. C'est la catastrophe. Oh, ce n'est pas tant de devenir un criminel qui l'ennuie : tuer un invité, ça ne se fait pas. Un pareil manque de savoir vivre, ce serait une véritable catastrophe. Mais comment éviter l'inévitable ? Quitte à tuer quelqu'un, est-ce qu'on ne pourrait pas le faire en respectant les convenances ?

C'est drôle, terriblement bien vu, avec la galerie de caractères qu'on pourrait attendre de la part d'Amélie Nothomb (j'ai essayé de l'oublier, c'est vrai, mais je l'ai bien reconnue quand même ! :P) et on s'y laisse prendre jusqu'à ce que tout se finisse dans une pirouette et un éclat de rire. Ma belle-mère, en vacances ici, l'a lu en deux soirs avant de le conseiller à mon beau-père, qui l'a lu en deux soirées aussi. Mon mari l'avait lu avant moi, en une journée. Je vais continuer à le faire tourner un peu, je crois !

Cette lecture est ma deuxième participation au Challenge rentrée littéraire 2015.

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18 février 2016 4 18 /02 /février /2016 09:03
U4 - Yannis

Comme souvent quand on a vraiment aimé un livre, il ne va pas être facile pour moi de vous parler de U4 - Yannis. Peur de trop dévoiler, peur de réduire à ce qu'il n'est pas... Et pourtant, il y a tellement de choses à en dire, de ce roman.

U4, d'abord. C'était un peu l'évènement de la rentrée littéraire de septembre, ces quatre romans U4 qui sortaient en même temps. Et à juste titre : quatre auteurs avaient décidé d'écrire ensemble, chacun un roman, qui couvrirait la même période, le personnage principal de l'un devenant personnage secondaire des autres. Quatre histoires qu'on peut lire dans n'importe quel ordre, avec chacune leur identité, leur spécificité et leur fin, qui dévoilent juste un peu mais pas trop ce qu'il y a dans les autres.

Les premières pages du roman présentent ces quatre histoires liées : le virus U4 a décimé 90% de la population et n'a épargné, pour une raison inconnue, que les jeunes de 15 à 18 ans. Avant que le réseau internet ne tombe en panne, le maître du jeu en réseau Warriors of Time a donné rendez-vous aux experts du jeu, à Paris, le 24 décembre, pour enrayer la catastrophe.

"Jules, Koridwen, Stéphane et Yannis font partie de ces Experts. U4 est leur histoire."

Ce qui était une formidable expérience d'écriture pour les auteurs devient également une expérience de lecture : on attend et on guette la rencontre des personnages, on se demande ce que l'interlocuteur pense vraiment quand il parle avec le narrateur. On a envie de passer "de l'autre côté du miroir" pour savoir... et on sait que ce sera possible (ça donne un peu le vertige).

Si vous voulez en savoir un peu plus sur ce projet singulier, une vidéo avec les éditrices (les romans sont co-édités par Syros et Nathan) et Florence Hinkel, l'auteur de Yannis.

Florence Hinkel en parle (bien sûr) mieux que moi mais quelques mots sur l'histoire : après la catastrophe, Yannis décide de quitter Marseille pour rejoindre le rendez-vous de Khronos, à Paris, parce qu'il veut absolument y croire. Lui qui n'est qu'un adolescent ordinaire trouve du courage à s'imaginer Adrial, son avatar de WOT. Parfois, il croit apercevoir les fantômes de sa famille qui l'accompagnent. Au fil de son voyage, il apprend beaucoup, y compris sur lui-même...

Si je réfléchis à ce qui m'a plu dans Yannis, je dirais que ce roman parle extrêmement bien de l'adolescence. Un journaliste disait "l'adolescence d'aujourd'hui, celle des jeux en réseau et des mondes virtuels", c'est sans doute vrai mais je pense que ça parle plutôt de l'adolescence tout court : les doutes, le besoin de s'identifier à un personnage imaginaire exemplaire, la violence qui peut apparaître en soi, la confusion des sentiments...

Et l'autre chose, ce sont les personnages secondaires. La magie du projet U4, c'est que tous les personnages secondaires sont riches et pourraient faire l'objet d'un roman à part; je pense à François bien sûr, à Elissa et sa fille, mais aussi à Anne à peine croisée à Paris mais derrière laquelle on sent toute une histoire (apparaît-elle dans les autres romans ? pour qu'on découvre quoi ? ... ).

Je n'avais jamais lu d'histoire post-apocalyptique avant mais je n'ai pas pu m'empêcher de penser au Hussard sur le toit... et l'auteur aussi, visiblement, à en juger par l'escale de son personnage à Manosque (!).

Ce roman est un coup de cœur et me donne envie non seulement de découvrir les autres romans U4 mais aussi plus largement ceux de Florence Hinkel. Et la lecture se prolonge par les "bonus" accessibles par l'appli (interview, vidéo) que j'ai trouvé très intéressants (à part la "bande-annonce" qui ne traduit pas la richesse du livre, je trouve).

Maintenant, j'ai hâte de découvrir les avis des autres participants du Challenge rentrée littéraire 2015, auquel je participe, et pour lequel c'est ma première lecture.

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14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 11:28

Quel livre étrange que ce Journal secret du Petit Poucet ! Étrange et beau, puisqu'il est illustré par Rebecca Dautremer.

Journal secret du Petit Poucet

Philippe Lechermeier au texte et Rebecca Dautremer aux illustrations, donc, y réécrivent l'histoire du Petit Poucet. Ils nous racontent ainsi la grande privation, les soupes aux cailloux (la meilleure est celle aux petits cailloux blancs), la belle-mère qui garde le moindre sou dans son corset verrouillé à double tour, la forêt où on peut s'inventer une nouvelle vie dans un nid au sommet d'un arbre, les listes de joies remarquables et de peines détestables.

Journal secret du Petit Poucet
Journal secret du Petit Poucet

Il m'a fallu du temps (pas mal de temps) pour rentrer dans cet univers, j'avoue que j'ai trouvé certains passages un peu longs (voire en trop). Et puis, finalement, j'ai compris qu'il fallait prendre le texte comme une illustration des dessins, collages, créations de R.Dautremer et le lire comme on visiterait une sorte d'exposition étonnante et décalée sur le Petit Poucet.

Journal secret du Petit Poucet

Au final, je ne sais pas trop quoi penser de ce drôle de livre. Trop long pour être un album, pas un roman non plus.... étrange, donc.

Vous vous demandez pourquoi il y a deux marque-pages ? C'est que ma miss de 10 ans et moi, on le lisait en même temps. J'ai persévéré, elle non, ce qui renforce mon impression initiale d'un livre plus destiné aux fans et aux grands enfants (comme moi) qu'aux jeunes lecteurs.

Pour la créativité, le spectaculaire, l'étrangeté ou la tendresse de ses illustrations, je suis contente de l'avoir lu.

Journal secret du Petit Poucet

Un livre à découvrir, peut-être juste à feuilleter si vous le croisez, en le prenant comme il est, en fait, étrange et créatif... parce qu'étrange, c'est exactement ça.

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28 janvier 2016 4 28 /01 /janvier /2016 11:02
Temps glaciaires

C'est une amie qui m'a dit un jour "tu devrais lire un livre de Fred Vargas, c'est un peu ton genre d'humour". Et une autre amie qui m'a offert Temps glaciaires (j'ai des amies formidables !).

Dès les premières pages, j'ai compris, quand l'un des personnages, remarquant que "le fond de l'air est frais", se demande comment on appelle le contraire : le dessus de l'air ? Exactement le genre de questions que je suis capable de (me) poser - je suis rassurée, je ne suis pas la seule !

Au fil de ma lecture, j'ai trouvé ce roman surprenant. Fantaisiste, et même farfelu parfois, je me suis souvent demandé comment elle allait arriver au bout de son histoire et boucler toutes les boucles. Mais je faisais confiance, forcément, au commissaire Adamsberg et à ses intuitions étranges, personnage original et attachant, qui préfère marcher à côté du chemin pour fouler l'herbe dès qu'il le peut et récolter patiemment les graines de gratteron qui sont restées accrochées à son pantalon. Et à Danglard, l'érudit, qui semble connaître tout sur tout comme une encyclopédie vivante (et se vexe un peu quand il ne connaît pas). Et à Renancourt, force de la nature au caractère entier (et pourtant, personnage féminin). Et à... c'est l'une des forces du livre, je trouve, chaque personnage est finement brossé, avec les petits détails qui font vrai, et chaque membre du commissariat a le droit d'être un vrai personnage, avec sa personnalité.

Côté enquête, tout commence par une vieille dame, elle va bientôt mourir, elle veut absolument poster elle-même une lettre, malaise, la lettre tombe, la lettre est ramassée par une inconnue et postée... et puis tout s'enchaîne : un suicide qui est finalement un meurtre, un autre suicide qui pourrait être un meurtre, un signe mystérieux qui ressemble à un H barré, des morts en Islande il y a des années qui pourraient être liées aux affaires en cours ou peut-être pas, un sanglier domestique qui s'appelle Marc, une Association d'étude des œuvres de Robespierre... Pistes qui s'ouvrent et se referment, ou plutôt pour reprendre l'image utilisée par Adamsberg, pelote d'algues de plus en plus entremêlées... Une vraie intrigue policière bien ficelée, pleine d'impasses et de chausse-trappes.

Un livre étrange et déroutant mais, vous l'aurez compris, une vraie belle découverte !

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Published by anne(tte) - dans Mes lectures
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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 08:22

Normalement, je n'aime pas les histoires de vampire.

Enfin ça, c'était jusqu'à l'été dernier. Après m'être plongée dans la fantasy grâce au MOOC de l'Université d'Artois, j'ai voulu combler un peu mes lacunes et j'ai commencé par regarder Buffy contre les vampires (les sept saisons, eh oui).

Et puis je me suis dit "quand même, tout le monde a lu Twilight, il faudrait que je sache ce que c'est, quand même". J'ai profité des vacances de Noël pour essayer ce livre qui n'est donc pas vraiment mon genre habituel.

Verdict ? Je ne dois pas être normale, comme fille, je ne suis pas sûre d'avoir aimé la même chose que les fans (mais ce n'est pas grave, non ?). J'ai beaucoup aimé les descriptions, l'ambiance, la lumière verte de la forêt, la pluie incessante, les petits détails du quotidien qui font vrai. J'ai aimé la manière dont Stephanie Meyer s'empare du mythe du vampire pour le tourner et le retourner de manière moderne, répondant aux mille questions de son héroïne de manière presque scientifique (les vampires, une espèce comme une autre finalement, issue de l'évolution, j'adore ce contre-pied). J'ai aimé que le mystère entoure finalement davantage la narratrice que son vampire de petit ami et qu'elle n'en ait pas conscience (le lecteur qui ne sait pas tout sur le narrateur, joli contre-pied aussi).

Par contre, je n'ai pas été si sensible au côté histoire d'amour... et je crois que j'ai préféré le personnage d'Alice à celui d'Edward.

Comme j'ai remarqué qu'il vaut mieux que j'évite d'enchaîner les tomes des séries, j'attends un peu avant de commencer le tome 2... mais je suis assez curieuse de connaître la suite, ce premier tome m'a vraiment intriguée.

(mes anciens collègues devaient avoir raison... je suis pas une vraie fille :x )
 

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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 10:43

J'étais un peu mal à l'aise au moment de parler de la trilogie de Philip Pullman, juste après l'avoir terminé. J'ai préparé un article, j'ai laissé passer du temps, je l'ai relu, modifié, relu... et toujours cette impression que j'ai du mal à expliquer... Cet article va être très (trop ?) long... Mais si j'attends d'être satisfaite, je ne le publierai jamais ! Et j'ai envie de connaître votre avis, à ceux d'entre vous qui l'ont lu. Alors... je me lance.

Pour situer les choses, j'ai eu envie de lire A la croisée des mondes après avoir suivi le MOOC sur la Fantasy, où il était présenté comme un titre marquant de la littérature jeunesse. Je m'attendais à un monde riche en émerveillements, à une lecture passionnante... et ça n'a pas été ça. Ça a été... autre chose.

A la croisée des mondes

Le premier tome, Les royaumes du nord, nous fait découvrir un monde qui ressemble au nôtre mais n'est pourtant pas tout à fait pareil. On s'y déplace en zeppelin, on s'y éclaire avec de la lumière ambarique et on y étudie la théologie expérimentale. Mais surtout, chaque être humain est accompagné de son double, son daemon, un animal qui partage ses sentiments, ses pensées et dont on ne peut le séparer.

Lyra, petite fille curieuse et volontaire, entend parler par hasard de la Poussière, phénomène mystérieux et invisible, qui suscite la crainte des religieux mais que son oncle, Lord Asriel, est bien déterminé à étudier, en allant dans les immenses étendues du nord. Alors que des enfants sont enlevés un peu partout par l'inquiétant Conseil d'Oblation, Lyra se lance à son tour dans une quête qui la conduira vers les royaumes du nord...

Ce premier tome, je l'ai adoré. La richesse de l'imaginaire, les rebondissements, les personnages... j'y ai trouvé ce que j'attendais de la trilogie et même si je me demandais un peu où l'auteur voulait en venir, j'avais hâte de découvrir la suite. On sent qu'on est dans une réécriture des mythes judéo-chrétiens, je savais qu'il y avait eu polémique sur l'aspect religieux du livre mais ça ne me dérangeait finalement pas plus que ça. D'un point de vue littéraire, je trouvais ça intéressant et j'étais toute disposée à faire confiance aux enfants pour faire la part des choses.

A la croisée des mondes

Le second tome, La tour des anges, s'ouvre dans notre monde. On y fait la connaissance de Will, l'autre personnage principal, et les aventures des deux enfants vont vite nous entraîner d'un monde à l'autre. Là encore, les rebondissements sont au rendez-vous, en lien avec le premier tome dont on retrouve beaucoup des personnages. L'imaginaire s'enrichit d'éléments issus de la science contemporaine (physique quantique, masse sombre...), très intelligemment décrits. J'ai beaucoup aimé ce tome aussi.

Néanmoins, j'avais un petit doute. Pour moi, certaines situations ou descriptions violentes le destinent plutôt à des ados qu'à des enfants "à partir de 10 ans" comme l'indique l'éditeur. Il se trouve que j'ai une grande miss de 10 ans 1/2 à la maison et je ne la vois pas du tout lire ce tome (un peu comme le tome 4 de Harry Potter, pour ceux qui l'ont lu).

Et je me demandais toujours un peu comment l'auteur allait conclure ce voyage initiatique.

A la croisée des mondes

On en arrive au Miroir d'Ambre, troisième et dernier tome, qui est logiquement sensé être le meilleur puisque, comme l'éditeur l'indique fièrement sur le quatrième de couverture, "il a reçu le prix Whitbread 2002, l'une des plus prestigieuses récompenses anglaises, attribuée pour la première fois de l'histoire des prix littéraires à une œuvre de littérature pour la jeunesse."

C'est le tome de la conclusion, de l'aboutissement de toutes les pistes initiées dans les tomes précédents. Et c'est là que plusieurs choses m'ont mise mal à l'aise. Je ne voudrais pas trop vous en dévoiler si vous avez l'intention de le lire, alors je vais expliquer en plusieurs temps.

Pour faire court, et sans rien dévoiler, on est plus pour moi dans de la littérature adulte que de la littérature jeunesse, en tout cas pas "à partir de 11 ans". Je le rapprocherais par exemple d'un roman comme Les thanatonautes de Werber (si vous l'avez lu), que j'ai beaucoup aimé mais que je ne rangerais pas au rayon jeunesse.

J'entre un peu plus dans les détails ensuite. Si vous ne voulez pas trop en savoir, vous pouvez continuer à lire mais en évitant les explications en astérisques. ;)

Ce tome nous fait découvrir d'autres mondes, parfois étranges, et il y a eu un moment où une frontière a été franchie pour moi dans l'étrangeté. Le moment où, au d'être dans l'émerveillement, vous avez un petit moment de recul par rapport à l'histoire en vous exclamant "non mais, sans blague ?"*

L'ambiance générale était tout de même très pesante, on n'est plus vraiment dans la lecture plaisir que j'avais trouvée dans les premiers tomes... un peu à l'image de la couverture, en fait.

Et surtout... j'aurais bien aimé dire que le message religieux ne me posait pas de problème, que nous étions tous au dessus de tout ça... mais non. Pour être tout à fait honnête, je me suis longtemps interrogée pour savoir si j'étais gênée à cause des mes propres convictions religieuses, puisqu'on est dans un message "athée militant" (en caricaturant à peine : "c'est sûr, Dieu n'existe pas, tous les gens intelligents le savent"). **

En toute sincérité, ce n'est pas la nature du message qui me gène. Le monde de Narnia, qui est très clairement chrétien, lui, m'avait posé problème pour les mêmes raisons (et je n'ai pas eu envie de le conseiller à ma miss). L'un comme l'autre sont des livres "à message religieux", l'un prônant la religion chrétienne, l'autre un athéisme anti-religions.

En fait, mon problème, c'est que je n'aime pas les livres à message dans la littérature jeunesse. D'une part parce que c'est souvent au détriment de l'histoire (ce qui n'est pas le cas ici) et d'autre part parce que j'ai l'impression qu'on utilise la fiction pour "faire entrer de force" des idées dans la tête des enfants. J'aimerais qu'on les laisse lire tranquilles sans chercher à les influencer. Même à 10 ans où ils sont "grands". Grands... mais pas ados non plus.

Alors bien sûr, si le message est la tolérance, l'ouverture aux autres, le courage... ça ne me dérange pas. Ma position est peut-être paradoxale ? Je ne crois pas, car ce sont des valeurs universelles, que partagent à la fois des croyants de toute religion ou des athées... pour moi, on touche là à l'humain et pas à la religion ou aux opinions (je détesterais tout autant un livre qui ferait la promotion d'une position politique). Qu'on laisse les enfants lire tranquillement...

C'est sans doute très différent pour un ado en plein questionnements, parce qu'il a l'âge de prendre du recul, de comparer, de se faire ses propres opinions, et sans doute aussi que c'est le bon âge pour ces questionnements-là.

Après... j'avoue que j'ai été un peu déçue par la conclusion, le grand choix ou la grande révélation qui attendait Lyra depuis le début de l'histoire. Tout ça pour ça ? **** Mais finalement, en y repensant, cette conclusion a sa richesse aussi...

* les mulefas à squelette en losange qui se déplacent sur roue, franchement, je peux pas. Malgré les nombreuses descriptions, je suis incapable de me les représenter et j'ai gardé l'impression désagréable que l'auteur avait voulu absolument faire quelque chose d'étrange et de différent... et le différent pour faire du différent, c'est pas mon truc. Pourtant, ils sont tellement sympathiques, ces mulefas... s'ils avaient pu juste ressembler à des éléphants, ça aurait été tellement mieux...

** Difficile de faire abstraction du message religieux qui est vraiment la conclusion de cette quête initiatique. Les personnages positifs y adhèrent tous immédiatement, comme une évidence et sans aucune nuance. Par exemple, l'idée qu'on ne peut rien souhaiter de plus merveilleux que de se dissoudre après sa mort pour voir ses atomes se mêler à tous les organismes vivants... Moi, ça ne me paraît pas si évident que ça... pour les héros, si.

Les seuls personnages qui ne partagent pas ces convictions sont des religieux fanatiques. J'aurais tellement aimé un personnage croyant positif histoire de nuancer un peu tout ça... ou l'inverse, un personnage non croyant négatif ? (enfin non, je préfèrerais du positif parce qu'il y a assez de négatif comme ça dans le livre).

Bref, on est dans une vision très manichéenne (le monde se partage en deux : les religions qui oppressent et les personnes qui recherchent la sagesse ; on n'atteint la liberté que si on ne croit pas en Dieu...) et c'est sans doute ce qui me pose problème.

Bon, vous allez vous dire : forcément, elle est catholique, un message athée à destination des enfants, ça ne lui plaît pas. Et je me suis demandé exactement la même chose. En toute sincérité, si j'étais athée, si je voulais transmettre cette conviction-là à mes enfants, est-ce que je leur ferais lire ce livre ? En toute honnêteté... Non. Je crois que je serais trop attachée à leur libre arbitre pour cautionner un message aussi clair. Et en fait, comme catéchiste... ben je fais pareil. Je me rends compte que je dis beaucoup "la Bible dit que...", "les chrétiens pensent que..." plutôt que "c'est comme ça" parce que je pense que chaque enfant doit tracer son chemin et être accompagné avec beaucoup de respect et de délicatesse.

Bref, ce n'est pas tant le message que le fait qu'il y ait un message, en fait.

**** A ma connaissance, le péché originel, ça n'a jamais été l'amour ou la sexualité mais le fait de vouloir être comme Dieu... alors j'espérais un peu autre chose, surtout au vu de l'intelligence avec laquelle les notions scientifiques étaient intégrées dans l'histoire.

Finalement, toutes ces questions pourraient peut-être se résumer à une seule : à partir de quel âge ? Pour moi, clairement, c'est plutôt du côté des ados et des adultes... et là encore, c'est la comparaison avec Werber qui me revient à l'esprit.

Et vous, vous l'avez lu ? Qu'en avez vous pensé ?

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