8 août 2018 3 08 /08 /août /2018 09:29

Dans une autre vie, je prenais le métro tous les jours. J'adorais ça (à part peut-être en période de canicule, toutes mes pensées solidaires pour les pauvres passagers en ce moment...). Le métro, ou le RER, c'était la plus grande bibliothèque de Paris : tout le monde lisait. Mon petit plaisir à moi, c'était (en plus de lire) de regarder ce que lisaient les autres passagers. Un petit suivi en direct des derniers succès littéraires, des dernières tendances.

A cette époque, tout le monde ou presque lisait Millénium. Les hommes qui n'aimaient pas les femmes, La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette... Impossible de passer à côté de ces couvertures noires au titre rouge vif, où une petite illustration donnait le ton : noir, étrange et un peu inquiétant.

Tout le monde lisait Millénium... mais bizarrement, ça ne me tentait pas plus que ça. Trop noir, trop étrange, trop best-seller peut-être... pas sûre que ça soit pour moi, et puis il y avait tellement d'autres choses à lire...

La folie Millénium est passée, puis est arrivé le tome 4. Entre temps, j'avais découvert les romans policiers islandais, puis Camilla Läckberg, et un polar nordique ne pouvait plus me laisser indifférente. J'en ai glissé un mot à mes collègues de la bibliothèque au moment de choisir les nouveaux livres :

- Si vous trouvez Millénium, je le lirais bien.

- Ça te dérange s'il est en un seul tome ?

- Non, bien sûr.

... je ne mesurais pas tout à fait l'ampleur du "problème" (!). C'est comme ça qu'au moment de partir en vacances, je me suis retrouvée avec un livre énorme pavé dans ma valise, le genre d'objet qui permet de se cultiver et de faire sa muscu en même temps. Vu le poids, il avait intérêt à être bien, Millénium...

(eh oui, il ne risque pas de rentrer dans le sac à main...)

Il l'a été, au delà de mes espérances. Au début, j'ai pensé à une intrigue à la Agatha Christie : un journaliste est recruté pour enquêter sur une vieille affaire, une disparition qui remonte quarante ans. Les suspects étaient sur une île, le coupable est forcément un membre de la famille. Je me régalais d'avance, tout à fait mon genre d'intrigue. En parallèle, on fait aussi la connaissance de Lisbeth Salander, enquêtrice hors pair et pour le moins étrange. Quand vont-ils se rencontrer ? Comment ? Que va-t-il se passer ? Et cette enquête, où va-t-elle nous mener ?

Impossible de lâcher le livre une fois l'histoire commencée. Alors oui, même si ça ne se voit pas tout de suite au début, c'est noir et même très noir, mais aussi prenant, avec des personnages très réussis, une vraie enquête, des rebondissements... En le lisant des années après la sortie des livres, on peut mesurer combien certaines séries policières s'y sont inspirées ; le phénomène Millénium ne s'est visiblement pas arrêté aux couloirs du métro.

Une fois le roman terminé, on a envie de connaître la suite, pour les personnages ; peu importe où l'histoire nous emmène, on a juste envie de savoir ce qu'ils vont devenir, ces deux-là...

Très bonne lecture pour un été noir - avec en petit bonus, des chapitres entiers dans le froid glaçant du nord de la Suède... dépaysement garanti !

Comme d'habitude, j'ai commencé le deuxième tome et j'ai dû faire une pause au bout de quelques chapitres - je ne sais pas enchaîner les tomes des séries (à part La Passe-Miroir). Mais je crois que je ne vais pas tarder à y retourner, d'autant plus qu'une de mes collègues l'attend (il faut juste que je pense à lui conseiller de le peser avant de le choisir comme lecture de vacances !).

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31 mai 2018 4 31 /05 /mai /2018 06:35

Il y a des livres qu'on lit avec plaisir et qu'on oublie tout aussi vite (et j'aime ces lectures légères). Et puis il y a les livres qui restent, qui creusent un sillon, font réfléchir. On y revient, on y repense, on aurait envie d'échanger, le livre a ouvert des portes, des questions.

#bleue de Florence Hinkel en fait incontestablement partie.

Je l'ai pris pour mon ado il y a quelques temps, parce que Yannis est mon U4 préféré et que je pensais qu'il pourrait lui plaire. Et à la faveur d'un long voyage en car, je l'ai mis sur ma liseuse en me disant "pourquoi pas ?"

Je l'ai lu d'une traite, pendant le trajet. Et le (très bon) roman qui a suivi m'a paru un peu simple, un peu convenu. Pourtant, a priori, ce genre de livres n'est pas trop mon truc...

Il y aurait deux manières de raconter #bleue et chacune serait fidèle au texte.

A un(e) ado, on pourrait dire : Silas est fou amoureux d'Astrid. Un jour, elle meurt dans un accident sous ses yeux. Mais dans leur monde, les médecins peuvent effacer la douleur en touchant aux souvenirs. L'amour de Silas sera-t-il plus fort que les traitements de l'oubli ? Et quel est le secret qu'Astrid lui cachait depuis tout ce temps et qui semble prêt à ressurgir ?

Mystère, rebondissements, adolescence, histoire d'amour... Il y a un peu de tout ça et je crois que c'est ce qui a séduit ma grande.

Pour un adulte comme moi, ou un grand ado, on pourrait aussi commencer comme ça : C'est un livre qui raconte un monde, pas si différent du nôtre. Sauf que, dans ce monde, la souffrance morale s'opère : il suffit d'une petite intervention pour effacer les émotions négatives en ne laissant qu'un petit point bleu sur le poignet. Silas et Astrid vivent dans ce monde-là, ils l'ont toujours connu avec son obligation au bonheur. A travers leur regard, nous découvrons ces adultes qui "profitent" du système, ceux qui y résistent, le nouvel ordre social. Et avec eux, nous nous interrogeons... Sans souffrir, est-ce qu'on est encore humain et à quel point ?

C'est un roman qui fait penser au Meilleur des mondes, furieusement moderne, subtil et pertinent. Un roman qui mêle adolescence, suspens et mystère et dans le même temps, questionne sur l'injonction au bonheur, les médias, les réseaux sociaux, le virtuel, l'empathie, le sens de la vie... Un roman à deux niveaux de lecture ? Ce qui est sûr, c'est que ma miss a surtout vu les rebondissements et l'aventure - nul doute qu'elle puisse le relire avec un autre regard dans quelques années. De mon côté, il résonne en moi depuis sa lecture et je pense que je le relirai aussi, plus tard.

Ce serait tellement dommage de cantonner ce genre de texte au petit monde des lectures pour ado, ou des lectures de SF. #bleue, c'est le cas où le genre n'a aucune importance et où un livre doit être découvert pour ce qu'il est : fort. Unique.

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23 mai 2018 3 23 /05 /mai /2018 08:04

Ce petit roman a un défaut : il est peut-être un peu trop drôle. Je vous explique : vous avez un petit moment tranquille, les enfants jouent, vous vous installez dans un coin avec votre roman et vous commencez à lire.

Trois minutes plus tard :

Enfant n°2 : Mamaaaaaan ? Pourquoi tu rigoles ?

Moi : C'est rien, c'est mon livre.

Une minute se passe.

Enfant n°2 : Mamaaaaaan ? Pourquoi tu rigoles ?

Moi : C'est encore mon livre.

Une minute encore.

Enfant n°3 (qui vient de rentrer dans la pièce) : Mamaaaaan ? Pourquoi tu rigoles ?

Enfant n°2 (blasée) : C'est rien, c'est son livre.

Allez un peu lire discrètement, avec ça...

(Pendant ce temps-là, enfant n°1, qui est une ado, est partie dans sa chambre pour lire tranquille, elle).

Et je vous raconte pas quand vous décidez de lire "juste quelques pages" tranquillement avant de dormir...

Bon, en vrai, qu'est-ce que je me suis amusée en lisant ce livre ! Alors je sais bien, l'humour, chacun a le sien. Autant par exemple L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa m'a laissée de marbre (et je l'ai abandonné avant la fin, ce que je ne fais presque jamais), autant là, je rigolais toute seule comme une idiote en tournant les pages. Pour savoir si ça vous parle, c'est simple : lisez les premières pages et si vous n'avez pas accroché à l'histoire du barbecue, le reste risque de ne pas vous amuser non plus. Mais si vous souriez devant la description du barbecue transformé en Vésuve... vous devriez passer un super moment.

Le barbecue transformé en Vésuve, ce n'est que l'une des terribles mésaventures de Ben. C'est bien simple, quoi qu'il arrive, ça finit toujours par lui retomber dessus. Comme cette sombre histoire de dame qui fait traverser les petits... Ce n'est pas vraiment sa faute s'il l'a renversée avec son vélo. Et s'il a été pris après avoir piqué des bouteilles - et puis, il voulait pas, ce sont ses copains qui avaient monté ce plan débile. Enfin bref, c'est quand même lui qui doit suivre un programme de "réinsertion" avec rédaction de journal intime obligatoire (ça, il fait déjà) et activité manuelle (ça, par contre...).

En plus, catastrophe numéro 1 : il se retrouve dans un cours de tricot. Et catastrophe numéro 2 : non seulement il est doué, mais il adore ça. Pas question d'avouer ça à son père, qui pense qu'il est passionné par la mécanique. Ni à ses copains. Ni surtout à la douce Megan. Jusqu'à quand Ben va-t-il pouvoir retarder son coming out ?

C'est comme ça que le roman nous parle adolescence et jacquard, collège et cache-théière, famille farfelue et magasin de laine... T.S. Easton affirme qu'il ne tricote pas lui-même. Et pourtant, la passionnée de tricot que je suis s'est reconnue de bout en bout, aucune erreur sur les termes techniques, on retrouve la petite communauté, les patrons sur internet, les podcasts de tricot...

C'est sûr, T.S. Easton tricote, il a juste pas fait son coming out.

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15 mai 2018 2 15 /05 /mai /2018 17:10

Ces derniers temps, les journées ne sont décidément pas assez longues. Au milieu de mille activités et obligations, j'aurais envie de partager avec vous justement une des ces mille choses qui m'occupent (avec bonheur) : le MOOC sur la science-fiction de l'Université d'Artois.

Pour vous faire la version courte :

- un MOOC, c'est un cours en ligne sur internet, ouvert à tous, composé de vidéos, quizz, textes à lire...

- il y en a plein en français sur France Université Numérique (FUN) et ils sont tous gratuits,

- l'Université d'Artois a déjà fait un MOOC formidable sur la fantasy, grâce auquel j'ai découvert plein d'auteurs, de titres, du Seigneur des anneaux à Buffy contre les vampires (!) en passant par Le trône de fer,

- le MOOC science-fiction vient de commencer, il dure jusqu'au 26 juin, on peut s'inscrire jusqu'au 22 juin et le suivre comme on aime, regarder tout en prenant des notes ou papillonner d'une vidéo à l'autre pour une première initiation,

- j'ai commencé à regarder les vidéos et il a l'air aussi bien que celui sur la fantasy (à part que j'ai lu moins de choses en SF... donc tout un univers à découvrir !).

(évidemment, c'est plus facile de faire une bande-annonce qui en jette pour un MOOC sur la science-fiction que pour celui sur le règlement général sur la protection des données... mais il est bien aussi, le MOOC sur la RGPD)

Si vous êtes toujours demandé quelle était la différence entre le steampunk et le cyberpunk (ou si vous n'avez aucune idée de ce que peuvent bien signifier ces deux mots), si vous êtes fan du Meilleur des mondes ou de Star Wars (ou pas), si vous avez envie de savoir si Jules Verne, c'est déjà de la science-fiction (il a inventé le premier voyage sur la Lune... à moins que ça ne soit Cyrano de Bergerac ?), si vous voulez frimer au prochain dîner avec votre petit frère qui vous demande si vous avez entendu parler de new space opera... bref, passionné ou simple curieux, je ne peux que vous le recommander ! :)

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22 avril 2018 7 22 /04 /avril /2018 21:10

Ce qui frappe d'abord, quand on lit La débrouillardise, c'est la beauté de l'écriture. Une écriture pleine de couleurs, de sensations, de vie.

On ouvre la couverture tellement sobre des éditions Grasset, on ne s'y attend pas, et on est tout de suite ailleurs, dans le métro, dans la rue, assis sur un talus. Lucie Land peut nous emmener n'importe où en deux phrases.

On a envie d'en lire des bouts à voix haute pour faire partager ce bonheur délicieux : lire une phrase et se dire que "c'est exactement ça".

"Je vais faire un tour. Je me pose sur un talus qui domine d'un côté le périph, de l'autre l'autoroute. Je lance des brins d'herbe en l'air. Le ciel est violacé. Les nuages ne se décident pas à dessiner des figures."

Voilà. Quelques mots et tout est là. On sent l'herbe sous nos doigts, le vent, on voit les nuages au dessus de nous. On y est, tout simplement.

Le monde dans lequel Lucie Land nous entraîne, c'est celui de Katarina. Elle a 17 ans, presque 18, elle est rom, la vie est devant elle et elle veut être libre, tracer son propre chemin.

Libre parce qu'elle est rom ? Ce serait une idée un peu facile - tout le monde attend de Katarina qu'elle se marie "parce qu'elle a l'âge", et qu'elle commence une vie consacrée à fonder une famille et à élever ses enfants. Ou qu'elle soit musicienne, comme son père et ses frères. Katarina sait jouer de l'accordéon, elle sait danser, mais la musique n'est pas pour elle. Elle sait avec qui se marier mais elle n'est pas bien sûre de le vouloir. Elle ne dit ni oui ni non, Katarina, elle prend des chemins de traverse...

La force du livre, en plus de son écriture, ce sont ses personnages. Hauts en couleur et qui sonnent tellement vrais. De nous entraîner "de l'autre côté" de cette frontière invisible qui nous sépare des roms, pour vivre avec eux et nous étonner, nous aussi, de ces journalistes qui viennent dans leur camp les photographier comme des animaux exotiques. De nous faire comprendre, un peu, en quoi leur manière d'être est singulière.

Libre, La débrouillardise l'est aussi, de bout en bout. J'ai été un peu déstabilisée par sa manière de se refermer d'un coup, comme il s'était ouvert : il nous prend, il nous fait vivre quelques jours de la vie de Katarina, et puis il nous laisse sans nous donner les conclusions ou les épilogues dont on a l'habitude. On ne saura pas tout, les boucles ne seront pas toutes refermées. On pourra y penser, rechercher des liens, des correspondances, des signes ou des aboutissements. J'ai été déstabilisée... mais j'ai aimé ça. ;)

Quand j'étais au lycée, j'avais l'habitude de dire que lire un livre pour son style, c'était idiot : ce qui comptait, c'était l'histoire et rien d'autre. Je crois que j'avais tort ; quand une écriture, une voix, crée un vrai univers, une expérience sans aucune fadeur, alors sans doute, on peut lire un livre "juste" pour ça. Vous ne croyez pas ?

J'ai eu le plaisir de recevoir ce livre dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Grasset - comme d'habitude, je vous donne mon avis comme si je l'avais acheté moi-même (ou emprunté à la bibliothèque ;) ).

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10 avril 2018 2 10 /04 /avril /2018 13:33

Il y a une part de snobisme dans le plaisir de lire Bonfire de Krysten Ritter quand on vit dans un village rural de quelques centaines d'habitants. "Le livre que tout le monde s'arrache à New York, pas encore traduite en français et introuvable en librairie ? Bien sûr que je l'ai lu !"

(merci internet et la lecture en numérique)

Voilà, vous savez tout, j'suis snob. Et je sais même pas si j'ai honte, pour le coup. :P

Je vous raconte tout. Quand vous avez lu "Krysten Ritter", vous avez pensé au gros pull tendance... et vous avez eu raison. Ma curiosité piquée par les photos de la collection de Krysten Ritter pour We Are Knitters, je suis allée sur son compte Instagram et c'est là que j'ai découvert qu'elle avait écrit un livre.

Curiosité piquée à nouveau (oui, je sais, c'est un vilain défaut), je me suis demandé si je ne pourrais pas lire un extrait. Rien de plus facile quand le livre est sorti en numérique que de télécharger un extrait gratuit et de le mettre sur sa liseuse.

J'ai commencé à lire... et le début était pas mal du tout. Franchement bien, même. L'anglais se lisait bien, on était tout de suite plongés dans l'histoire, dans la tête d'Abby, héroïne à la fois obstinée et au bord de la rupture, et dans la petite ville de Barrens qu'elle avait cru quitter pour toujours et où elle est obligée de revenir.

La suite a confirmé la première (bonne) impression. C'est un roman prenant, bien construit, où passé et présent se mêlent et s'imbriquent, où on sent bien que quelque chose de terrible se cache derrière les apparences sans vraiment deviner quoi.

C'est l'histoire d'Abby, donc. Elle a quitté sa ville natale dès qu'elle a pu s'en échapper, laissant derrière elle les événements de la fin de son année de lycée, l'étrange maladie qui a touché ses camarades de classe et qui était peut-être un énorme mensonge pour attirer l'attention, ou peut-être pas. Elle aurait voulu le demander à Kaycee, la meneuse de bande, celle qui a été malade en premier, celle qui faisait tout en premier au lycée - et qui était son amie d'enfance, cruelle, manipulatrice peut-être, et qui est devenue son ennemie au lycée. Seulement Kaycee est partie elle aussi, la même année, sans laisser d'adresse ni donner de nouvelles, en emmenant ses secrets avec elle.

Aujourd'hui, Abby revient en tant qu'employée d'une agence environnementale, pour enquêter sur les plaintes déposées par certains habitants de Barrens au sujet d'une eau contaminée. Elle sait qu'enquêter sur Optimal Plastics, la grosse (et seule) entreprise locale, ne sera pas facile ; chacun lui est redevable d'une manière ou d'une autre. Elle espère secrètement trouver des réponses aux questions qu'elle porte en elle depuis dix ans. Mais elle ne s'attend sans doute pas à être autant confrontée à son passé et à ce que vont éveiller les retrouvailles avec ses camarades d'alors.

Ça parle d'une petite ville américaine, tendance champs de maïs à perte de vue, armes à feu et mentalités fermées. Ça parle du poids des entreprises, de pots de vins et de manigances. Ça parle de harcèlement, de rejets qui empoisonnent l'eau potable et des pauvres qui ne peuvent pas se payer des bouteilles. Ça parle de solitude, d'amitié cruelle et des secrets que tout le monde veut enfouir.

C'est noir et c'est captivant et ça se lit super vite (même en anglais). Des fois, être snob, ça conduit à de belles découvertes.

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28 mars 2018 3 28 /03 /mars /2018 10:45

"Me faire sauver la vie est l'aventure la plus extraordinaire que j'aie jamais vécue."

Difficile de parler de ce livre tant il m'a émue... Si je ne devais le raconter qu'en une phrase, ce serait vraiment celle-ci. "Me faire sauver la vie est l'aventure la plus extraordinaire que j'aie jamais vécue."

Parce que c'est d'une aventure qu'il s'agit, une aventure comme dans la vraie vie : extraordinaire, où le merveilleux n'est jamais loin, où l'on ne sait jamais ce qui vous attend et en fait, ce qui vous attend, personne n'aurait pu l'imaginer...

On est tous, à un moment ou à un autre, que ça soit soi-même ou via un proche, confronté à la maladie. Celle avec un grand M, ou un grand C souvent, celle de l'hôpital et des noms compliqués qui font peur. Pour Mathias Malzieu, ça n'était pas un cancer mais une maladie au nom bizarre qui ressemble beaucoup à une leucémie et se soigne un peu pareil. Ne se soigne pas très bien, en fait. Au début, Mathias Malzieu ne le sait pas : il se demande pourquoi il est si fatigué, si facilement essoufflé, il va faire une prise de sang pour vérifier quand même... et quelques heures plus tard, il se retrouve à partir en urgence à l'hôpital où il rencontre une hématologue à voix douce qui doit lui faire subir un examen "un petit peu désagréable" (et accessoirement, découvrir ce que ça veut dire, pour un hématologue, "un petit peu désagréable"...).

Nous, lecteur, on sait que ça va bien se finir, qu'il va guérir avec le genre de miracle qu'on voit à l'hôpital, celui qui vient de la science et du dévouement de soignants extraordinaires. Mathias Malzieu ne le sait pas. Il va affronter tout ça avec ses armes : l'humour, l'imaginaire, la création. Il va se disputer avec Dame Oclès qui essaie de lui faire peur avec son épée, écrire de la musique, rêver, se nourrir d'amour et du sang qu'on lui transfuse toutes les semaines - faisant de lui un vampire en pyjama.

C'est lui qui lit son livre. Comme il est musicien, il y met de la musique, un petit bout de chanson, à la fois beaucoup d'émotion et beaucoup de simplicité. Le découvrir en livre audio, l'entendre de la voix de l'auteur, ça donne quelque chose de très intime, comme si on était là à discuter avec lui, à l'écouter. Comme si on était proches, tout à coup.

Le livre pourrait se conclure par la guérison mais non, la surprise, c'est ce Carnet de board qui vient compléter l'histoire, la refermer ou la conclure en quelque sorte. Je vous raconte pas... c'est trop inoui, cette histoire qui commence au moment où vous pensez que le livre est fini et que vous regardez, perplexe, le compteur qui vous indique encore bien une heure d'écoute... Et ça fait que, même si tout dans ce livre est absolument vrai, tout est en même temps aussi bien construit que dans un roman, avec ce qu'il faut de poésie dans l'écriture pour raconter ce qui est absolument vrai dans en oublier des bouts.

Journal d'un vampire en pyjama est sans doute l'un des plus jolis livres audios que j'ai jamais écouté.

J'ai reçu dans le cadre d'un partenariat avec Audible - comme d'habitude, je vous donne mon avis de la même manière que si je l'avais acheté moi-même... et pour tout avouer, j'avais bien l'intention de l'acheter (en version papier) quand il est sorti. Pour le coup, j'ai eu de la chance... j'aurais vraiment manqué quelque chose...

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8 mars 2018 4 08 /03 /mars /2018 18:50

Je n'avais que des bonnes raisons de vouloir découvrir Outlander en livre audio. D'abord, c'est une série régulièrement conseillée par Marie-Claire Idées dans "Que regarder en tricotant" - et moi, les séries à succès, comme Le Trône de fer je les écoute en livre audio, n'est-ce pas ? Ensuite, j'ai une excellente recette de millionaire shortbread et la boîte juste parfaite et écossaise pour mettre mon shortbread dedans. Et puis, j'ai le tissu tartan parfait pour me coudre une chemise/une blouse (pas encore décidé). Et des pelotes de laines rouge avec un motif à torsade tout à fait celtique à tricoter avec. Et aussi, j'ai toujours eu un petit faible pour l’Écosse et les écossais...

Et puis... est-ce qu'on a besoin d'une excuse pour écouter Outlander ?

Bref, ces arguments imparables m'ont convaincue facilement que là, tout de suite, sans attendre, c'était ça qu'il fallait que j'écoute et pas autre chose. Et je me suis plongée dans un peu plus de 26 heures d'aventures au cœur des Highlands...

Vous avez sans doute entendu parler de l'histoire ? Une jeune femme anglaise de 1945 se retrouve mystérieusement transportée en Écosse, au 18ème siècle, au milieu des highlands. Elle va devoir s'intégrer dans les clans alors que les dragons anglais harcèlent les villageois, sans pouvoir confier son secret à personne, tout en cherchant comment rentrer chez elle...

Alors bien sûr, on peut s'amuser à chercher des défauts à ce livre. Est-ce que le point de départ ne serait pas un peu invraisemblable ? est-ce que tous les rebondissements sont crédibles ? est-ce qu'il n'y aurait pas parfois des longueurs ? ou bien est-ce que la romance ne prendrait pas trop (ou pas assez, selon les goûts) de place ? Mais en vrai... on s'en fiche un peu, de ses défauts, parce que c'est tellement tellement tellement agréable à écouter !

Imaginez : vous êtes à la fin d'une journée pourrie, où les petits tracas se sont enchaînés avec une belle constance, il fait gris, froid, et vous avez encore une énorme pile de linge à plier (comment ça, ça sent le vécu ?) et là, vous appuyez sur le bouton lecture... et vous vous retrouvez instantanément dans les Highlands, dans une salle de banquet ou aux portes des murs de pierre d'une prison... Une vraie lecture détente/évasion. Juste ce que j'espérais.

Avec en plus, l'humour - cette sorte de distance ou de décalage qui rend les situations irrésistibles. Et surtout, l'interprétation. Marie Bouvier est une magicienne, elle vous embarque dans l'histoire avec un ton toujours juste (et pour certaines scènes, il ne devait pas être facile à trouver) et une voix avec un charme véritable (je ne trouve pas d'autre mot pour qualifier cette capacité à rendre la narratrice immédiatement sympathique et attachante et à nous embarquer dans son histoire sans jamais nous perdre en route).

Bref, du plaisir en livre audio...

Petit détail technique : à la fin d'un des chapitres, je me suis rendue compte qu'il manquait un bout (bien une demi-page). J'ai donc contacté Audible (un clic sur leur site et ce sont eux qui rappellent) pour signaler le problème et peu de temps après, ils ont mis en ligne une version corrigée (et complète). J'ai trouvé quelques petites coquilles de montage mais je les ai signalées donc en passant après moi, vous devriez avoir une version sans coquilles. ;)

Avec ça, mon écharpe a avancé sans que je m'en rende compte (et les tâches ménagères aussi). Je n'ai qu'un seul regret... je n'ai pas trouvé comment faire pour offrir le livre audio - là, il faut vraiment que je me renseigne !

J'ai eu la chance de découvrir ce livre dans le cadre d'un partenariat avec Audible - comme d'habitude, je vous donne mon avis comme si je l'avais acheté moi-même. ;)

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29 janvier 2018 1 29 /01 /janvier /2018 18:04

Il y a des livres qui méritent d'être davantage connus. Demain sans toi en fait incontestablement partie.

J'ai eu la chance que les éditions Grasset me proposent de le découvrir dans le cadre d'un partenariat, il y a quelques temps. "Treize chapitres qui se lisent comme autant de nouvelles", ça avait piqué ma curiosité, j'avais envie d'en savoir plus. Il m'a fallu (trop) de temps pour le commencer, tant les obligations semblaient s'accumuler les unes aux autres (notamment pour la bibliothèque) mais quand décembre est arrivé, j'ai enfin pu m'y plonger.

Et là, ce n'était pas tout à fait ce à quoi je m'attendais. Je ne sais pas pourquoi, en lisant le résumé, j'ai pensé qu'il s'agissait d'un polar.

En fait, c'est de la littérature américaine.

Littérature, parce que c'est merveilleusement écrit et construit. Chaque chapitre est une pièce de puzzle qui vient s'assembler aux autres, et l'histoire apparaît comme dans un kaléidoscope. On passe d'un personnage à l'autre, tous sont liés - pas comme dans une saga familiale où on suivrait les personnages sur plusieurs générations, plutôt comme dans la vraie vie où les destins se croisent, parfois parce qu'on est de la même famille, parfois parce que l'on habite dans le même quartier, et parfois juste par hasard, et on serait sorti une minute plus tôt ou plus tard, ça ne serait pas arrivé.

Américaine, parce qu'il nous plonge en plein cœur des États-Unis, mais pas ceux des success stories et de l'american dream. Plutôt ceux des banlieues désenchantées, où l'espoir meurt tout doucement, ou des quartiers déshérités où les dés sont pipés dès le départ. Une Amérique où les solitudes se croisent sans jamais se rencontrer tandis qu'inexorablement, les scarabées dévorent le tronc des arbres...

C'est brillant, noir, désespéré et ça se déguste par petite touche, un chapitre après l'autre. Pour découvrir comment tout (et tous) se lie(nt) et comment tout cela, à la fin, prend sens. Pas vraiment le livre à lire un soir de blues, c'est sûr. Pourtant, je l'ai adoré, et c'est clairement un livre que j'aurais envie de conseiller. Peut-être pas à une amie en quête de quelque chose de léger et de chasse-souci. Mais à une amie amatrice de littérature (et pas dépressive), sans aucun doute !

... et j'avoue que je serais très curieuse de connaître votre impression sur ce titre. ;)

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24 janvier 2018 3 24 /01 /janvier /2018 17:06

Alors, je vous avoue tout. J'ai fini le premier tome de La Passe-Miroir la veille de Noël. A peine la dernière page refermée, je n'avais qu'une envie : connaître la suite. Parce que c'était juste pas possible de rester comme ça...

Mais bon, on était le 25 décembre, la bibliothèque (où était le tome 2) était fermée (ben oui, jour férié), il faisait un temps glacial dehors et j'avais une crève terrible. Et puis, j'allais quand même pas ressortir le 25, non ? ... mais bon, après tout, j'ai la clé de la bibliothèque... et puis, est-ce que ce serait vraiment mal de faire juste un saut, le temps d'aller le chercher... et après tout, peut-être que mes miss voulaient aussi un livre... euh, les miss, vous voudriez pas un livre ?

C'est comme ça que j'ai affronté le temps pourri et les 11° de la bibliothèque (ben oui, pas de chauffage quand c'est fermé, d'où un certain besoin d'anticipation avant d'ouvrir pour mettre le chauffage avant) pour aller chercher Les disparus du Clairedelune.

Et vous savez quoi ?

Le tome 2 est encore mieux que le tome 1. Et si.

Les disparus du Clairedelune - Christelle Dabos

J'ai pas envie d'en dire trop - et puis, si je vous parle du tome 2, faudrait que je vous dévoile des choses sur le tome 1...

Disons juste qu'on a peur, on est émus, on rit, on tourne les pages avec l'envie irrésistible de savoir la suite et la peur que ça soit trop vite fini.

On découvre un peu plus l'univers fantastique du livre, où les petits détails deviennent soudain très importants, où tout prend sens et tout est cohérent. Un univers de plus en plus fascinant et magique au fur et à mesure qu'il se dévoile devant nos yeux, et qui ne ressemble à aucun autre qu'on ait déjà lu.

On fait mieux connaissance avec les personnages, aussi, et chez certains, qu'on avait un peu vite jugés cruels et insensibles, on découvre une humanité à laquelle on ne s'attendait pas.

Les disparus du Clairedelune - Christelle Dabos

Je suis revenue en arrière pour relire mes passages préférés, comme ça, juste pour le plaisir et pour mieux m'en souvenir.

Et puis l'intrigue... Vous savez, quand vous lisez "elle entendit une voix familière derrière elle", neuf fois sur dix (si c'est pas dix fois sur dix), vous savez exactement de qui il va s'agir. Là, j'ai été surprise (mais vraiment surprise) à chaque fois. Et je ne me souviens pas depuis combien de temps cela ne m'était pas arrivé.

Un livre magique. Et un magnifique deuxième tome.

La Passe-Miroir est toujours l'un de mes livres préférés de tous les temps.

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