3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 11:56

Ce roman, j'en ai entendu parler par deux amies différentes en l'espace d'une semaine. Puis je l'ai vu à la bibliothèque : c'était un signe. Je suis repartie avec, bien au chaud dans mon sac des vacances.

Et je danse aussi - Anne-Laure Bondoux, Jean-Claude Mourlevat

... et je n'ai pas été déçue. A peine commencé, je l'ai lu d'une traite, et c'était même compliqué d'interrompre la lecture. Il faut dire que la forme s'y prête, aussi : un échange de mail entre les personnages (ça se dit, "épistolaire", pour des mails ?), qui donne envie d'en lire "juste encore un" avant de fermer le livre... La lecture est passée comme un éclair, et commencé un soir, il était fini dès le lendemain.

Et je danse aussi - Anne-Laure Bondoux, Jean-Claude Mourlevat

(la photo, c'est pour vous donner une petite idée de "l'environnement de lecture" ;) )

Tout commence par un mail, donc : Pierre-Marie Sotto, écrivain à succès, répond à Adeline Parmelan qu'il ne connaît pas et qui lui a envoyé une enveloppe par la poste. Une grosse enveloppe, sûrement un manuscrit, et il refuse de lire les manuscrits. Son mail est formel, poli mais un peu froid peut-être. Adeline répond, surprise : ce n'est pas un manuscrit, elle insiste un peu, elle n'est pas une lectrice comme les autres. Mais rien à faire, Pierre-Marie ne veut pas ouvrir l'enveloppe et n'a pas très envie d'engager une correspondance avec une lectrice qu'il ne connaît pas...

Au fil des mails, Pierre-Marie et Adeline vont apprendre à se connaître - et le lecteur fait leur connaissance au même rythme, par petits bouts, appréciant lui aussi l'humour de l'une, les réflexions de l'autre, et se demandant ce que peut bien contenir cette fameuse enveloppe à l'origine de tout, qui attend en bas d'une étagère. Et il tombe sous le charme de ce gros livre, distrayant sans être trop léger, souvent drôle et parfois émouvant, comme Adeline et Pierre-Marie... Comme la vie, en fait.

Pour la petite histoire, le livre est né un peu comme la rencontre de Pierre-Marie et Adeline : un jour (un 24 février 2013), Jean-Claude Mourlevat a envoyé un mail à Anne-Laure Bondoux, qui lui a répondu... Au fil des messages, ces échanges improvisés ont pris forme et un roman est né. Cette petite histoire suffit pour donner envie de le découvrir, vous ne trouvez pas ? Et puis, Mourlevat est un écrivain que j'adore. Et puis, Pierre-Marie Sotto habite dans la Drôme. Et puis, la couverture fait envie. Et puis... faut-il vraiment donner d'autres raisons? Vous l'avez compris, c'est un coup de cœur ! ;)

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27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 13:05

On découvre son visage sur la couverture : la photo en noir et blanc d'une jeune femme, souriante, les cheveux bouclés, de bonnes joues un peu enfantines. Une jeune femme qu'on qualifierait de jolie, sympathique, mais sans doute pas d'exceptionnelle. Et pourtant, cette jeune femme a sauvé deux mille cinq cents enfants du ghetto de Varsovie, dans la Pologne occupée par les allemands. Elle s'appelait Irena Sendlerowa, elle était catholique et n'avait pas de raison particulière de se soucier du sort des juifs. Elle aurait pu attendre la fin de la guerre, en sécurité, et pourtant...

Comment des personnes "ordinaires" décident-elles un jour de s'engager dans une action qui paraît impossible, quels que soient les risques, uniquement parce que cela leur paraît juste ? C'est une question qui m'a toujours fascinée. Alors lorsqu'en décembre dernier, j'ai reçu un mail de LP Conseils me demandant si cela m'intéresserait de recevoir Irena Sendlerowa de Gilbert Sinoué... forcément, c'était oui !

J'ai commencé le livre conquise d'avance, prête à découvrir la vie d'une héroïne et à me replonger dans des événements historiques de la Seconde Guerre Mondiale. Et là, la bonne surprise, c'est qu'en plus de son sujet, Irena Sendlerowa est un vrai bon roman : une intrigue passionnante, de beaux personnages, avec bien sûr au centre Irena, pas du tout figée dans une image de "Juste parmi les nations" poussée par son destin, rien qu'une jeune femme qui ne peut pas abandonner les juifs à leur sort... C'est la force de ce roman, je trouve, de nous la rendre à la fois proche et exemplaire.

Au fil de l'histoire d'Irena, c'est aussi la vie quotidienne à Varsovie pendant l'Occupation qu'on découvre. Les doutes, la difficulté du quotidien, la volonté de survivre. L'impossibilité de croire qu'on puisse décider de faire disparaître le demi-million de personne du ghetto, comme ça, sans aucune raison.

On découvre aussi l'engagement de grandes figures (comme Korczak) ou d'inconnus - parfois, résister, c'est une toute petite action (ne pas remarquer dans la rue un enfant qui réclame sa grand-mère en yiddish, ouvrir sa porte à une femme en uniforme de prisonnier). Ça fait chaud au cœur de penser que ce sont des histoires vraies. Et malgré la gravité du sujet, finalement, ce qui domine, c'est l'espoir.

Une très belle découverte pour commencer cette année, je crois que je vais garder un œil sur les publications des Éditions Don Quichotte. ;)

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20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 16:50

Qui dit fêtes de Noël dit Twilight... je sais, là comme ça, ça ne paraît pas forcément logique, mais il y a un an (Noël 2015), j'ai eu un problème d'insomnie pendant les vacances de Noël et ça m'avait tellement amusée de lire une histoire de vampire en pleine nuit, dans le noir (sur ma liseuse), avec la pleine lune qui me guettait par la fenêtre (!).

Alors cette année, quand les fêtes sont arrivées, j'ai eu envie de lire le tome 2... et tant qu'à faire... j'ai aussi lu les tomes 3 et 4 ! (qu'est-ce que je vais lire en décembre 2017 ?)

Petit passage en revue, donc, des trois derniers tomes de La Saga du Désir Interdit (vous aussi, vous comprenez pourquoi on utilise toujours le titre original anglais... ce titre, franchement...).

Le tome 2 : Tentation. Première impression... qu'est-ce que ça se lit bien ! Il y a des moments où on recherche quelque chose de bien littéraire, une plume originale, une écriture qui ose des formes diverses... et il y a des moments (au hasard, après avoir lu Au commencement du septième jour), où on a juste envie de quelque chose de simple, qui se lit tout seul... Là, c'était tellement agréable, ces pages qui se tournent toutes seules, une histoire racontée dans l'ordre... Ce dont j'avais besoin, je crois.

Venons-en à l'histoire. Le personnage d'Edward n'est pas très présent, c'est surtout Jacob qu'on découvre et j'avoue que je l'ai trouvé beaucoup plus attachant que le héros Edward, tout "fascinant" qu'il soit. Comme pour le tome 1, heureusement que l'héroïne découvre son surprenant secret (hum) assez rapidement parce que ça aurait été longuet si elle s'était interrogée plus longtemps (des loups géants dans la forêt ? une légende indienne qui parle d'hommes loup ? des indiens qui cachent un secret ? ... qu'est-ce que ça peut bien être ?).

Bref, j'ai passé un bon moment et j'ai même eu envie d'enchaîner sur le tome suivant (ce qui est assez rare, chez moi, j'aime bien faire des pauses entre chaque tome d'une série).

Tome 3 : Hésitation. Cette fois-ci, Edward est de retour, son personnage devient plus intéressant. On en apprend plus sur les loups-garous, les vampires. Je ne pensais pas mais j'ai été prise dans l'histoire, y compris dans l'histoire d'amour. Edward est très "gendre idéal" quand même (surtout pour un vampire) mais on va quand même pas lui reprocher, c'est un peu l'idée de base de la saga. ;)

Là encore, on voit venir certains rebondissements à l'avance (on se doute bien que quand on nous dit régulièrement qu'il y a des meurtres à Seattle, il va finir par y avoir un lien avec l'histoire).

Et là encore, ça se lit si facilement et c'est tellement agréable, des fois, ce genre de lecture...

Tant que j'y étais... ben j'ai décidé de lire le dernier tome !

Tome 4 : Révélation. Le dénouement, donc. J'avoue que côté révélation, j'imaginais autre chose (l'origine des pouvoirs des personnages ? une raison qui expliquerait que Bella soit "prédestinée" à jouer un rôle central dans la vie et l'évolution des vampires ? un secret ressurgi du passé d'Alice ?). Pas grave, j'ai vite mis de côté le titre de toute façon - il y a quand même des choses révélées, ceci-dit, c'est sans doute juste mon imagination qui s'était un peu emballée (!).

C'est le seul tome dans lequel j'ai trouvé certaines scènes un peu gores (pas sûre de vouloir les voir au cinéma, celles-là). J'ai bien aimé le fait qu'il joue sur les points de vue, avec des parties racontées par des personnages différents (et pas toujours par Bella).

Comme pour les autres tomes, il se lit bien, à chaque chapitre, on a envie de connaître la suite. J'ai passé un bon moment aussi !

La fin reste assez ouverte, je ne sais pas s'il y a une suite ? (des fois que, pour Noël 2017, n'est-ce pas...).

Une conclusion, après ces trois tomes (et celui de l'an dernier) ? Moi qui avais refusé de les lire pendant des années parce que je n'aime pas les histoires de vampire, on est très très loin de l'ambiance d'Entretiens avec un vampire ou Nosferatu. Beaucoup moins noir, beaucoup plus léger ; plus fantasy que fantastique, en fait.

Je n'ai pas été transportée comme toutes les lectrices qui ont été "fascinées" par la saga Twilight mais j'ai passé un bon moment de lecture et je suis bien contente de les avoir lus - je pense que le fait que ce soient des romans phénomènes entre quand même pour une part dans ce plaisir de lecture (le côté "moi aussi, maintenant, je connais Twilight). Mais pas que, j'aurais bien aimé aussi sans ça aussi, je pense. ;)

Alors pourquoi pas, plus tard, un autre roman du même auteur ?

... d'ailleurs, vous en avez lu d'autres, vous ? Vous en avez pensé quoi ?

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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 10:49

Je dois être un peu schizophrène. C'est ce que j'ai découvert en lisant ce roman : il y a deux parties de moi-même. Une partie qui l'a trouvé si original, sensible, ses descriptions si justes, ses personnages si vrais... et une autre partie qui s'est agacée, a pesté, râlé au fil de la lecture - en en faisant (un peu) profiter son entourage.

Avec persévérance (voire obstination), j'en suis enfin venue à bout. Au final, je suis contente de l'avoir lu, et je suis bien obligée d'admettre que c'est un livre dont je vais me souvenir longtemps - d'ailleurs, il est rare que mon mari profite du récit de ma lecture au fur et à mesure, que je lui raconte tel ou tel passage... ça n'était pas arrivé depuis Faillir être flingué (qui lui était un grand coup de cœur). Une chose est donc claire : voici un roman tout sauf anodin.

Au cas où vous hésiteriez à vous lancer dans l'aventure... je vous explique quand même un peu. ;)

Au commencement du septième jour est un livre qui repose sur des partis pris forts (peut-être est-ce le cas des autres livres de Luc Lang, mais c'était le premier que je lisais). Il fait le choix d'une écriture qu'on pourrait qualifier de "moderne" : pas de tirets pour indiquer les dialogues, qui sont parfois "intégrés aux paragraphes" (on arrive à suivre, mais ça demande un peu d'attention parfois), les phrases ne se terminent pas toujours par des points, les flashbacks s'intègrent dans le récit (on est dans les Pyrénées pour Noël, tout d'un coup c'est l'été, on comprend qu'il s'agit d'un souvenir, et quand Thomas marche dans la neige, on saisit qu'on est revenu au présent). Disons que le roman est exigeant avec son lecteur.

L'autre parti pris (et la partie de moi-même qui s'intéresse à comment sont construites les histoires, adore), c'est de se focaliser sur des moments "entre deux" : pas ceux où "il se passe des choses" mais ce qui arrive juste avant ou juste après, comment les personnages font face, comment ils évoluent, se reconstruisent. J'adore cette idée... mais ça demande un petit effort du lecteur là encore. On change de chapitre, on est dans la description de la préparation du repas (par exemple), et on découvre "en passant" qu'un des personnages principaux est mort. Luc Lang aurait pu nous raconter le décès, l'enterrement... eh non. C'est la visite au cimetière qui nous l'apprendra. A nous de combler les trous ("euh, elle est morte ? ça fait longtemps ? il y a quoi, d'écrit, sur la tombe ? il s'est passé... 6 mois ? un an ?"). Je ne sais pas comment font les autres mais moi, Luc Lang m'a perdue deux ou trois fois. Et j'ai failli craquer au début du livre 3 ("mais il est où, là ? en Afrique ? mais qu'est-ce qu'il fait en Afrique ???" puis retour en arrière pour essayer de retrouver si sa sœur est bien en Afrique et si oui, dans quel pays.. enfin, vous voyez).

Et là, quand j'en avais marre... il y avait un petit moment de grâce et je me disais que si, finalement, il était tellement bien écrit, ce livre.

Vous l'aurez deviné, à la fin du livre, on n'aura pas toutes les réponses (je ne vous raconte pas la fin mais disons que je me souviendrai longtemps des dernières phrases... si vous le lisez, vous comprendrez ;) ). Il y aura bien un secret de famille révélé (que j'avais vu venir à des kilomètres, là, pour le coup) mais il restera des zones d'ombres. De même que le cheminement de Thomas, le personnage principal, face à l'accident puis au décès de sa femme, à son propre passé, est loin d'être une démonstration, une réponse indiquant comment faire face. Il ne vaut que parce qu'il a quelque chose de vrai, de personnel.

A travers ces exemples de personnages, et son tableau si impitoyable d'un monde du travail non moins impitoyable (et de l'aveuglement de certains face à leur rôle dans la construction de ce monde impitoyable), le livre sonne très vrai aussi. De même que les petits moments de grâce des descriptions, donc, ces petites scènes du quotidien qui veulent dire beaucoup sur les sentiments ou la personnalité des personnages.

Je pourrai donc dire que c'est un très beau livre, bien écrit, original et juste. Et je pourrai aussi dire qu'il est difficile à suivre et que finalement, aller à la ligne et mettre des tirets pour les dialogues, c'est tellement conventionnel mais ça se lit tellement mieux aussi.

Au final... je ne sais pas trop. Je suis contente de l'avoir lu mais disons que je le conseillerai "avec les avertissements d'usage".

... surtout, si vous le lisez, vous me dites, je suis très curieuse de connaître votre sentiment. Parce que jusqu'ici, j'ai lu que ce roman était un "page-turner" et là, aucune des deux parties de moi-même ne peut être d'accord !

 

Première lecture du Challenge 1% Rentrée littéraire.

Défi perso : Je lis la rentrée littéraire à la bibliothèque.

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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 12:33

Il y a un mystère Camilla Läckberg. A chaque fois que je lis un de ses romans, en tout cas les derniers, je me dis que les ficelles sont un peu grosses, qu'elle exagère de nous faire languir des pages et des pages avec des "Patrick écouta le compte-rendu du médecin légiste", "Patrick résuma à Martin", "Martin était stupéfait", etc, pour nous révéler le mystérieux contenu de ce compte-rendu une centaine de pages plus loin... et qu'on ne soit pas (si) surpris que ça.

Pour Le gardien de phare, j'avais deviné la grande révélation choc du livre à quoi... un quart du roman ? Et il y avait (presque) autant d'événements glauques que dans La sirène. Et pourtant... je n'ai qu'une hâte, c'est de retrouver le petit monde de Fjällbacka pour une nouvelle histoire. Et je sais que je ne suis pas la seule (n'est-ce pas, Tica ?).

Alors, pourquoi est-ce que j'y reviens toujours ? Sans doute à cause des personnages auxquels on s'attache, de livre en livre. Et puis à cause de la Suède, Fjällbacka, le dépaysement de s'imaginer sur le port, sur une petite île ou au pied d'une falaise... À cause aussi du va et vient entre passé et présent qu'on retrouve à chaque fois ? Et puis je crois aussi que malgré la noirceur des événements (elle n'y va pas avec le dos de la cuillère, encore une fois), bizarrement, il y a cette ambiance qui ne devient jamais aussi oppressante ou désespérée qu'on pourrait s'y attendre et qui fait qu'on passe un bon moment de lecture... Après, le livre audio contribue sans doute au charme de l'ensemble, je l'ai trouvé très bien interprété encore une fois (en fait, je les ai tous écoutés en livre audio jusqu'à présent).

L'autre effet secondaire notables des romans de Camilla Läckberg, à part l'addication, c'est que ça me donne toujours envie de faire des Kanelbullar - mais ça, mon entourage ne s'en plaint pas ! ;)

Et si on parlait un peu du Gardien de phare, quand même ? D'abord, j'adore la couverture (vraiment), je me ferais presque la même tenue de bain pour l'an prochain. Et puis je l'ai trouvé à la fois moins réussi et plus réussi que d'habitude, tant les fils des histoires parallèles se croisent de manière parfois un peu artificielle mais en même temps en explorant les facettes d'un même thème.

Ici, tandis qu'Erica et sa famille se remettent des événements de la fin du livre précédent, le maire prépare la restauration d'un centre de soins au bord de l'eau en un spa grand luxe. Matts, qui suit la comptabilité, se pose des questions. Il est revenu dans la ville de son enfance il y a quelques mois, on ne sait pas pourquoi. Et son amour de jeunesse vient d'arriver sur Graskar, l'île aux esprits, où se dresse le phare, semblant fuir elle aussi quelque chose... Quand le meurtre arrive, vous êtes piégés et vous savez que vous allez tout lire jusqu'au bout !

En gros : tout le mystère des romans de Camilla Läckberg... (j'ai déjà prévu d'enchaîner sur La faiseuse d'ange !).

Carte postale d'un voyage imaginaire #2 - Fjällbacka (Suède)

Carte postale d'un voyage imaginaire #2 - Fjällbacka (Suède)

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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 07:25

Et si on disait que cet été, j'avais fait un grand voyage dans une petite île du bout du monde, au large de l’Écosse ? Que j'avais vu des ciels immenses, aux nuages changeants, plus grands que la terre, des plages turquoises qui deviennent grises, puis noires, avec des vagues qui vont se briser à dix mètres en fracassant des embruns sur la côte ? Des falaises, des blackhouses, presque pas d'arbres, un tout petit monde d'insulaires qui se parlent en gaélique et s'appellent par leur surnom, parce qu'il y a tellement peu de noms différents, sur l'île...

Un voyage sur l'île de Lewis d'un peu plus de mille pages...

La trilogie écossaise

En vrai, je suis partie deux semaines, et pas si loin, mais avec un énorme livre dans mon sac !

Cet énorme livre, ce sont trois romans policiers : L'île des chasseurs d'oiseaux, L'homme de Lewis et Le braconnier du lac perdu. Trois romans qui se passent dans un cadre très particulier : l'île de Lewis "au delà de laquelle on ne peut aller en Europe plus à l'Ouest ou plus au Nord" (l'auteur a oublié l'Islande à l'Ouest mais c'est vrai que c'est loin alors je lui pardonne !).

Tout commence par un meurtre (bien sûr). Parce qu'il ressemble à celui d'un tueur en série d’Édimbourg, l'inspecteur Fin Macleod est rappelé sur l'île - depuis qu'il l'a quittée pour aller à l'université à Glasgow, il a toujours refusé d'y retourner, y laissant son passé, ses amis et tout ce qui rend la vie là-bas si spéciale. C'est à son passé qu'il va être confronté, bien plus qu'à cette affaire de meurtre...

Voilà un roman policier peu ordinaire, qui prend son temps et semble oublier l'enquête. Ici, ce qui compte, c'est cette confrontation au passé, les secrets de famille, les retrouvailles avec un amour d'enfance perdu... On se demande parfois si Peter May n'a pas oublié qu'il écrit un roman policier, s'attachant aux pas de Fin, nous entraînant dans les pubs, sur le port, dans les petites fermes et dans ces paysages incroyables... mais bien sûr, à la fin, tout s'éclaire et les pièces du puzzle s'assemblent de manière inattendue.

L'autre point fort du livre et des suivants, c'est cette manière de dépeindre les paysages en deux phrases, de nous faire découvrir des traditions méconnues, de nous plonger dans ce petit monde où tout le monde se connaît et où on se parle une langue qui crée tout de suite une connivence. Chacun des trois romans tourne ainsi autour de traditions ou d'histoires locales (un peu moins le troisième, ceci-dit) et alterne flashbacks et narration pour des intrigues où le passé joue toujours un rôle déterminant.

Au fil des pages, on retrouve les personnages, les lieux, si bien qu'on a l'impression d'avoir vraiment vécu sur l'île de Lewis et de reconnaître Ness, Uit, Stornoway... Et qu'on reconnaît plein de choses en cherchant des photos sur le site de l'office de tourisme de Lewis.

Photos trouvées sur le site de l'île de Lewis : http://www.isle-of-lewis.com/
Photos trouvées sur le site de l'île de Lewis : http://www.isle-of-lewis.com/
Photos trouvées sur le site de l'île de Lewis : http://www.isle-of-lewis.com/
Photos trouvées sur le site de l'île de Lewis : http://www.isle-of-lewis.com/
Photos trouvées sur le site de l'île de Lewis : http://www.isle-of-lewis.com/

Photos trouvées sur le site de l'île de Lewis : http://www.isle-of-lewis.com/

Alors voilà, on dirait que j'aurais fait un voyage sur l'île de Lewis cet été...

Carte postale d'un voyage imaginaire #1 - Ness (Lewis, Hébrides)
Carte postale d'un voyage imaginaire #1 - Ness (Lewis, Hébrides)

Carte postale d'un voyage imaginaire #1 - Ness (Lewis, Hébrides)

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8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 07:32
Une femme simple et honnête

Attention, ne vous fiez pas au titre : ce roman est diabolique. D'ailleurs, ne vous fiez à personne dans cette histoire où aucun personnage n'est vraiment ce qu'il semble être...

Tout commence sur le quai d'une gare, dans une toute petite ville du Wisconsin, à l'automne 1907. Dans le froid qui commence à s'installer, Ralph Truitt attend celle qui doit devenir son épouse et qu'il n'a jamais rencontrée. Il a perdu sa femme et ses enfants il y a longtemps et connu beaucoup de malheurs. Il a décidé de mettre un terme à sa solitude en passant une annonce et une femme lui a répondu, qui s'est présenté comme "une femme simple et honnête" et lui a envoyé sa photo.

A première vue, ça fait un peu L'amour est dans le pré, quelque chose de tout sucre tout miel, un amour qui naît dans un cadre bucolique... Et pourtant, on en est très très très loin. Dans la campagne du Wisconsin, l'hiver et la religion peuvent rendre les gens fous du jour au lendemain - un matin, un mari peut tuer sa femme à la hache et c'est comme ça, ce sont des choses qui arrivent. L'austérité presque monacale des apparences peut cacher les passions les plus charnelles. Les jeunes ingénues sont loin de l'être. Et la ville est tout aussi terrible, avec ses tentations, la débauche et la déchéance...

Quand la femme descend du train, quelque chose déraille : ce n'est pas la femme de la photo. Le lecteur, lui, sait qu'elle a revêtu de nouveaux habits, plus sobres, comme un costume, avant d'arriver en gare. Ralph Truitt, lui, dit juste à Caroline Grant : "tout ce que je sais de vous pour l'instant, c'est que vous êtes une menteuse." A partir de là, les rebondissements vont se succéder, révélant petit à petit les personnages, les conduisant à des actes fous ou inattendus. On sent qu'un drame va se jouer mais il n'arrive jamais par où on le pense. Et tout au long du livre, pour chaque personnage, c'est peut-être toujours la même question qui se pose, celle de la rédemption : est-ce qu'à un moment, on peut se libérer du passé et vivre, enfin, la vie qu'on espère ?

Vous l'avez deviné, j'ai beaucoup aimé ce petit roman, fort et prenant, et je me rends compte que même si je l'ai fini il y a quelques semaines déjà, j'ai encore tous ses personnages bien en tête. Sans doute, c'est un de ces livres qui laissent une trace... et c'est un coup de cœur, clairement. Un grand, grand merci à celle qui me l'a fait découvrir...

Et vous, si vous l'avez lu, ou si vous le lisez, vous me direz ce que vous en avez pensé ?

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10 août 2016 3 10 /08 /août /2016 09:11
Super Sourde - Cece Bell

Attention, coup de cœur familial ! Miss Ju (11 ans) l'a lu, en premier. Puis moi. Puis sa sœur (8 ans 1/2). Puis son petit frère (6 ans, il sait déjà lire mais je crois qu'il est tombé dans une BD quand il était petit :P ). Puis leur papa... et on a tous adoré. C'est une histoire vraie. C'est drôle, plein de fantaisie. Ça parle de handicap, mais pas que. Ça parle surtout de l'enfance, et puis de la vie aussi, parce qu'on peut tous s'y reconnaître, je crois.

Allez, je profite des vacances, je me fais aider par mes loustics. Pourquoi c'est bien ? "Parce que ça parle de sourds" (le petit loulou). "Parce qu'on comprend bien ce qu'elle ressent, ce que ça fait d'être sourd" (Choupinette). "Parce que c'est une histoire vraie et que c'est pas souvent qu'on lit des histoires vraies" (le petit loulou). "Il y a des moments drôles" (Choupinette). "En plus, la couverture, elle fait envie" (le petit loulou). "Il y a des moments drôles, et c'est passionnant, et quand tu es plongé dedans, tu peux plus t'arrêter..." (le petit loulou).

"J'aime bien l'histoire parce que la petite fille sourde, elle est pas sourde au début, et puis elle devient sourde et tu vois comment ses amis se comportent et ça montre que être sourd, c'est difficile, mais il faut pas non plus que ceux qui sont autour de toi en fassent trop" (miss Ju).

Super Sourde, donc, c'est une histoire vraie - même si, "en vrai, elle a pas des oreilles de lapin comme ça", comme me l'a fait justement remarquer le petit loulou. C'est Cece Bell qui raconte son histoire, Cece dont on fait la connaissance alors qu'elle est "une petite fille normale". Et puis, elle tombe malade et un jour, à l'hôpital, elle se rend compte que quelque chose est différent. Tout est étonnamment silencieux. Elle est sourde, malentendante plutôt, puisqu'elle pourra entendre (plus ou moins bien) avec un appareil.

L'appareil, l'école, l'apprentissage de la lecture sur les lèvres, la télé... on l'accompagne dans son quotidien, de la maternelle au CM2, avec les joies, les chagrins et les doutes qui sont ceux de tous les enfants : c'est quoi, une véritable amie ? Est-ce qu'on peut m'aimer pour moi-même ? Même si les problèmes d'audition (elle entend ses interlocuteurs mais a du mal à les comprendre, et ne sait pas comment leur expliquer que ça ne sert à rien de monter le son de la télé) rendent forcément les choses plus compliquées.

Pour se donner du courage, parfois, elle imagine ce que ferait super sourde, le petit surnom qu'elle se donne en cachette. Parce qu'elle a découvert le jour de la rentrée que son "super appareil pour l'école", celui qui est tellement laid et qu'elle voudrait cacher, lui permet d'entendre la maîtresse dans toute l'école : personne ne le sait, mais elle a des supers pouvoirs.

Même si rien n'est simple, petit à petit, cette différence, elle va apprendre à l'aimer, pour être capable de dire une fois adulte dans un très beau post-scriptum :

"Quand j'étais petite, ma surdité me définissait. C'était une caractéristique clé, que j'essayais de dissimuler. Aujourd'hui, la surdité n'est plus qu'une petite partie de moi-même, et je ne m'efforce plus de la cacher. (...) Quant à ma différence, elle s'est révélée la meilleure des sources d'énergie. J'ai découvert qu'avec un peu de créativité, et beaucoup de travail, toute différence peut être transformée en une force fantastique : nos différences sont nos super-pouvoirs".

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9 juillet 2016 6 09 /07 /juillet /2016 16:01
La sirène - Camilla Läckberg

La Sirène est le sixième livre mettant en scène Erica Falck, écrivain, et son mari le policier Patrick Hedström. Comme pour les tomes précédents, on alterne flashbacks et moments présents, l'enquête et la vie quotidienne de personnages qui nous sont maintenant familiers. La Sirène, c'est aussi le titre du roman écrit par Christian Thydell, bibliothécaire à Fjällbacka, aperçu dans le tome précédent. Au début du roman, son livre vient de sortir et reçoit un accueil formidable de la presse. Le roman est très noir, Christian réservé sur son passé - il n'a dit à personne qu'il reçoit des lettres de menaces depuis qu'il a commencé à l'écrire, des lettres écrites par une mystérieuse femme...

Bien sûr, le passé, la disparition de Magnus au tout début du livre, les lettres de menace, le roman, tout est lié. Et tout semble tourner autour de elle, la sirène, femme mystérieuse et séduisante revenue du passé...

J'ai trouvé l'intrigue du livre particulièrement bien ficelée - particulièrement noire aussi, ce sont des événements atroces qui remontent du passé... J'ai beaucoup aimé aussi la manière dont Camilla Läckberg joue sur les codes de la sirène (la mer, la beauté fascinante qui ne peut conduire qu'au malheur, l'ambigüité, la noyade...). Par contre... j'ai deviné la fin bien avant qu'elle ne soit révélée - dès que j'ai fait le lien avec celle d'un film qui... Bon, je ne vends pas la mèche mais si vous l'avez lu, je pense que vous voyez à quel film je pense ?

Au départ, j'ai été déstabilisée par la voix du lecteur (j'ai écouté en livre audio), mais c'était simplement parce que ce n'était pas le même interprète que les tomes précédents. Je m'y suis très vite faite et j'ai apprécié sa manière de donner vie aux personnages - et ouf ! les noms propres étaient prononcés comme dans les tomes précédents, j'avais déjà été déstabilisée une fois par les "Molberg" qui devenaient "Melbeurg" et autres variantes de la prononciation suédoise (aucune idée de la vraie prononciation mais au moins, je m'y suis reconnue !).

Des points positifs, des points négatifs... mais beaucoup de noirceur, quand même. Un peu trop, peut-être (l'intrigue policière, c'est une chose, mais j'aime bien quand il y a un peu plus de positif du côté des personnages). Et une fin un peu... très "suite au prochain épisode".

Il y a un petit quelque chose qui m'énerve parfois, j'avoue. Camilla Läckberg n'abuserait-elle pas un peu de son ressort de suspens favori ? Celui qui consiste à dire quelque chose comme "il écouta attentivement le compte-rendu du légiste et raccrocha", puis "il résuma les conclusions du légistes à ses collègues qui l'écoutèrent, atterrés", puis l'un des collègues qui dit "je n'aurais jamais imaginé une chose pareille"... mais le lecteur doit attendre et encore attendre pour savoir de quoi il s'agit... Moi, j'aime bien savoir tout tout de suite et que cela ne prenne sens qu'à la fin - c'est un peu de la triche, là, non ? Mais en fait... je lui pardonne parce que je passe un bon moment de lecture à chaque fois, alors j'écouterai sûrement le tome suivant !

Petit bonus : je vous mets cette vidéo trouvée sur le site d'Actes Sud... qui ne présente pas du tout le livre (comme je le pensais) mais fait un peu plus connaitre son auteur. ;)

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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 17:47
Du domaine des Murmures - Carole Martinez

Imaginez... Vous marchez doucement au milieu de vestiges du Moyen Âge et soudain, une voix surgit des pierres, comme un murmure... Esclarmonde, elle qui vécut un destin extraordinaire sans jamais quitter sa cellule, vous entraîne dans ce douzième siècle sauvage et exalté, où la folie de Dieu se mêle à celle des hommes, où les légendes s'ancrent dans la réalité...

Du domaine des murmures est un très joli livre, ciselé, un peu cruel, aux personnages forts, qui nous emmène là où on ne l'attend pas. Là où moi, en tout cas, je ne m'y attendais pas.

Loin de l'image d'une ermite, Esclarmonde est une jeune femme indépendante, qui n'a pas d'autre choix pour s'affirmer et refuser la vie (et le mariage) qu'on lui a choisi que de demander, de manière spectaculaire, à se retirer du monde. On lui construit une chapelle et une petite cellule : elle assiste à ses propres funérailles dans la première avant d'entrer dans la seconde. On mure l'entrée, elle doit y rester jusqu'à sa mort. Il ne devrait plus rien se passer pour elle... et au contraire, ce n'est que le début de son histoire.

La colère de son père, le désespoir de son fiancé qui la regarde vraiment pour la première fois au moment où elle refuse de l'épouser, la ferveur des villageois pour qui elle fait figure de sainte, l'amitié d'autres femmes, atypiques et indépendantes comme elle dans un monde d'homme... sa tombe n'est pas coupée du monde et les joies comme les drames peuvent encore y survenir...

Une très bonne surprise, donc, que ce petit roman, même s'il m'a donné envie de lire quelque chose d'un peu plus léger juste après...

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Published by anne(tte) - dans Mes lectures
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