14 septembre 2017 4 14 /09 /septembre /2017 10:32

C'est l'histoire d'une famille, celle de Danny Wattin. Une famille pas tout à fait comme les autres, il l'explique dès le début du livre : "quand on se passionne pour la généalogie, être le fils et le petit-fils de survivants de la Shoah présente indéniablement des avantages et des inconvénients uniques."

Dans cette famille, on raconte une histoire ; Danny l'a, comme son père avant lui, répétée à ses enfants : avant sa disparation, le grand-père Isakowitz a enterré ses biens les plus précieux sous un arbre de son jardin. C'est alors que Léo, son petit garçon de 9 ans, énonce l'évidence : si la famille possède un trésor, il faut partir à sa recherche.

Et voilà Léo, Danny et son père qui se lancent dans un voyage sur les traces de leur famille, direction Marienwerder, qui fait aujourd'hui partie de la Pologne et porte un nom polonais.

Plus qu'un voyage vers la Pologne, c'est un voyage dans une famille auquel le lecteur est invité. Un famille riche de personnages hauts en couleur, et c'est surtout l'humour qui domine, même si leurs histoires font revivre les drames de la guerre. Je ne sais pas si cet humour est ce qu'on appelle de l'humour juif ; ce qui est sûr, c'est que ce livre m'a fait très souvent rire, m'a émue aussi. Au fil des pages, on s'attache aux personnages de cette histoire "largement autobiographique" dit l'éditeur. Je souhaite à l'auteur que son père soit quand même un peu plus facile à vivre que ça - mais qu'est-ce qu'il m'a fait rire ! Ses remarques à l'emporte-pièce, sa mauvaise foi pour avoir plus de bonbons... Un personnage extraordinairement attachant, et rendu très vivant par l'interprétation de Christophe Bozom - total respect pour lui, d'ailleurs, qui ne recule ni devant la lecture des noms polonais ou hébreux, ni devant les citations en anglais ou en allemand (alors que je ne suis pas sûre qu'il soit germanophone, mais en tout cas j'arrivais à comprendre à peu près ce qu'il disait en allemand avant que la citation ne soit traduite).

Bref, un joli voyage en Pologne et dans la mémoire d'une famille juive, allemande puis suédoise, les liens qui se tissent entre un homme, son fils et son père... Une très belle manière de conclure mes lectures audio de l'été en prolongeant un peu les vacances !

Ce livre est le dernier titre que j'ai reçu dans le cadre du partenariat #LaValiseAudible - un partenariat dont je suis à la fois fière et heureuse, parce que j'apprécie les livres d'Audible depuis des années ! Comme d'habitude, je vous donne mon avis comme si je l'avais acheté - d'ailleurs, j'ai eu la chance de pouvoir choisir mes titres, je ne devrais donc pas trop m'étonner de les avoir tous aimés ! ;)

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25 août 2017 5 25 /08 /août /2017 18:31

L'été tous les chats s'ennuient... Le titre a attiré mon attention tout de suite. Et la couverture, aussi : une partie en couleur, une partie en noir et blanc, une caravane dans le fond. De quoi ce livre pouvait-il parler ?

Un petit coup d'œil au résumé m'apprenait que c'était un roman policier et qu'il se passait dans les PO (les Pyrénées Orientales, pour les intimes) où nous sommes souvent allés en vacances ou en week-end rendre visite à mes parents. Quelques secondes d'écoute de l'extrait... et j'étais accrochée. Ce livre-là avait l'air parfait pour moi, pour cet été, pour tout de suite, en fait.

Il a donc accompagné la première quinzaine d'août (et la confection d'un doudou tout bleu tout marin, comme de juste).

Un intrigue retorse, bien menée, autour de la disparition de jeunes filles néerlandaises, ce qu'il faut de détails sur la vie du commissariat ou la famille de l'inspecteur, des rebondissements... Tous les ingrédients d'un bon polar y sont et ce n'est qu'au milieu de ma lecture que j'ai découvert que ce roman avait eu le Prix SNCF du Polar français. Ah oui, tout de suite, je comprends mieux... On est plus dans le thriller que le roman policier, le suspens dure jusqu'à la fin de l'étrange jeu du chat et de la souris qu'instaure le criminel.

Les enquêteurs se rendent à Canet, Argelès ou Collioures, l'inspecteur cherche des indices sur la place de la Catalogne "devant le prestigieux bâtiment des Dames de France" (ah oui, là où il y a la FNAC !)... j'ai adoré retrouver des endroits connus, plus ou moins familiers - mais si on ne connaît ni Perpignan, ni les PO, ce n'est pas très grave, on imagine bien quand même !

J'ai l'habitude d'écouter plutôt des titres édités par Audiolib - là, le roman enregistré par Audible Editions. Qu'est-ce que ça donne ? Ici, pas de musique entre les chapitres. J'apprécie beaucoup ces coupures musicales, l'ambiance et les pauses qu'elles induisent, mais en fait, leur absence ne m'a pas gênée. La voix de l'interprète, Julien Bocher, est agréable et on le suit avec plaisir dans les investigations de Sebag et Molina.

Verdict : encore une lecture très agréable (je ne vais pas avoir l'air objective mais je ne vais pas mentir non plus ;) en même temps, c'est moi qui ai choisi les titres, ça limitait les risques !). Et le nouveau doudou de ma miss a comme un petit air criminel... heureusement que je suis la seule à le voir !

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22 août 2017 2 22 /08 /août /2017 17:02

Alors que la rentrée littéraire 2017 s'annonce, j'en suis encore à des lectures de la rentrée littéraire 2016. Côté actualité, on peut mieux faire... quoique, les titres de l'an dernier sont peut-être sur le point de sortir en poche ?

Le dernier des nôtres - Adélaïde de Clermont-Tonnerre

Cette "dernière" lecture de la rentrée littéraire 2016 (il y en aura sans doute d'autres, en fait), c'est Le dernier des nôtres d'Adélaïde de Clermont-Tonnerre. J'ai accroché tout de suite, dès le premier chapitre, qui m'a tellement fait sourire quand je l'ai feuilleté à la bibliothèque que je suis partie avec sans hésiter. J'ai eu un peu plus de mal avec le second et puis tout s'est enchaîné et les presque 500 pages sont passées à toute allure.

Deux histoires se mêlent en fait, deux époques et deux ambiances bien différentes. En 1970, Werner Zilch, jeune promoteur ambitieux de New York, tombe fou amoureux d'une mystérieuse inconnue. Lui qui collectionnait les conquêtes ne comprend pas ce qui lui arrive, et Marcus, son meilleur ami, non plus. Il en est sûr : cette femme dont il ignore le nom est la femme de sa vie. Quand elle quitte le restaurant où il l'a aperçue, il se lance à sa poursuite sans réfléchir.

En parallèle, on découvre les événements tragiques qui ont eu lieu à Dresde, en 1945, là où Werner a vu le jour. Lui en ignore tout, puisqu'il a été adopté. Comment cette histoire de la fin de la guerre dans l'Allemagne nazie va-t-elle rejoindre la romance bien plus légère des années 70 ?

Le lecteur a très vite des indices, avant que Werner n'en découvre plus sur ses origines, mais cela ne nuit jamais au plaisir de lecture. Et on se laisse embarquer jusqu'aux dernières pages. Une belle lecture pour ces vacances que je vais m'empresser de mettre bien en vue à la bibliothèque !

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18 août 2017 5 18 /08 /août /2017 09:49

"Si l'été n'est pas l'occasion de prendre de meilleures habitudes santé, je vois pas quand !" C'est ce que j'ai pensé quand j'ai découvert Et si on arrêtait de se mentir parmi les titres proposés pour #LaValiseAudible. Une version audio, à écouter en tricotant (ou en pliant le linge, épluchant les légumes... c'est aussi ça, la vraie vie !). En plus, pour une fois, pas de meurtre au programme de mon livre audio, il peut donc être entendu par les petites oreilles qui traînent !

Ma culture sportive étant ce qu'elle est, le nom de l'auteur ne me disait rien. J'ai fureté sur le net pour apprendre que c'est un ancien cycliste, qui a dénoncé le dopage et écrit plusieurs livres sur l'alimentation et la santé. Celui-ci est un petit livre, qui s'écoute vite (à peine un peu plus de trois heures). L'interprête, Ali Guentas, a une voix chaleureuse et on a tout a fait l'impression de bavarder avec le coach, qui égraine anecdotes et conseils.

Les premiers chapitres traitent beaucoup de la perte de poids, ou de l'arrêt de la cigarette. Comme j'ai la chance de n'avoir jamais eu de souci de surpoids (mon truc, ça serait plutôt l'inverse) et de n'avoir jamais fumé, je me suis demandé si j'avais bien choisi mon titre. Ce n'est pas pour ça que j'ai un corps de rêve musclé de partout, hein. ;) J'ai trouvé ce que j'attendais dans la seconde moitié : sommeil, alimentation saine, la quarantaine... C'est une écoute qui amène à se poser les bonnes questions et donne sérieusement envie de se (re)mettre au sport.

L'auteur promet de démonter les idées reçues avec bon sens et modération et c'est exactement ça. Souvent, il venait conforter ou expliquer ce que je savais déjà mais j'ai été surprise de me rendre compte que moi aussi, j'avais quelques idées fausses (vous le saviez, vous, qu'un bain chaud n'était pas favorable à l'endormissement ?). Bien sûr, je ne vais pas tout mettre en pratique tel quel : il est plus pour la muscu, je fais du pilates... mais je suis sûre que ça doit marcher aussi !

Et puis, il a gagné ma reconnaissance éternelle en validant une habitude familiale : le "petit eleven". Quand j'ai découvert dans un article de Kate Davies que les britanniques font une pause pour le thé à onze heures, j'ai tellement aimé l'idée que j'ai instauré ça à la maison : un petit thé, quelques amandes ou noisettes, des fruits secs (abricots, raisins), éventuellement un petit bout de pain et un carré de chocolat... J'ai vite remarqué que c'était ce qui me manquait pour faire face au sprint du midi avec ses allers-retours à l'école et le repas à faire et servir dans un temps record pour ne pas rater le bus. Et là, d'après Erwann Menthéour, c'est le menu de l'encas idéal de onze heures ? Je suis vite allée me vanter auprès de mon mari pour ma justesse diététique - pour être honnête, en vrai, ce serait plutôt sans le morceau de pain et le carré de chocolat... personne n'est parfait...

Comme pour Nymphéas Noirs, j'ai eu la chance de recevoir ce livre dans le cadre du partenariat #LaValiseAudible. Et là aussi, je vous donne mon avis comme si je l'avais acheté. Vous pouvez découvrir un extrait du livre ici (c'est important, pour un livre audio, de vérifier si on accroche à la voix du narrateur).

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10 août 2017 4 10 /08 /août /2017 16:04

Bluffant. Il n'y a pas d'autre mot. Il y longtemps que je n'avais pas été piégée comme ça par un roman policier...

J'avoue, je ne m'y attendais pas... Au moment de le commencer, j'imaginais, je ne sais pas pourquoi, une intrigue à la Camilla Laeckberg. Un roman où je retrouverais le charme du dépaysement, des personnages attachants à suivre de tome en tome, des rebondissements que j'aurais vu venir mais dont j'aurais pardonné le côté attendu...

Je me suis donc embarquée avec bonheur pour Giverny, la maison de Monet et l'étang aux nymphéas. Et les premières pages ne m'ont pas déçue. On imagine la campagne, on se promène dans les rues, entre les touristes, on découvre le village à travers les yeux de ses habitants, ceux qui restent et voient les touristes défiler. Et bien sûr, il y a un meurtre, un inspecteur, des suspects.

Mais tout devient vite plus compliqué. Parce que ce meurtre ressemble à un autre meurtre, qui a eu lieu des années avant, en 1936. Parce que les intuitions de l'inspecteur ne rejoignent pas celles de son adjoint. Parce que l'institutrice, à laquelle s'intéresse la police, est un peu trop jolie. Et surtout parce que nous avons été mis dans la confidence dès le début par cette vieille femme qui en sait beaucoup mais à qui personne ne prête attention : "Trois femmes vivaient dans un village. La première était méchante, la deuxième était menteuse, la troisième était égoïste." Un début comme un conte de fées. Un conte cruel, puisqu'elle nous dit aussi que deux des trois femmes ne survivront pas aux jours décisifs qui s'annoncent...

Cette vieille femme est merveilleusement incarnée par Colette Sodoyez. Le livre alterne les chapitres à la première personne (racontés, donc, par la vieille femme) et d'autres, à la troisième personne - et la voix de Colette Sodoyez se métamorphose pour devenir la narratrice neutre ou la vieille femme qui a trop vécu et observe le monde de la fenêtre du "moulin de la sorcière" et que l'on reconnaît instantanément. Son interprétation enrichit le texte de nuances, faisant sentir ici l'humour, là l'amertume...

L'intrigue se développe, on cherche des pistes, on croit avoir deviné, et puis en fait non, on s'inquiète du sort de la petite Fanette ou de Stéphanie, l'institutrice, on se demande qui est cette vieille femme et ce qu'elle sait exactement. Et quand le puzzle s'assemble, on se rend compte qu'on fait fausse route depuis le début. Ou plutôt, qu'on a plus qu'à désassembler toutes les pièces pour les mettre dans un ordre complètement différent, inattendu, et où pourtant tout s'emboite...

Un vrai plaisir d'intrigue policière.

Et maintenant, je me demande : est-ce que Michel Bussi peut faire aussi fort une autre fois ? J'adorerais, mais je ne vois pas comment. Et en même temps... là, je n'aurais jamais imaginé ça alors... il est peut-être capable de tout ?

 

J'ai eu le plaisir de découvrir ce roman dans le cadre du partenariat #LaValiseAudible. Je vous en dis quelques mots, pour plus de transparence : on m'a proposé de choisir quatre titres, de les écouter et les chroniquer au fil de l'été. Un partenariat de rêve avec un partenaire que je connais depuis des années, puisque je prends mes livres chez Audible depuis... 2006 ! Bien sûr, à chaque fois, je vous donnerai un avis sincère, exactement comme si je l'avais acheté. ;)

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 11:22

Parfois, en lisant le livre, en voyant la couverture, on sent tout de suite dans quelle ambiance un livre va vous plonger, quel genre d'histoire on va découvrir. Ici, la couverture est complétée d'une petite phrase d'accroche... et ni l'image, ni le titre, ni la phrase d'accroche ne donnent vraiment une idée de ce qui nous attend à la lecture.

A la claire riviève - Katherine Webb

Qu'aurait-il fallu mettre sur la couverture, alors ? Moi, je dirais une maison isolée, près d'une falaise, avec un ciel de tempête et des vagues qui se brisent sur les rochers. Ou un croquis, portrait à peine esquissé mais vivant d'une jeune fille un peu sauvage, penchée sur un panier. Ou une femme, frêle, très belle, marchant au bord de la falaise sous un ciel marbré de nuages. Ou peut-être une vieille femme, seule, habillée de noir, guettant derrière sa fenêtre celui qui viendra révéler le secret qu'elle garde enfoui depuis des dizaines d'années...

Quant au titre, c'est un très beau titre - c'est seulement que le titre original, A half forgotten song, lui va tellement mieux...

Quelques mots sur l'histoire ? Imaginez un petit village anglais en bord de mer, Blacknowle, dans le Dorset, à la fin de l'été. Zach décide de s'y rendre pour travailler à un livre sur Charles Aubrey. Tout a été écrit sur ce grand peintre, Zach voudrait faire quelque chose de différent, de personnel, il sent qu'il y a quelque chose à découvrir dans ce village qui a été l'un des derniers lieux de résidence d'Aubrey avant son engagement inexplicable dans l'armée, en 1940. Cet engagement lui a coûté la vie peu après à Dunkerque.

Peut-être qu'à Blacknowle, Zach pourra retrouver des témoins du drame terrible qui avait touché Aubrey et sa famille ? Et peut-être pourra-t-il aussi en apprendre plus sur ces portraits de Denny, mis récemment aux enchères par un vendeur anonyme ? Un personnage dessiné plusieurs fois par Aubrey mais dont on ne sait pourtant rien...

Au fil des pages, on découvre les événements du présent et du passé - qui conduisent inéluctablement vers un drame qu'on a du mal à anticiper. L'histoire du passé prend souvent le pas sur celle du présent et pourtant tout est lié, tout se rejoint... et on a du mal à lâcher le livre avant la dernière page.

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16 juillet 2017 7 16 /07 /juillet /2017 09:35

Par où commencer ? Voilà trois fois que je réécris cet article et j'arrive toujours à la même conclusion : il faut que je commence par ce que ce livre n'est pas.

C'est que je l'avais abordé avec une idée fausse. Mettant ensemble le peu que je savais de l'auteur (j'avais lu le début de 99F il y a des années) et le quatrième de couverture (qui parlait de l'histoire d'amour entre Salinger et une adolescente), je m'imaginais un texte un peu cru, provocateur, un de ces livres qui jouent à vous mettre mal à l'aise en s'attardant sur les aspects les plus sombres... J'avais tout faux.

Oh, Beigbeder lance bien quelques petites piques par ci par là, allusions à tel ou tel personnage célèbre (qui m'échappe le plus souvent) ou description un peu complaisante de ses défauts, cultivant son côté "sale gosse". Mais avec le charme de la voix d'Edouard Baer, ça passe tout seul. Et puis ce n'est vraiment pas l'essentiel, dans ce roman. C'est même tout à fait anecdotique (et sans mes a priori de départ, je n'y aurais même pas prêté attention).

En fait... c'est une très belle histoire d'amour.

Oona est très jeune au début du livre, mais c'est déjà une jeune femme : elle vit le plus souvent chez une amie, sort tous les soirs dans les bars branchés où elle fait la pluie et le beau temps, elle a l'habitude que les hommes soient fascinés par sa beauté et son nom célèbre (son père est l'un des plus grands dramaturges américains de son époque). Salinger est un grand jeune homme timide qui rêve de devenir écrivain. Deux jeunes gens qui se rencontrent en 1940, qui tombent amoureux. Surtout lui. Et tout est là, déjà, dans ce "surtout lui".

Les histoires d'amour ne sont jamais simples, sans doute, et l'histoire entre une jeune fille faussement superficielle et un jeune ambitieux qui place la littérature au dessus de tout ne pouvait pas l'être, surtout en 1940, quand Hitler envahit l'Europe tandis que la jeunesse dorée fait la fête au Stork Club de New York. Beigbeder en fait un vrai roman, très bien construit, il a beaucoup de tendresse pour ses personnages, nous fait revivre la légèreté des soirées au champagne comme le chaos des combats du débarquement. Pour faire découvrir, réinventer peut-être, deux destins exceptionnels.

J'ai écouté ce livre sans rien savoir ou presque de la vie d'Oona et Salinger, surprise de chaque rebondissement, comme dans un ouvrage de fiction. Et je crois que c'est ce qu'aurait voulu l'auteur. Deux personnes réelles qui deviennent de vrais personnages de fiction. Et comme dans tous les bons romans, on finit par les connaître comme des personnes. Je ne sais pas si ce livre est fidèle à la réalité mais finalement, est-ce que c'est important ? (là dessus, je vous renvoie au premier chapitre, mais ce serait tellement dommage de vous le raconter)

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8 juillet 2017 6 08 /07 /juillet /2017 08:04
La bibliothèque des cœurs cabossés - Katarina Bivald

Sara Lindqvist préfère les livres : ils sont tellement plus intéressants que les gens ! D'ailleurs, c'est grâce à eux qu'elle a fait la connaissance de son amie Amy Harris. A travers les lettres et les livres qu'elles se sont échangés, elles sont devenues proches malgré les milliers de kilomètres qui les séparent. Même si Amy a soixante-cinq ans et Sara vingt-huit. Quand la librairie où travaille Sara ferme, c'est l'occasion rêvée : quitter la Suède pour trois mois et découvrir l'Iowa, passer des journées tranquilles avec Amy, lire et parler des livres. Et puis, Amy lui a tellement parlé de Broken Wheel et de ses habitants qu'elle a l'impression de déjà tous les connaître...

Voilà un roman que j'ai eu du plaisir à lire ! Une belle histoire, des personnages attachants, une touche d'optimisme, et bien sûr, les livres. Parce qu'il est beaucoup question de livres ici : les livres échangés, les livres conseillés, les livres laissés par Amy, les livres de l'improbable librairie créée par Sara. Oui, parce qu'il s'agit d'une librairie et pas d'une bibliothèque mais peu importe, en fait. La passion de Sara pour les livres, son souhait de faire découvrir à chacun le livre qui est fait pour lui, c'est la même que celle d'une bibliothécaire. Et puis, j'adore la manière iconoclaste dont elle classe les livres dans sa librairie (je vous laisse découvrir mais ça donne des idées à la bibliothécaire que je suis !).

Ce gros roman de 500 pages se lit en un rien de temps et est comme on l'imaginerait à regarder sa couverture : un roman qui fait du bien. Un roman optimiste et drôle, plein de fantaisie, et qui donne quelques idées de lecture - moi, je n'ai jamais lu Les beignets de tomate verte, et même pas non plus Millenium. Et on s'identifie forcément un peu à Sara, la grande lectrice, qui pense que pour certains livres, il faut mettre des affiches de mise en garde "attention fin malheureuse !" parce que "comment peut-on exiger des messages d'avertissement sur les paquets de cigarettes, mais pas pour les livres tragiques ?"

De mon côté, je ne suis pas très loin de croire qu'à force, l'abus de livres tragiques est préjudiciable à la santé. En tout cas, ce livre-ci est un excellent antidote !

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1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 17:07

Après la lecture laborieuse de La vie des elfes, j'avais envie de quelque chose qui se lise vite, facilement. De finir mon livre d'une traite et que la lecture soit agréable de bout en bout... c'était le bon moment pour lire Riquet à la houppe d'Amélie Nothomb.

Vous le savez, j'adore les contes, et j'ai un petit faible pour Riquet à la houppe - j'avais choisi de lire il y a quelques années à une classe de GS lors d'une séance sur les contes de Perrault (dans une version adaptée, le texte intégral aurait été un peu long !). Les enfants connaissent de moins en moins les contes classiques, je trouve ça tellement dommage ; il y a de vrais trésors dans ces contes alors j'essaie de leur en faire découvrir tous les ans !

Revenons à Amélie Nothomb. Dans cette interview, elle explique qu'elle a choisi de réécrire ce conte-ci pour deux raisons. D'abord, il est peu connu (comme quoi, j'ai des points communs avec Amélie Nothomb !). Et ensuite, il se rapproche de La belle et la bête, sauf que la belle tombe amoureuse d'un monstre et se retrouve avec un prince, ce qui est très injuste, alors que la belle de Riquet à la houppe garde le monstre dont elle est amoureuse (!). J'aime beaucoup sa manière de voir les choses (même si La belle et la bête reste l'un de mes contes préférés !).

Alors, le conte de Riquet à la houppe version Amélie Nothomb, qu'est-ce que ça donne ? Un livre drôle, infiniment spirituel, un petit plaisir de lecture - petit parce qu'il se lit en un éclair mais j'ai eu le sourire aux lèvres tout au long des pages.

Il commence ainsi :

"Enceinte à quarante-huit ans pour la première fois, Enide attendait l'accouchement comme d'autres la roulette russe."

(Si cette phrase vous a plu, vous pouvez vous lancer les yeux fermés, vous ne serez pas déçus.)

Le livre débute en effet avec deux naissances : Déodat, le fils d'Enide, monstrueusement laid mais peut-être aussi monstrueusement intelligent, et la petite Trémière, dont la beauté suscite à la fois admiration et jalousie. Parce que la beauté n'est pas mieux traitée que la laideur dans la cour de récréation, d'autant que Trémière a vite la réputation d'être sotte (pas sûr que cela soit la réalité).

Au fil des pages, chacun s'adapte et mène sa vie jusqu'au jour de leur rencontre...

Vous l'avez compris, j'ai beaucoup aimé ce livre, le choix du conte, la réécriture du conte, l'humour... et encore plus le dernier chapitre, où Amélie Nothomb assène comme en passant quelques petites vérités sur "les littératures dignes de ce nom". Je ne pourrais pas être plus d'accord avec elle !

 

Deuxième lecture du Challenge 1% Rentrée littéraire.

Défi perso : Je lis la rentrée littéraire à la bibliothèque.

 

Alors, un petit mot sur ce défi : tout de suite après la rentrée, j'ai lu plusieurs romans coup sur coup... et je ne les ai pas chroniqués. Je vais peut-être quand même faire un article pour partager tout ça, hors délai pour le challenge, juste pour le plaisir ! Tous les ans, c'est la même chose : je me lance pleine d'enthousiasme et je n'atteinds jamais les 6 livres. Mais comme tous les ans, je fais de superbes découvertes littéraires avec ce challenge... j'y retourne à chaque fois !

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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 08:15

Ça vous est déjà arrivé, de ne pas vous sentir assez intelligent pour le livre que vous êtes en train de lire ? Parce que c'est vraiment la meilleure manière que j'ai trouvée pour expliquer l'impression que m'a laissée La vie des elfes de Muriel Barbery.

Tous les ingrédients semblaient être réunis pourtant pour que ce livre me plaise - et je comprends tout à fait pourquoi une amie me l'a offert. Du merveilleux, de la poésie, la frontière ténue entre le réel et l'imaginaire, un style très littéraire... Trop littéraire, peut-être ? Pour ma défense, Proust est l'un de mes écrivains préférés, est-ce que ça compte comme référence d'écrivain littéraire ? Mais Muriel Barbery... c'est trop compliqué pour moi.

Reprenons depuis le début. Tout commence avec deux petites filles : Maria et Clara. Maria, "la petite des Espagnes", vit dans un petit village du Morvan, sous la protection d'une famille de fermiers, passe son temps à grimper dans les arbres et à parler aux animaux. Tout le monde sent bien dans le village qu'il y a en elle quelque chose d'extraordinaire sans pouvoir vraiment expliquer pourquoi. Clara est orpheline elle aussi et vit dans les montagnes d'Italie. Le jour où un piano arrive à l'église du village, quelque chose se révèle et ce n'est pas seulement sa capacité prodigieuse à jouer du piano sans l'avoir jamais appris. A travers la musique, Clara semble atteindre quelque chose d'autre, quelque chose d'extraordinaire...

Vous comprenez pourquoi tous les ingrédients étaient réunis ? Cette histoire, j'ai eu immédiatement envie de la suivre, de me laisser bercer par les mots, de découvrir aux côtés de Maria et Clara la poésie de la nature et de la musique. Mais... qu'est-ce que j'ai eu du mal à lire ce livre ! Je crois comprendre l'intention de l'auteur qui sème les indices au fil des pages pour que l'histoire se découvre peu à peu, que tout ne soit pas "bêtement exposé ; mais j'ai passé mon temps à revenir en arrière, à essayer de retrouver ce qui avait été dit pour petit à petit recoller les morceaux. A un moment, perplexe, j'ai voulu expliquer mon désarroi à mon mari en lui lisant un extrait (vous l'avez remarqué, il est souvent le témoin de mes enthousiasmes et doutes littéraires). J'ai commencé par lui dire que j'allais lui résumer avant de lui lire. Et là... révélation.

Moi : -  Ils sont en haut d'une colline. Enfin je crois. En tout cas, ils sont devant une ferme. En fait, je sais pas trop où ils sont.

Mon mari (le bon sens incarné) : - Et ça a une importance ?

Moi : Je sais pas. Peut-être. Parce qu'il y a une inondation qui arrive mais c'est peut-être juste une figure de style, ou alors c'est la pluie, en même temps, c'étaient des vagues qui remontaient la pente alors si c'est vraiment de l'eau, ça va pas les aider d'être en haut d'une colline.

Mon mari : ...

Moi : Euh, je te lis un extrait ?

(en vrai, j'ai piqué un fou rire au milieu de ce dialogue, voilà, vous savez tout)

Donc voilà, c'était simple : je n'avais à peu près rien compris à l'histoire. Rongée par le doute sur mes capacités littéraires, je suis allée voir les commentaires sur Babelio. Est-ce que j'étais la seule ? Visiblement, certains lecteurs ont trouvé ce texte génial, d'autres complètement indigeste. Ils le comparaient aussi aux livres précédents de Muriel Barbery mais ça ne m'avançait pas beaucoup, vu que je n'en ai pas lu d'autres.

Et surtout... c'est le premier tome d'une série. Ce dont je me doutais un peu arrivé vers la page 200 parce que ça n'avait pas l'air de prendre le chemin de se conclure en une centaine de pages.

Est-ce ma faute ? La sienne ? Le coup de foudre entre lui et moi n'a pas eu lieu. Vers la fin, les morceaux du puzzle ont commencé à se mettre en place - avec retours en arrière multiples pour retrouver par exemple le pourquoi de cette citation en français traduite en italien en bas de page, qui me disait quelque chose, ah oui, il y avait la moitié de la même citation en italien, traduite en français en bas de page, environ 150 pages avant... j'en ai peut-être manqué d'autres, de références, pardon Muriel Barbery. Et je suis arrivée au bout, renonçant à déterminer le sens d'une de la phrase suivante  : "Quelque chose se déchira en elle et fendit le ciel de son regard intérieur de zébrures d'encres qui se diluaient lentement puis disparaissaient dans un dernier lavis perlé de lumière". Est-ce son regard intérieur qui fend le ciel ou bien est-ce que c'est le ciel de son regard intérieur qui est fendu ? Le mystère restera entier mais après tout, comme le dirait mon mari : est-ce que ça a une importance ?

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