16 juillet 2017 7 16 /07 /juillet /2017 09:35

Par où commencer ? Voilà trois fois que je réécris cet article et j'arrive toujours à la même conclusion : il faut que je commence par ce que ce livre n'est pas.

C'est que je l'avais abordé avec une idée fausse. Mettant ensemble le peu que je savais de l'auteur (j'avais lu le début de 99F il y a des années) et le quatrième de couverture (qui parlait de l'histoire d'amour entre Salinger et une adolescente), je m'imaginais un texte un peu cru, provocateur, un de ces livres qui jouent à vous mettre mal à l'aise en s'attardant sur les aspects les plus sombres... J'avais tout faux.

Oh, Beigbeder lance bien quelques petites piques par ci par là, allusions à tel ou tel personnage célèbre (qui m'échappe le plus souvent) ou description un peu complaisante de ses défauts, cultivant son côté "sale gosse". Mais avec le charme de la voix d'Edouard Baer, ça passe tout seul. Et puis ce n'est vraiment pas l'essentiel, dans ce roman. C'est même tout à fait anecdotique (et sans mes a priori de départ, je n'y aurais même pas prêté attention).

En fait... c'est une très belle histoire d'amour.

Oona est très jeune au début du livre, mais c'est déjà une jeune femme : elle vit le plus souvent chez une amie, sort tous les soirs dans les bars branchés où elle fait la pluie et le beau temps, elle a l'habitude que les hommes soient fascinés par sa beauté et son nom célèbre (son père est l'un des plus grands dramaturges américains de son époque). Salinger est un grand jeune homme timide qui rêve de devenir écrivain. Deux jeunes gens qui se rencontrent en 1940, qui tombent amoureux. Surtout lui. Et tout est là, déjà, dans ce "surtout lui".

Les histoires d'amour ne sont jamais simples, sans doute, et l'histoire entre une jeune fille faussement superficielle et un jeune ambitieux qui place la littérature au dessus de tout ne pouvait pas l'être, surtout en 1940, quand Hitler envahit l'Europe tandis que la jeunesse dorée fait la fête au Stork Club de New York. Beigbeder en fait un vrai roman, très bien construit, il a beaucoup de tendresse pour ses personnages, nous fait revivre la légèreté des soirées au champagne comme le chaos des combats du débarquement. Pour faire découvrir, réinventer peut-être, deux destins exceptionnels.

J'ai écouté ce livre sans rien savoir ou presque de la vie d'Oona et Salinger, surprise de chaque rebondissement, comme dans un ouvrage de fiction. Et je crois que c'est ce qu'aurait voulu l'auteur. Deux personnes réelles qui deviennent de vrais personnages de fiction. Et comme dans tous les bons romans, on finit par les connaître comme des personnes. Je ne sais pas si ce livre est fidèle à la réalité mais finalement, est-ce que c'est important ? (là dessus, je vous renvoie au premier chapitre, mais ce serait tellement dommage de vous le raconter)

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8 juillet 2017 6 08 /07 /juillet /2017 08:04
La bibliothèque des cœurs cabossés - Katarina Bivald

Sara Lindqvist préfère les livres : ils sont tellement plus intéressants que les gens ! D'ailleurs, c'est grâce à eux qu'elle a fait la connaissance de son amie Amy Harris. A travers les lettres et les livres qu'elles se sont échangés, elles sont devenues proches malgré les milliers de kilomètres qui les séparent. Même si Amy a soixante-cinq ans et Sara vingt-huit. Quand la librairie où travaille Sara ferme, c'est l'occasion rêvée : quitter la Suède pour trois mois et découvrir l'Iowa, passer des journées tranquilles avec Amy, lire et parler des livres. Et puis, Amy lui a tellement parlé de Broken Wheel et de ses habitants qu'elle a l'impression de déjà tous les connaître...

Voilà un roman que j'ai eu du plaisir à lire ! Une belle histoire, des personnages attachants, une touche d'optimisme, et bien sûr, les livres. Parce qu'il est beaucoup question de livres ici : les livres échangés, les livres conseillés, les livres laissés par Amy, les livres de l'improbable librairie créée par Sara. Oui, parce qu'il s'agit d'une librairie et pas d'une bibliothèque mais peu importe, en fait. La passion de Sara pour les livres, son souhait de faire découvrir à chacun le livre qui est fait pour lui, c'est la même que celle d'une bibliothécaire. Et puis, j'adore la manière iconoclaste dont elle classe les livres dans sa librairie (je vous laisse découvrir mais ça donne des idées à la bibliothécaire que je suis !).

Ce gros roman de 500 pages se lit en un rien de temps et est comme on l'imaginerait à regarder sa couverture : un roman qui fait du bien. Un roman optimiste et drôle, plein de fantaisie, et qui donne quelques idées de lecture - moi, je n'ai jamais lu Les beignets de tomate verte, et même pas non plus Millenium. Et on s'identifie forcément un peu à Sara, la grande lectrice, qui pense que pour certains livres, il faut mettre des affiches de mise en garde "attention fin malheureuse !" parce que "comment peut-on exiger des messages d'avertissement sur les paquets de cigarettes, mais pas pour les livres tragiques ?"

De mon côté, je ne suis pas très loin de croire qu'à force, l'abus de livres tragiques est préjudiciable à la santé. En tout cas, ce livre-ci est un excellent antidote !

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1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 17:07

Après la lecture laborieuse de La vie des elfes, j'avais envie de quelque chose qui se lise vite, facilement. De finir mon livre d'une traite et que la lecture soit agréable de bout en bout... c'était le bon moment pour lire Riquet à la houppe d'Amélie Nothomb.

Vous le savez, j'adore les contes, et j'ai un petit faible pour Riquet à la houppe - j'avais choisi de lire il y a quelques années à une classe de GS lors d'une séance sur les contes de Perrault (dans une version adaptée, le texte intégral aurait été un peu long !). Les enfants connaissent de moins en moins les contes classiques, je trouve ça tellement dommage ; il y a de vrais trésors dans ces contes alors j'essaie de leur en faire découvrir tous les ans !

Revenons à Amélie Nothomb. Dans cette interview, elle explique qu'elle a choisi de réécrire ce conte-ci pour deux raisons. D'abord, il est peu connu (comme quoi, j'ai des points communs avec Amélie Nothomb !). Et ensuite, il se rapproche de La belle et la bête, sauf que la belle tombe amoureuse d'un monstre et se retrouve avec un prince, ce qui est très injuste, alors que la belle de Riquet à la houppe garde le monstre dont elle est amoureuse (!). J'aime beaucoup sa manière de voir les choses (même si La belle et la bête reste l'un de mes contes préférés !).

Alors, le conte de Riquet à la houppe version Amélie Nothomb, qu'est-ce que ça donne ? Un livre drôle, infiniment spirituel, un petit plaisir de lecture - petit parce qu'il se lit en un éclair mais j'ai eu le sourire aux lèvres tout au long des pages.

Il commence ainsi :

"Enceinte à quarante-huit ans pour la première fois, Enide attendait l'accouchement comme d'autres la roulette russe."

(Si cette phrase vous a plu, vous pouvez vous lancer les yeux fermés, vous ne serez pas déçus.)

Le livre débute en effet avec deux naissances : Déodat, le fils d'Enide, monstrueusement laid mais peut-être aussi monstrueusement intelligent, et la petite Trémière, dont la beauté suscite à la fois admiration et jalousie. Parce que la beauté n'est pas mieux traitée que la laideur dans la cour de récréation, d'autant que Trémière a vite la réputation d'être sotte (pas sûr que cela soit la réalité).

Au fil des pages, chacun s'adapte et mène sa vie jusqu'au jour de leur rencontre...

Vous l'avez compris, j'ai beaucoup aimé ce livre, le choix du conte, la réécriture du conte, l'humour... et encore plus le dernier chapitre, où Amélie Nothomb assène comme en passant quelques petites vérités sur "les littératures dignes de ce nom". Je ne pourrais pas être plus d'accord avec elle !

 

Deuxième lecture du Challenge 1% Rentrée littéraire.

Défi perso : Je lis la rentrée littéraire à la bibliothèque.

 

Alors, un petit mot sur ce défi : tout de suite après la rentrée, j'ai lu plusieurs romans coup sur coup... et je ne les ai pas chroniqués. Je vais peut-être quand même faire un article pour partager tout ça, hors délai pour le challenge, juste pour le plaisir ! Tous les ans, c'est la même chose : je me lance pleine d'enthousiasme et je n'atteinds jamais les 6 livres. Mais comme tous les ans, je fais de superbes découvertes littéraires avec ce challenge... j'y retourne à chaque fois !

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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 08:15

Ça vous est déjà arrivé, de ne pas vous sentir assez intelligent pour le livre que vous êtes en train de lire ? Parce que c'est vraiment la meilleure manière que j'ai trouvée pour expliquer l'impression que m'a laissée La vie des elfes de Muriel Barbery.

Tous les ingrédients semblaient être réunis pourtant pour que ce livre me plaise - et je comprends tout à fait pourquoi une amie me l'a offert. Du merveilleux, de la poésie, la frontière ténue entre le réel et l'imaginaire, un style très littéraire... Trop littéraire, peut-être ? Pour ma défense, Proust est l'un de mes écrivains préférés, est-ce que ça compte comme référence d'écrivain littéraire ? Mais Muriel Barbery... c'est trop compliqué pour moi.

Reprenons depuis le début. Tout commence avec deux petites filles : Maria et Clara. Maria, "la petite des Espagnes", vit dans un petit village du Morvan, sous la protection d'une famille de fermiers, passe son temps à grimper dans les arbres et à parler aux animaux. Tout le monde sent bien dans le village qu'il y a en elle quelque chose d'extraordinaire sans pouvoir vraiment expliquer pourquoi. Clara est orpheline elle aussi et vit dans les montagnes d'Italie. Le jour où un piano arrive à l'église du village, quelque chose se révèle et ce n'est pas seulement sa capacité prodigieuse à jouer du piano sans l'avoir jamais appris. A travers la musique, Clara semble atteindre quelque chose d'autre, quelque chose d'extraordinaire...

Vous comprenez pourquoi tous les ingrédients étaient réunis ? Cette histoire, j'ai eu immédiatement envie de la suivre, de me laisser bercer par les mots, de découvrir aux côtés de Maria et Clara la poésie de la nature et de la musique. Mais... qu'est-ce que j'ai eu du mal à lire ce livre ! Je crois comprendre l'intention de l'auteur qui sème les indices au fil des pages pour que l'histoire se découvre peu à peu, que tout ne soit pas "bêtement exposé ; mais j'ai passé mon temps à revenir en arrière, à essayer de retrouver ce qui avait été dit pour petit à petit recoller les morceaux. A un moment, perplexe, j'ai voulu expliquer mon désarroi à mon mari en lui lisant un extrait (vous l'avez remarqué, il est souvent le témoin de mes enthousiasmes et doutes littéraires). J'ai commencé par lui dire que j'allais lui résumer avant de lui lire. Et là... révélation.

Moi : -  Ils sont en haut d'une colline. Enfin je crois. En tout cas, ils sont devant une ferme. En fait, je sais pas trop où ils sont.

Mon mari (le bon sens incarné) : - Et ça a une importance ?

Moi : Je sais pas. Peut-être. Parce qu'il y a une inondation qui arrive mais c'est peut-être juste une figure de style, ou alors c'est la pluie, en même temps, c'étaient des vagues qui remontaient la pente alors si c'est vraiment de l'eau, ça va pas les aider d'être en haut d'une colline.

Mon mari : ...

Moi : Euh, je te lis un extrait ?

(en vrai, j'ai piqué un fou rire au milieu de ce dialogue, voilà, vous savez tout)

Donc voilà, c'était simple : je n'avais à peu près rien compris à l'histoire. Rongée par le doute sur mes capacités littéraires, je suis allée voir les commentaires sur Babelio. Est-ce que j'étais la seule ? Visiblement, certains lecteurs ont trouvé ce texte génial, d'autres complètement indigeste. Ils le comparaient aussi aux livres précédents de Muriel Barbery mais ça ne m'avançait pas beaucoup, vu que je n'en ai pas lu d'autres.

Et surtout... c'est le premier tome d'une série. Ce dont je me doutais un peu arrivé vers la page 200 parce que ça n'avait pas l'air de prendre le chemin de se conclure en une centaine de pages.

Est-ce ma faute ? La sienne ? Le coup de foudre entre lui et moi n'a pas eu lieu. Vers la fin, les morceaux du puzzle ont commencé à se mettre en place - avec retours en arrière multiples pour retrouver par exemple le pourquoi de cette citation en français traduite en italien en bas de page, qui me disait quelque chose, ah oui, il y avait la moitié de la même citation en italien, traduite en français en bas de page, environ 150 pages avant... j'en ai peut-être manqué d'autres, de références, pardon Muriel Barbery. Et je suis arrivée au bout, renonçant à déterminer le sens d'une de la phrase suivante  : "Quelque chose se déchira en elle et fendit le ciel de son regard intérieur de zébrures d'encres qui se diluaient lentement puis disparaissaient dans un dernier lavis perlé de lumière". Est-ce son regard intérieur qui fend le ciel ou bien est-ce que c'est le ciel de son regard intérieur qui est fendu ? Le mystère restera entier mais après tout, comme le dirait mon mari : est-ce que ça a une importance ?

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6 juin 2017 2 06 /06 /juin /2017 10:47

Je viens de finir Les mille talents d'Euridice Gusmão : c'est drôle, c'est triste, c'est émouvant, la fin pourrait être ratée et en fait non, ça parle du Brésil dans les années 60 et ça parle de toujours et de partout... Vous l'avez deviné, c'est un gros coup de cœur.

Les mille talents d'Euridice Gusmão - Martha Batalha

J'ai d'abord aimé la couverture. Eh oui, je suis le genre de fille qui choisit les livres à leur couverture et celle-là m'a attirée tout de suite. Je me souvenais en avoir entendu parler, de ce livre, en bien, mais sans plus. Et comme j'hésitais, la bibliothécaire de permanence ce jour-là a su trouver les mots pour me convaincre : je le lirais vite, ce n'était pas grave si j'avais déjà emprunté un autre livre et puis, en plus, la couverture était assortie à mon bracelet, c'était un signe (!).

Je suis donc rentrée à la maison avec ce livre dans les mains, en expliquant à ma miss qui marchait à côté de moi que "c'était un livre sur une femme au foyer qui voulait faire autre chose dans sa vie", ce qui était à peu de chose près ce que j'avais retenu de ce que j'avais lu sur le net.

Les mille talents d'Euridice Gusmão - Martha Batalha

J'ai commencé à le lire le soir-même (en mettant de côté tous les livres que j'avais prévu de lire avant et ceux en cours) et c'est la langue qui m'a plu. On pourrait dire le style, n'ayons pas peur des grands mots ! Une langue merveilleusement traduite, forcément, parce que sinon la magie n'opérerait pas et que le style d'un livre traduit, c'est quand même le mélange de celui de l'auteur et de celui du traducteur.

Ce qui ressortait tout de suite, c'était l'humour. Un humour particulier, spirituel, un peu second degré, qui m'a parlé tout de suite. A tel point que je suis allée en lire un petit bout à mon mari qui s'affairait dans la pièce d'à côté, juste pour partager. Puis que j'en ai lu un bout à une lectrice de la bibliothèque (alors que je n'avais pas encore fini le livre). Alors, forcément, il faut que je partage aussi ici.

"Zélia collectionnait les frustrations, la plus grande étant de ne pas être le Saint Esprit, qui voyait et savait tout. En vérité, elle était plus proche du Grand Méchant Loup que du Saint Esprit, parce qu'elle avait de grands yeux pour mieux voir, de grandes oreilles pour entendre et une très grande bouche qui dispensait aux voisines les principales nouvelles du quartier. Zélia avait également un cou de tortue, qui semblait s'allonger chaque fois qu'elle voyait passer devant chez elle une personne qui l'intéressait. Cette femme était plus curieuse qu'un ornithorynque, et si elle ne soulevait pas l'indignation de toute sa rue, c'était simplement parce que Zélia n'était qu'une commère parmi tant d'autres vivant à cette époque à cet endroit."

Un petit bijou de paragraphe qui vous laisse deviner les autres (et que je préfère de beaucoup à l'extrait choisi pour la quatrième de couverture... mais c'est une question de goût !).

Petit à petit, j'ai découvert l'histoire, qui était effectivement celle d'une femme au foyer à qui cette vie ne suffit pas... mais ce serait vraiment une très mauvaise manière de résumer ce livre. Un autre petit extrait, pour situer le personnage.

"Parce que figurez-vous qu'Euridice était une femme brillante. Si on lui avait donné des calculs compliqués, elle aurait conçu des ponts. Si on lui avait donné un laboratoire, elle aurait créé des vaccins.Si on lui avait donné des pages blanches, elle aurait écrit des classiques. Mais on lui donnait des culottes sales, qu'elle lavait aussi vite que bien, avant de s'asseoir sur le sofa, de regarder ses ongles et de se demander à quoi elle aurait bien pu penser."

Donc, Euridice est une femme au foyer. Une femme qui "sait qu'on ne vaut pas grand chose quand on dit au jeune homme chargé du recensement d'écrire dans le champ "Profession" les mots "Femme au Foyer"." (promis, là, j'arrête les citations). Et son ou plutôt ses talents vont s'exprimer tout de même. Mais ce n'est pas le roman un peu convenu de la revanche d'une femme au foyer sur la vie. Juste l'histoire d'une femme à l'étroit dans sa vie. Et aussi d'autres femmes : sa sœur, sa mère, sa voisine - et d'autres hommes (mari, commerçant du quartier, étudiant, pharmacien), tout un petit monde qui essaie tant bien que mal de vivre leur vie. Des histoires qui touchent, qui font réfléchir, et dont ne sont pas absents les sujets plus graves parce que la vie, là-bas, est aussi comme ça.

Les mille talents d'Euridice Gusmão - Martha Batalha

On passe d'un personnage à l'autre, d'une histoire à l'autre, pour revenir au personnage principal sans jamais être perdu, et les destins de ces femmes du Brésil des années 60 nous interrogent et nous font réfléchir, nous aussi, aujourd'hui.

Tout au long de ma lecture, j'ai eu un doute, pourtant : est-ce que ça n'allait pas se finir un peu en queue de poisson ? Ou alors de manière moralisatrice ? Ou dans la facilité ?

Et pas du tout. La déception que je craignais n'est pas venue : la fin est très réussie. Et la note de l'auteur, qui suit, aussi. En fait, j'ai adoré la fin - et c'est très dur de ne pas en parler... mais motus, pas question de vous gâcher le plaisir de la découverte.

Bref, coup de cœur du début à la fin. Comme quoi, quand on dit qu'il ne faut pas juger les livres à leur couverture...

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4 juin 2017 7 04 /06 /juin /2017 16:53

Kerstin Gier dédie son livre "à toutes les filles qui ont le cœur en pâte d'amande", qu'elles aient 14 ou 41 ans. Je suis plus près de 41 que de 14 ans mais j'avoue tout : moi aussi, j'ai un cœur en pâte d'amandes. J'ai dévoré sa trilogie avec autant de plaisir que ma grande de 12 ans (et avec un peu de compassion, parce que elle, elle a dû attendre des semaines entre chaque tome... la pauvre, si j'avais su !).

Rouge Rubis, Bleu Saphir et Vert Emeraude - Kerstin Gier

Dans la famille de Gwendolyn, c'est sa cousine, Charlotte, qui est spéciale. Elle est porteuse du gène du voyage dans le temps et sa mère attend avec impatience qu'elle ressente les vertiges annonciateurs de son premier saut dans le passé. Depuis toujours, Charlotte est préparée à ce destin extraordinaire : cours d'histoire, d'équitation, de danse, initiation aux "mystères". Gwendolyn a bien un pouvoir, elle aussi, mais personne ne le prend vraiment au sérieux : elle voit des personnes invisibles, les esprits de personnes décédées depuis des années, comme James, le sympathique jeune homme qui se promène dans les couloirs de son lycée.

Bien sûr, ce n'est pas Charlotte la porteuse du gène, mais bien Gwendolyn, la lycéenne "ordinaire". Elle va devoir apprendre en quelques jours ce qu'on a enseigné à sa cousine depuis toujours, intégrer la confrérie des Veilleurs, qui accompagne les voyageurs dans le temps depuis des siècles au service d'une mission mystérieuse, démêler les secrets de sa famille et découvrir si elle peut faire confiance à Gidéon, l'autre voyageur dans le temps, âgé d'à peine deux ans de plus qu'elle et qui n'est pas du tout, mais alors pas du tout son genre...

Rouge Rubis, Bleu Saphir et Vert Emeraude - Kerstin Gier

On a tous les ingrédients d'une certaine littérature ado : la lycéenne ordinaire qui prend conscience peu à peu de ses pouvoirs, la bonne copine qui partage tous ses secrets et l'aide dans sa quête, les rebondissements, l'humour, la touche de fantastique, l'histoire d'amour... mais qu'est-ce que c'est bien fait ! Les pages se tournent toutes seules et on prend un réel plaisir à se faire embarquer, à rire, s'émouvoir, et à redécouvrir son propre petit cœur en pâte d'amande, donc.

Moi qui ai tellement envie ces derniers temps de légèreté et d'histoires qui finissent bien, je n'ai pas boudé mon plaisir et j'ai été heureuse de partager cette lecture avec ma grande. D'ailleurs, je sais que je ne suis pas la seule parce que la libraire qui nous a vendu le tome 2 nous a aussi avoué avoir adoré les trois tomes !

Rouge Rubis, Bleu Saphir et Vert Emeraude - Kerstin Gier

(Petit bémol sur la couverture du tome 3 qui ne reflète absolument pas, je trouve, l'ambiance du livre... ils ont bien fait de prendre les affiches des films pour les deux premiers !)

C'est une règle quasi universelle, pourtant : je déteste les histoires de voyage dans le temps. Trop de paradoxes temporels, d'incohérences... il n'y a guère que dans Harry Potter que j'ai trouvé l'intrigue autour du voyage dans le temps bien construite ! Ici, j'ai trouvé que c'était très intelligemment utilisé, avec des incidents qui donnent des indices sur la suite du livre et qu'on attend pour "boucler la boucle" de l'intrigue.

Et j'ai beaucoup apprécié que l'étrange don de Gwendolyn, qui parle aux esprits ou aux gargouilles, soit traité sur le mode de l'humour, avec gargouille un peu trop collante qui cherche un ami ou fantôme qui donne des conseils de savoir vivre pour le 19ème siècle.

D'ailleurs, l'humour et une certaine légèreté de ton sont sans doute les ingrédients qui donnent toute leur saveur à ces romans et lui ont permis de tant m'accrocher - je ne me prononcerais pas pour ma miss, il faudrait lui demander. ;)

Rouge Rubis, Bleu Saphir et Vert Emeraude - Kerstin Gier

Alors bien sûr, j'avais deviné l'une des révélations finales du tome 3... au milieu du tome 1 ? Mais après tout, quelle importance ? Ici, on est clairement dans la lecture plaisir, celle où on se laisse raconter une histoire et qui nous emporte ailleurs. Et ça fait tellement du bien, parfois...

D'ailleurs, vous auriez d'autres titres à me conseiller, en ado ?

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 11:56

Ce roman, j'en ai entendu parler par deux amies différentes en l'espace d'une semaine. Puis je l'ai vu à la bibliothèque : c'était un signe. Je suis repartie avec, bien au chaud dans mon sac des vacances.

Et je danse aussi - Anne-Laure Bondoux, Jean-Claude Mourlevat

... et je n'ai pas été déçue. A peine commencé, je l'ai lu d'une traite, et c'était même compliqué d'interrompre la lecture. Il faut dire que la forme s'y prête, aussi : un échange de mail entre les personnages (ça se dit, "épistolaire", pour des mails ?), qui donne envie d'en lire "juste encore un" avant de fermer le livre... La lecture est passée comme un éclair, et commencé un soir, il était fini dès le lendemain.

Et je danse aussi - Anne-Laure Bondoux, Jean-Claude Mourlevat

(la photo, c'est pour vous donner une petite idée de "l'environnement de lecture" ;) )

Tout commence par un mail, donc : Pierre-Marie Sotto, écrivain à succès, répond à Adeline Parmelan qu'il ne connaît pas et qui lui a envoyé une enveloppe par la poste. Une grosse enveloppe, sûrement un manuscrit, et il refuse de lire les manuscrits. Son mail est formel, poli mais un peu froid peut-être. Adeline répond, surprise : ce n'est pas un manuscrit, elle insiste un peu, elle n'est pas une lectrice comme les autres. Mais rien à faire, Pierre-Marie ne veut pas ouvrir l'enveloppe et n'a pas très envie d'engager une correspondance avec une lectrice qu'il ne connaît pas...

Au fil des mails, Pierre-Marie et Adeline vont apprendre à se connaître - et le lecteur fait leur connaissance au même rythme, par petits bouts, appréciant lui aussi l'humour de l'une, les réflexions de l'autre, et se demandant ce que peut bien contenir cette fameuse enveloppe à l'origine de tout, qui attend en bas d'une étagère. Et il tombe sous le charme de ce gros livre, distrayant sans être trop léger, souvent drôle et parfois émouvant, comme Adeline et Pierre-Marie... Comme la vie, en fait.

Pour la petite histoire, le livre est né un peu comme la rencontre de Pierre-Marie et Adeline : un jour (un 24 février 2013), Jean-Claude Mourlevat a envoyé un mail à Anne-Laure Bondoux, qui lui a répondu... Au fil des messages, ces échanges improvisés ont pris forme et un roman est né. Cette petite histoire suffit pour donner envie de le découvrir, vous ne trouvez pas ? Et puis, Mourlevat est un écrivain que j'adore. Et puis, Pierre-Marie Sotto habite dans la Drôme. Et puis, la couverture fait envie. Et puis... faut-il vraiment donner d'autres raisons? Vous l'avez compris, c'est un coup de cœur ! ;)

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27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 13:05

On découvre son visage sur la couverture : la photo en noir et blanc d'une jeune femme, souriante, les cheveux bouclés, de bonnes joues un peu enfantines. Une jeune femme qu'on qualifierait de jolie, sympathique, mais sans doute pas d'exceptionnelle. Et pourtant, cette jeune femme a sauvé deux mille cinq cents enfants du ghetto de Varsovie, dans la Pologne occupée par les allemands. Elle s'appelait Irena Sendlerowa, elle était catholique et n'avait pas de raison particulière de se soucier du sort des juifs. Elle aurait pu attendre la fin de la guerre, en sécurité, et pourtant...

Comment des personnes "ordinaires" décident-elles un jour de s'engager dans une action qui paraît impossible, quels que soient les risques, uniquement parce que cela leur paraît juste ? C'est une question qui m'a toujours fascinée. Alors lorsqu'en décembre dernier, j'ai reçu un mail de LP Conseils me demandant si cela m'intéresserait de recevoir Irena Sendlerowa de Gilbert Sinoué... forcément, c'était oui !

J'ai commencé le livre conquise d'avance, prête à découvrir la vie d'une héroïne et à me replonger dans des événements historiques de la Seconde Guerre Mondiale. Et là, la bonne surprise, c'est qu'en plus de son sujet, Irena Sendlerowa est un vrai bon roman : une intrigue passionnante, de beaux personnages, avec bien sûr au centre Irena, pas du tout figée dans une image de "Juste parmi les nations" poussée par son destin, rien qu'une jeune femme qui ne peut pas abandonner les juifs à leur sort... C'est la force de ce roman, je trouve, de nous la rendre à la fois proche et exemplaire.

Au fil de l'histoire d'Irena, c'est aussi la vie quotidienne à Varsovie pendant l'Occupation qu'on découvre. Les doutes, la difficulté du quotidien, la volonté de survivre. L'impossibilité de croire qu'on puisse décider de faire disparaître le demi-million de personne du ghetto, comme ça, sans aucune raison.

On découvre aussi l'engagement de grandes figures (comme Korczak) ou d'inconnus - parfois, résister, c'est une toute petite action (ne pas remarquer dans la rue un enfant qui réclame sa grand-mère en yiddish, ouvrir sa porte à une femme en uniforme de prisonnier). Ça fait chaud au cœur de penser que ce sont des histoires vraies. Et malgré la gravité du sujet, finalement, ce qui domine, c'est l'espoir.

Une très belle découverte pour commencer cette année, je crois que je vais garder un œil sur les publications des Éditions Don Quichotte. ;)

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20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 16:50

Qui dit fêtes de Noël dit Twilight... je sais, là comme ça, ça ne paraît pas forcément logique, mais il y a un an (Noël 2015), j'ai eu un problème d'insomnie pendant les vacances de Noël et ça m'avait tellement amusée de lire une histoire de vampire en pleine nuit, dans le noir (sur ma liseuse), avec la pleine lune qui me guettait par la fenêtre (!).

Alors cette année, quand les fêtes sont arrivées, j'ai eu envie de lire le tome 2... et tant qu'à faire... j'ai aussi lu les tomes 3 et 4 ! (qu'est-ce que je vais lire en décembre 2017 ?)

Petit passage en revue, donc, des trois derniers tomes de La Saga du Désir Interdit (vous aussi, vous comprenez pourquoi on utilise toujours le titre original anglais... ce titre, franchement...).

Le tome 2 : Tentation. Première impression... qu'est-ce que ça se lit bien ! Il y a des moments où on recherche quelque chose de bien littéraire, une plume originale, une écriture qui ose des formes diverses... et il y a des moments (au hasard, après avoir lu Au commencement du septième jour), où on a juste envie de quelque chose de simple, qui se lit tout seul... Là, c'était tellement agréable, ces pages qui se tournent toutes seules, une histoire racontée dans l'ordre... Ce dont j'avais besoin, je crois.

Venons-en à l'histoire. Le personnage d'Edward n'est pas très présent, c'est surtout Jacob qu'on découvre et j'avoue que je l'ai trouvé beaucoup plus attachant que le héros Edward, tout "fascinant" qu'il soit. Comme pour le tome 1, heureusement que l'héroïne découvre son surprenant secret (hum) assez rapidement parce que ça aurait été longuet si elle s'était interrogée plus longtemps (des loups géants dans la forêt ? une légende indienne qui parle d'hommes loup ? des indiens qui cachent un secret ? ... qu'est-ce que ça peut bien être ?).

Bref, j'ai passé un bon moment et j'ai même eu envie d'enchaîner sur le tome suivant (ce qui est assez rare, chez moi, j'aime bien faire des pauses entre chaque tome d'une série).

Tome 3 : Hésitation. Cette fois-ci, Edward est de retour, son personnage devient plus intéressant. On en apprend plus sur les loups-garous, les vampires. Je ne pensais pas mais j'ai été prise dans l'histoire, y compris dans l'histoire d'amour. Edward est très "gendre idéal" quand même (surtout pour un vampire) mais on va quand même pas lui reprocher, c'est un peu l'idée de base de la saga. ;)

Là encore, on voit venir certains rebondissements à l'avance (on se doute bien que quand on nous dit régulièrement qu'il y a des meurtres à Seattle, il va finir par y avoir un lien avec l'histoire).

Et là encore, ça se lit si facilement et c'est tellement agréable, des fois, ce genre de lecture...

Tant que j'y étais... ben j'ai décidé de lire le dernier tome !

Tome 4 : Révélation. Le dénouement, donc. J'avoue que côté révélation, j'imaginais autre chose (l'origine des pouvoirs des personnages ? une raison qui expliquerait que Bella soit "prédestinée" à jouer un rôle central dans la vie et l'évolution des vampires ? un secret ressurgi du passé d'Alice ?). Pas grave, j'ai vite mis de côté le titre de toute façon - il y a quand même des choses révélées, ceci-dit, c'est sans doute juste mon imagination qui s'était un peu emballée (!).

C'est le seul tome dans lequel j'ai trouvé certaines scènes un peu gores (pas sûre de vouloir les voir au cinéma, celles-là). J'ai bien aimé le fait qu'il joue sur les points de vue, avec des parties racontées par des personnages différents (et pas toujours par Bella).

Comme pour les autres tomes, il se lit bien, à chaque chapitre, on a envie de connaître la suite. J'ai passé un bon moment aussi !

La fin reste assez ouverte, je ne sais pas s'il y a une suite ? (des fois que, pour Noël 2017, n'est-ce pas...).

Une conclusion, après ces trois tomes (et celui de l'an dernier) ? Moi qui avais refusé de les lire pendant des années parce que je n'aime pas les histoires de vampire, on est très très loin de l'ambiance d'Entretiens avec un vampire ou Nosferatu. Beaucoup moins noir, beaucoup plus léger ; plus fantasy que fantastique, en fait.

Je n'ai pas été transportée comme toutes les lectrices qui ont été "fascinées" par la saga Twilight mais j'ai passé un bon moment de lecture et je suis bien contente de les avoir lus - je pense que le fait que ce soient des romans phénomènes entre quand même pour une part dans ce plaisir de lecture (le côté "moi aussi, maintenant, je connais Twilight). Mais pas que, j'aurais bien aimé aussi sans ça aussi, je pense. ;)

Alors pourquoi pas, plus tard, un autre roman du même auteur ?

... d'ailleurs, vous en avez lu d'autres, vous ? Vous en avez pensé quoi ?

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Published by anne(tte) - dans Mes lectures Fantasy
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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 10:49

Je dois être un peu schizophrène. C'est ce que j'ai découvert en lisant ce roman : il y a deux parties de moi-même. Une partie qui l'a trouvé si original, sensible, ses descriptions si justes, ses personnages si vrais... et une autre partie qui s'est agacée, a pesté, râlé au fil de la lecture - en en faisant (un peu) profiter son entourage.

Avec persévérance (voire obstination), j'en suis enfin venue à bout. Au final, je suis contente de l'avoir lu, et je suis bien obligée d'admettre que c'est un livre dont je vais me souvenir longtemps - d'ailleurs, il est rare que mon mari profite du récit de ma lecture au fur et à mesure, que je lui raconte tel ou tel passage... ça n'était pas arrivé depuis Faillir être flingué (qui lui était un grand coup de cœur). Une chose est donc claire : voici un roman tout sauf anodin.

Au cas où vous hésiteriez à vous lancer dans l'aventure... je vous explique quand même un peu. ;)

Au commencement du septième jour est un livre qui repose sur des partis pris forts (peut-être est-ce le cas des autres livres de Luc Lang, mais c'était le premier que je lisais). Il fait le choix d'une écriture qu'on pourrait qualifier de "moderne" : pas de tirets pour indiquer les dialogues, qui sont parfois "intégrés aux paragraphes" (on arrive à suivre, mais ça demande un peu d'attention parfois), les phrases ne se terminent pas toujours par des points, les flashbacks s'intègrent dans le récit (on est dans les Pyrénées pour Noël, tout d'un coup c'est l'été, on comprend qu'il s'agit d'un souvenir, et quand Thomas marche dans la neige, on saisit qu'on est revenu au présent). Disons que le roman est exigeant avec son lecteur.

L'autre parti pris (et la partie de moi-même qui s'intéresse à comment sont construites les histoires, adore), c'est de se focaliser sur des moments "entre deux" : pas ceux où "il se passe des choses" mais ce qui arrive juste avant ou juste après, comment les personnages font face, comment ils évoluent, se reconstruisent. J'adore cette idée... mais ça demande un petit effort du lecteur là encore. On change de chapitre, on est dans la description de la préparation du repas (par exemple), et on découvre "en passant" qu'un des personnages principaux est mort. Luc Lang aurait pu nous raconter le décès, l'enterrement... eh non. C'est la visite au cimetière qui nous l'apprendra. A nous de combler les trous ("euh, elle est morte ? ça fait longtemps ? il y a quoi, d'écrit, sur la tombe ? il s'est passé... 6 mois ? un an ?"). Je ne sais pas comment font les autres mais moi, Luc Lang m'a perdue deux ou trois fois. Et j'ai failli craquer au début du livre 3 ("mais il est où, là ? en Afrique ? mais qu'est-ce qu'il fait en Afrique ???" puis retour en arrière pour essayer de retrouver si sa sœur est bien en Afrique et si oui, dans quel pays.. enfin, vous voyez).

Et là, quand j'en avais marre... il y avait un petit moment de grâce et je me disais que si, finalement, il était tellement bien écrit, ce livre.

Vous l'aurez deviné, à la fin du livre, on n'aura pas toutes les réponses (je ne vous raconte pas la fin mais disons que je me souviendrai longtemps des dernières phrases... si vous le lisez, vous comprendrez ;) ). Il y aura bien un secret de famille révélé (que j'avais vu venir à des kilomètres, là, pour le coup) mais il restera des zones d'ombres. De même que le cheminement de Thomas, le personnage principal, face à l'accident puis au décès de sa femme, à son propre passé, est loin d'être une démonstration, une réponse indiquant comment faire face. Il ne vaut que parce qu'il a quelque chose de vrai, de personnel.

A travers ces exemples de personnages, et son tableau si impitoyable d'un monde du travail non moins impitoyable (et de l'aveuglement de certains face à leur rôle dans la construction de ce monde impitoyable), le livre sonne très vrai aussi. De même que les petits moments de grâce des descriptions, donc, ces petites scènes du quotidien qui veulent dire beaucoup sur les sentiments ou la personnalité des personnages.

Je pourrai donc dire que c'est un très beau livre, bien écrit, original et juste. Et je pourrai aussi dire qu'il est difficile à suivre et que finalement, aller à la ligne et mettre des tirets pour les dialogues, c'est tellement conventionnel mais ça se lit tellement mieux aussi.

Au final... je ne sais pas trop. Je suis contente de l'avoir lu mais disons que je le conseillerai "avec les avertissements d'usage".

... surtout, si vous le lisez, vous me dites, je suis très curieuse de connaître votre sentiment. Parce que jusqu'ici, j'ai lu que ce roman était un "page-turner" et là, aucune des deux parties de moi-même ne peut être d'accord !

 

Première lecture du Challenge 1% Rentrée littéraire.

Défi perso : Je lis la rentrée littéraire à la bibliothèque.

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