20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 16:50

Qui dit fêtes de Noël dit Twilight... je sais, là comme ça, ça ne paraît pas forcément logique, mais il y a un an (Noël 2015), j'ai eu un problème d'insomnie pendant les vacances de Noël et ça m'avait tellement amusée de lire une histoire de vampire en pleine nuit, dans le noir (sur ma liseuse), avec la pleine lune qui me guettait par la fenêtre (!).

Alors cette année, quand les fêtes sont arrivées, j'ai eu envie de lire le tome 2... et tant qu'à faire... j'ai aussi lu les tomes 3 et 4 ! (qu'est-ce que je vais lire en décembre 2017 ?)

Petit passage en revue, donc, des trois derniers tomes de La Saga du Désir Interdit (vous aussi, vous comprenez pourquoi on utilise toujours le titre original anglais... ce titre, franchement...).

Le tome 2 : Tentation. Première impression... qu'est-ce que ça se lit bien ! Il y a des moments où on recherche quelque chose de bien littéraire, une plume originale, une écriture qui ose des formes diverses... et il y a des moments (au hasard, après avoir lu Au commencement du septième jour), où on a juste envie de quelque chose de simple, qui se lit tout seul... Là, c'était tellement agréable, ces pages qui se tournent toutes seules, une histoire racontée dans l'ordre... Ce dont j'avais besoin, je crois.

Venons-en à l'histoire. Le personnage d'Edward n'est pas très présent, c'est surtout Jacob qu'on découvre et j'avoue que je l'ai trouvé beaucoup plus attachant que le héros Edward, tout "fascinant" qu'il soit. Comme pour le tome 1, heureusement que l'héroïne découvre son surprenant secret (hum) assez rapidement parce que ça aurait été longuet si elle s'était interrogée plus longtemps (des loups géants dans la forêt ? une légende indienne qui parle d'hommes loup ? des indiens qui cachent un secret ? ... qu'est-ce que ça peut bien être ?).

Bref, j'ai passé un bon moment et j'ai même eu envie d'enchaîner sur le tome suivant (ce qui est assez rare, chez moi, j'aime bien faire des pauses entre chaque tome d'une série).

Tome 3 : Hésitation. Cette fois-ci, Edward est de retour, son personnage devient plus intéressant. On en apprend plus sur les loups-garous, les vampires. Je ne pensais pas mais j'ai été prise dans l'histoire, y compris dans l'histoire d'amour. Edward est très "gendre idéal" quand même (surtout pour un vampire) mais on va quand même pas lui reprocher, c'est un peu l'idée de base de la saga. ;)

Là encore, on voit venir certains rebondissements à l'avance (on se doute bien que quand on nous dit régulièrement qu'il y a des meurtres à Seattle, il va finir par y avoir un lien avec l'histoire).

Et là encore, ça se lit si facilement et c'est tellement agréable, des fois, ce genre de lecture...

Tant que j'y étais... ben j'ai décidé de lire le dernier tome !

Tome 4 : Révélation. Le dénouement, donc. J'avoue que côté révélation, j'imaginais autre chose (l'origine des pouvoirs des personnages ? une raison qui expliquerait que Bella soit "prédestinée" à jouer un rôle central dans la vie et l'évolution des vampires ? un secret ressurgi du passé d'Alice ?). Pas grave, j'ai vite mis de côté le titre de toute façon - il y a quand même des choses révélées, ceci-dit, c'est sans doute juste mon imagination qui s'était un peu emballée (!).

C'est le seul tome dans lequel j'ai trouvé certaines scènes un peu gores (pas sûre de vouloir les voir au cinéma, celles-là). J'ai bien aimé le fait qu'il joue sur les points de vue, avec des parties racontées par des personnages différents (et pas toujours par Bella).

Comme pour les autres tomes, il se lit bien, à chaque chapitre, on a envie de connaître la suite. J'ai passé un bon moment aussi !

La fin reste assez ouverte, je ne sais pas s'il y a une suite ? (des fois que, pour Noël 2017, n'est-ce pas...).

Une conclusion, après ces trois tomes (et celui de l'an dernier) ? Moi qui avais refusé de les lire pendant des années parce que je n'aime pas les histoires de vampire, on est très très loin de l'ambiance d'Entretiens avec un vampire ou Nosferatu. Beaucoup moins noir, beaucoup plus léger ; plus fantasy que fantastique, en fait.

Je n'ai pas été transportée comme toutes les lectrices qui ont été "fascinées" par la saga Twilight mais j'ai passé un bon moment de lecture et je suis bien contente de les avoir lus - je pense que le fait que ce soient des romans phénomènes entre quand même pour une part dans ce plaisir de lecture (le côté "moi aussi, maintenant, je connais Twilight). Mais pas que, j'aurais bien aimé aussi sans ça aussi, je pense. ;)

Alors pourquoi pas, plus tard, un autre roman du même auteur ?

... d'ailleurs, vous en avez lu d'autres, vous ? Vous en avez pensé quoi ?

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20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 09:15
Le trône de fer

Est-il possible de dire quelque chose d'original sur Le trône de fer (Game of thrones) ? Il semblerait que tout le monde ou presque l'ait lu ou ait vu la série. Je fais partie des "retardataires" : je ne m'y plonge que maintenant et, ayant évité tous les spoilers (je ne sais pas comment), je reste stupéfaite de chaque événement qui touche la famille Stark ou Lannister... Si vous connaissez tout sur Le trône de fer... chut, s'il vous plaît, ne me dites rien.

J'ai choisi de découvrir Game of thrones par le livre dans sa version audio. Un peu plus de 17h de récit, tout de même, merveilleusement interprété par Bernard Métraux (que j'ai découvert à cette occasion). Il arrive à créer une voix différente pour chaque personnage, à tel point qu'on peut reconnaître l'un ou l'autre à sa voix avant que le texte ne dise de qui il s'agit. En version audio, on découvre ainsi l'histoire et les personnages petit à petit, exactement comme une enfant à qui on raconterait une longue et fascinante histoire... ce n'est pas une histoire pour enfant bien sûr, et la violence, les complots et trahisons ne manquent pas. Pourtant, c'est un peu de cet émerveillement que j'ai cru retrouver.

On a souvent comparé l’œuvre de G.R.R.Martin aux Rois Maudits. J'en ai lu quelques uns ado et c'est vrai, on retrouve ici des intrigues, conspirations et rebondissements dignes de la cour du roi de France. Le tout dans un royaume de fantasy où le merveilleux est assez peu présent (en tout cas, pour ce premier tome) mais où les langues, la géographie, les religions, nous entraînent ailleurs. Chacune des régions décrites est fascinante : le donjon rouge, les dothrakis, le val... mais c'est le nord surtout, et son mur, que j'aimerais voir en vrai.

J'avais beaucoup lu que c'était très noir, que les personnages avaient tous leur côté sombre et qu'aucun n'était vraiment positif. J'ai eu la bonne surprise de découvrir que beaucoup sont attachants et positifs. D'autres rusés, cruels, ambigus ou machiavéliques... Une très belle galerie de personnages.

Si j'ai beaucoup aimé le livre audio, je dois reconnaître qu'il n'est pas toujours facile de suivre sans avoir la possibilité de revenir en arrière d'un ou deux chapitre pour vérifier qui est tel ou tel personnage ; surtout que l'écoute s'est déroulée sur très très longtemps (j'ai moins écouté de livre audio ces derniers temps). Et comme j'ai tout entendu mais rien lu... je n'ai aucune idée de la manière d'écrire les noms des personnages et des lieux, heureusement que les moteurs de recherche font des suggestions, je n'aurais jamais trouvé "dothrakis" ou "eyrié" sinon !

Un dernier mot sur le texte : il est merveilleusement traduit. Je n'ai pas comparé avec la version anglaise bien sûr, mais quel bel beau français, si agréable à écouter ! Mine de rien, ça compte.

Maintenant, la question qui demeure est : regarder ou ne pas regarder la série télé ? Je n'ai lu que Le trône de fer pour l'instant, qui n'est qu'une partie du premier tome de la saga en version originale - donc, une partie seulement de la saison 1, si j'ai tout compris ? Et bien sûr, je me suis fait une idée du physique des personnages... J'ai vu par hasard une image de Jon Snow et je le l'imagine pas du tout comme ça... Alors, regarder un épisode pour voir ? Ou bien écouter d'abord la suite ? Ou le lire version papier ?

Qu'est-ce que vous en pensez ?

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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 08:22

Normalement, je n'aime pas les histoires de vampire.

Enfin ça, c'était jusqu'à l'été dernier. Après m'être plongée dans la fantasy grâce au MOOC de l'Université d'Artois, j'ai voulu combler un peu mes lacunes et j'ai commencé par regarder Buffy contre les vampires (les sept saisons, eh oui).

Et puis je me suis dit "quand même, tout le monde a lu Twilight, il faudrait que je sache ce que c'est, quand même". J'ai profité des vacances de Noël pour essayer ce livre qui n'est donc pas vraiment mon genre habituel.

Verdict ? Je ne dois pas être normale, comme fille, je ne suis pas sûre d'avoir aimé la même chose que les fans (mais ce n'est pas grave, non ?). J'ai beaucoup aimé les descriptions, l'ambiance, la lumière verte de la forêt, la pluie incessante, les petits détails du quotidien qui font vrai. J'ai aimé la manière dont Stephanie Meyer s'empare du mythe du vampire pour le tourner et le retourner de manière moderne, répondant aux mille questions de son héroïne de manière presque scientifique (les vampires, une espèce comme une autre finalement, issue de l'évolution, j'adore ce contre-pied). J'ai aimé que le mystère entoure finalement davantage la narratrice que son vampire de petit ami et qu'elle n'en ait pas conscience (le lecteur qui ne sait pas tout sur le narrateur, joli contre-pied aussi).

Par contre, je n'ai pas été si sensible au côté histoire d'amour... et je crois que j'ai préféré le personnage d'Alice à celui d'Edward.

Comme j'ai remarqué qu'il vaut mieux que j'évite d'enchaîner les tomes des séries, j'attends un peu avant de commencer le tome 2... mais je suis assez curieuse de connaître la suite, ce premier tome m'a vraiment intriguée.

(mes anciens collègues devaient avoir raison... je suis pas une vraie fille :x )
 

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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 10:43

J'étais un peu mal à l'aise au moment de parler de la trilogie de Philip Pullman, juste après l'avoir terminé. J'ai préparé un article, j'ai laissé passer du temps, je l'ai relu, modifié, relu... et toujours cette impression que j'ai du mal à expliquer... Cet article va être très (trop ?) long... Mais si j'attends d'être satisfaite, je ne le publierai jamais ! Et j'ai envie de connaître votre avis, à ceux d'entre vous qui l'ont lu. Alors... je me lance.

Pour situer les choses, j'ai eu envie de lire A la croisée des mondes après avoir suivi le MOOC sur la Fantasy, où il était présenté comme un titre marquant de la littérature jeunesse. Je m'attendais à un monde riche en émerveillements, à une lecture passionnante... et ça n'a pas été ça. Ça a été... autre chose.

A la croisée des mondes

Le premier tome, Les royaumes du nord, nous fait découvrir un monde qui ressemble au nôtre mais n'est pourtant pas tout à fait pareil. On s'y déplace en zeppelin, on s'y éclaire avec de la lumière ambarique et on y étudie la théologie expérimentale. Mais surtout, chaque être humain est accompagné de son double, son daemon, un animal qui partage ses sentiments, ses pensées et dont on ne peut le séparer.

Lyra, petite fille curieuse et volontaire, entend parler par hasard de la Poussière, phénomène mystérieux et invisible, qui suscite la crainte des religieux mais que son oncle, Lord Asriel, est bien déterminé à étudier, en allant dans les immenses étendues du nord. Alors que des enfants sont enlevés un peu partout par l'inquiétant Conseil d'Oblation, Lyra se lance à son tour dans une quête qui la conduira vers les royaumes du nord...

Ce premier tome, je l'ai adoré. La richesse de l'imaginaire, les rebondissements, les personnages... j'y ai trouvé ce que j'attendais de la trilogie et même si je me demandais un peu où l'auteur voulait en venir, j'avais hâte de découvrir la suite. On sent qu'on est dans une réécriture des mythes judéo-chrétiens, je savais qu'il y avait eu polémique sur l'aspect religieux du livre mais ça ne me dérangeait finalement pas plus que ça. D'un point de vue littéraire, je trouvais ça intéressant et j'étais toute disposée à faire confiance aux enfants pour faire la part des choses.

A la croisée des mondes

Le second tome, La tour des anges, s'ouvre dans notre monde. On y fait la connaissance de Will, l'autre personnage principal, et les aventures des deux enfants vont vite nous entraîner d'un monde à l'autre. Là encore, les rebondissements sont au rendez-vous, en lien avec le premier tome dont on retrouve beaucoup des personnages. L'imaginaire s'enrichit d'éléments issus de la science contemporaine (physique quantique, masse sombre...), très intelligemment décrits. J'ai beaucoup aimé ce tome aussi.

Néanmoins, j'avais un petit doute. Pour moi, certaines situations ou descriptions violentes le destinent plutôt à des ados qu'à des enfants "à partir de 10 ans" comme l'indique l'éditeur. Il se trouve que j'ai une grande miss de 10 ans 1/2 à la maison et je ne la vois pas du tout lire ce tome (un peu comme le tome 4 de Harry Potter, pour ceux qui l'ont lu).

Et je me demandais toujours un peu comment l'auteur allait conclure ce voyage initiatique.

A la croisée des mondes

On en arrive au Miroir d'Ambre, troisième et dernier tome, qui est logiquement sensé être le meilleur puisque, comme l'éditeur l'indique fièrement sur le quatrième de couverture, "il a reçu le prix Whitbread 2002, l'une des plus prestigieuses récompenses anglaises, attribuée pour la première fois de l'histoire des prix littéraires à une œuvre de littérature pour la jeunesse."

C'est le tome de la conclusion, de l'aboutissement de toutes les pistes initiées dans les tomes précédents. Et c'est là que plusieurs choses m'ont mise mal à l'aise. Je ne voudrais pas trop vous en dévoiler si vous avez l'intention de le lire, alors je vais expliquer en plusieurs temps.

Pour faire court, et sans rien dévoiler, on est plus pour moi dans de la littérature adulte que de la littérature jeunesse, en tout cas pas "à partir de 11 ans". Je le rapprocherais par exemple d'un roman comme Les thanatonautes de Werber (si vous l'avez lu), que j'ai beaucoup aimé mais que je ne rangerais pas au rayon jeunesse.

J'entre un peu plus dans les détails ensuite. Si vous ne voulez pas trop en savoir, vous pouvez continuer à lire mais en évitant les explications en astérisques. ;)

Ce tome nous fait découvrir d'autres mondes, parfois étranges, et il y a eu un moment où une frontière a été franchie pour moi dans l'étrangeté. Le moment où, au d'être dans l'émerveillement, vous avez un petit moment de recul par rapport à l'histoire en vous exclamant "non mais, sans blague ?"*

L'ambiance générale était tout de même très pesante, on n'est plus vraiment dans la lecture plaisir que j'avais trouvée dans les premiers tomes... un peu à l'image de la couverture, en fait.

Et surtout... j'aurais bien aimé dire que le message religieux ne me posait pas de problème, que nous étions tous au dessus de tout ça... mais non. Pour être tout à fait honnête, je me suis longtemps interrogée pour savoir si j'étais gênée à cause des mes propres convictions religieuses, puisqu'on est dans un message "athée militant" (en caricaturant à peine : "c'est sûr, Dieu n'existe pas, tous les gens intelligents le savent"). **

En toute sincérité, ce n'est pas la nature du message qui me gène. Le monde de Narnia, qui est très clairement chrétien, lui, m'avait posé problème pour les mêmes raisons (et je n'ai pas eu envie de le conseiller à ma miss). L'un comme l'autre sont des livres "à message religieux", l'un prônant la religion chrétienne, l'autre un athéisme anti-religions.

En fait, mon problème, c'est que je n'aime pas les livres à message dans la littérature jeunesse. D'une part parce que c'est souvent au détriment de l'histoire (ce qui n'est pas le cas ici) et d'autre part parce que j'ai l'impression qu'on utilise la fiction pour "faire entrer de force" des idées dans la tête des enfants. J'aimerais qu'on les laisse lire tranquilles sans chercher à les influencer. Même à 10 ans où ils sont "grands". Grands... mais pas ados non plus.

Alors bien sûr, si le message est la tolérance, l'ouverture aux autres, le courage... ça ne me dérange pas. Ma position est peut-être paradoxale ? Je ne crois pas, car ce sont des valeurs universelles, que partagent à la fois des croyants de toute religion ou des athées... pour moi, on touche là à l'humain et pas à la religion ou aux opinions (je détesterais tout autant un livre qui ferait la promotion d'une position politique). Qu'on laisse les enfants lire tranquillement...

C'est sans doute très différent pour un ado en plein questionnements, parce qu'il a l'âge de prendre du recul, de comparer, de se faire ses propres opinions, et sans doute aussi que c'est le bon âge pour ces questionnements-là.

Après... j'avoue que j'ai été un peu déçue par la conclusion, le grand choix ou la grande révélation qui attendait Lyra depuis le début de l'histoire. Tout ça pour ça ? **** Mais finalement, en y repensant, cette conclusion a sa richesse aussi...

* les mulefas à squelette en losange qui se déplacent sur roue, franchement, je peux pas. Malgré les nombreuses descriptions, je suis incapable de me les représenter et j'ai gardé l'impression désagréable que l'auteur avait voulu absolument faire quelque chose d'étrange et de différent... et le différent pour faire du différent, c'est pas mon truc. Pourtant, ils sont tellement sympathiques, ces mulefas... s'ils avaient pu juste ressembler à des éléphants, ça aurait été tellement mieux...

** Difficile de faire abstraction du message religieux qui est vraiment la conclusion de cette quête initiatique. Les personnages positifs y adhèrent tous immédiatement, comme une évidence et sans aucune nuance. Par exemple, l'idée qu'on ne peut rien souhaiter de plus merveilleux que de se dissoudre après sa mort pour voir ses atomes se mêler à tous les organismes vivants... Moi, ça ne me paraît pas si évident que ça... pour les héros, si.

Les seuls personnages qui ne partagent pas ces convictions sont des religieux fanatiques. J'aurais tellement aimé un personnage croyant positif histoire de nuancer un peu tout ça... ou l'inverse, un personnage non croyant négatif ? (enfin non, je préfèrerais du positif parce qu'il y a assez de négatif comme ça dans le livre).

Bref, on est dans une vision très manichéenne (le monde se partage en deux : les religions qui oppressent et les personnes qui recherchent la sagesse ; on n'atteint la liberté que si on ne croit pas en Dieu...) et c'est sans doute ce qui me pose problème.

Bon, vous allez vous dire : forcément, elle est catholique, un message athée à destination des enfants, ça ne lui plaît pas. Et je me suis demandé exactement la même chose. En toute sincérité, si j'étais athée, si je voulais transmettre cette conviction-là à mes enfants, est-ce que je leur ferais lire ce livre ? En toute honnêteté... Non. Je crois que je serais trop attachée à leur libre arbitre pour cautionner un message aussi clair. Et en fait, comme catéchiste... ben je fais pareil. Je me rends compte que je dis beaucoup "la Bible dit que...", "les chrétiens pensent que..." plutôt que "c'est comme ça" parce que je pense que chaque enfant doit tracer son chemin et être accompagné avec beaucoup de respect et de délicatesse.

Bref, ce n'est pas tant le message que le fait qu'il y ait un message, en fait.

**** A ma connaissance, le péché originel, ça n'a jamais été l'amour ou la sexualité mais le fait de vouloir être comme Dieu... alors j'espérais un peu autre chose, surtout au vu de l'intelligence avec laquelle les notions scientifiques étaient intégrées dans l'histoire.

Finalement, toutes ces questions pourraient peut-être se résumer à une seule : à partir de quel âge ? Pour moi, clairement, c'est plutôt du côté des ados et des adultes... et là encore, c'est la comparaison avec Werber qui me revient à l'esprit.

Et vous, vous l'avez lu ? Qu'en avez vous pensé ?

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30 décembre 2015 3 30 /12 /décembre /2015 13:15

"Tobie mesurait un millimètre et demi, ce qui n'était pas grand pour son âge."

Tobie Lolness

Cette première phrase est magique.

Par un effet d'optique extraordinaire, nous aussi, nous mesurons un millimètre et demi, l'Arbre devient un univers, les crevasses de son tronc des falaises, ses feuilles des plaines périlleuses en automne... on se cacher dans le creux d'une écorce pour échapper, comme Tobie, à tout son peuple qui le poursuit. Même son meilleur ami, Léo Blue, s'est retourné contre lui.

Petit à petit, on découvre son histoire, à Tobie, lui qui s'accroche au ciel, qui "fixe le ciel comme on tient la main de ses parents dans la foule".

Ce roman est merveilleux, tout simplement.

Tobie Lolness

Le texte de Timothée de Fombelle, les illustrations de François Place (ces couvertures aussi, elles sont magiques), tout est parfaitement juste et à sa place.

Je pourrais dire qu'il y a plusieurs niveaux de lecture à cette histoire. Mais je pense qu'un enfant comprend tout de la peur de ceux que l'on ne connaît pas, de l'ambition ou la cupidité qui peuvent conduire certains au pire, jusqu'à mettre son monde en péril, comme du courage de résister. De Tim Lolness, ce grand savant amoureux de la nature, qui cherche à prouver que l'Arbre est vivant et qui est capable de refuser de révéler le secret d'une de ses inventions parce qu'elle pourrait le détruire. De ceux que ça n'intéresse pas et qui veulent juste plus de puissance, plus de profit.

Un enfant sait que "l'on est jamais obligé de dire les choses importantes à ses amis, mais, le jour où on le fait, la vie devient plus douce".

Tobie Lolness

Le second tome est parfaitement à la hauteur du premier... et il n'y a pas grand chose à ajouter, en fait. Raconter serait dommage, c'est tellement mieux de tout découvrir, comme moi qui ne savait en fait rien de ce livre à part que je l'avais vu partout en librairie et bibliothèque pendant des années et ce qu'en m'avait dit une amie : "tu vas te régaler".

Il y a des livres qu'on attend longtemps et qui sont des déceptions. Et il y en a qu'on attend pas, qu'on lit "pour voir" et qui sont d'énormes coups de cœurs. Quel dommage d'être passé à côté de celui-ci à l'époque !

Et puis, en fait, non. Les derniers mots du livre m'ont montré à quel point cette lecture, finie quelques jours après Noël, était une lecture qui arrivait juste à point...

Il faudra que je le relise de temps en temps. Là, ça me fait drôle de le rendre à la bibliothèque... mais est-ce que ce n'est pas le meilleur moyen de partager un livre qu'on a aimé ?

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1 août 2015 6 01 /08 /août /2015 08:33
Les chroniques de Wildwood

Lorsque Prue, douze ans, part au parc avec son petit frère de un an, elle est très loin de se douter qu'il va être enlevé par un groupe de corneilles. Et même pire : être conduit en plein cœur du Territoire Infranchissable, forêt interdite au bord de son quartier de Portland, où nul n'a le droit d'aller et dont personne n'est jamais revenu.

Elle n'a pas le choix : elle prend son vélo et part pour le secourir. Et comme il est impossible de se débarrasser de Curtis, un drôle de garçon qui s'obstine à la suivre alors qu'ils ne sont pas spécialement amis, c'est à deux qu'ils iront affronter Wildwood...

C'est un gros livre, joliment illustré, où on va de surprise en surprise. Un monde riche, où l'on rencontre des oiseaux qui parlent, des coyotes soldat en uniforme, une Gouvernante Douairière qui est peut-être un peu sorcière, une ville où les blaireaux, les cerfs ou les écureuils sont des citoyens comme les autres.

Il y a de l'action, des rebondissements, de la fantaisie... le tout dans une atmosphère enfantine (le roman est indiqué à partir de 9 ans) mais pas simpliste, où un adulte peut aussi trouver son compte. Le tout sous la forme d'un bel objet, avec ses pages irrégulières qui rappellent les vieux vieux livres dont on devait ouvrir les pages avec un coupe-papier.

Une très chouette découverte ! Et il paraît qu'il y a d'autres tomes...

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Published by anne(tte) - dans Romans jeunesse Fantasy
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14 juillet 2015 2 14 /07 /juillet /2015 13:20
Reckless

De l'autre côté du miroir, il y a un monde où les contes de fée ne sont ni enfantins, ni mièvres. Parfois, ils sont même un peu cruels.

De l'autre côté du miroir, Jacob Reckless est un chasseur de trésor, capable de trouver une pantoufle de verre, un arbre à feuilles d'or ou un cheveu de Raiponce. Mais de l'autre côté du miroir, il y a une guerre aussi, entre les hommes et les goyls, effrayantes créatures à la peau de pierre et aux yeux d'or.

Jacob a bien caché son secret, comme son père avant lui, avant qu'il disparaisse pour toujours dans le monde derrière le miroir. Mais un jour, son frère Will le suit et tout bascule ; blessé par un goyl, il se transformera en pierre si Jacob ne parvient pas à trouver un remède pour le sauver...

En Allemagne, Cornelia Funke est aussi connue de J.K.Rowling. Elle a écrit de grands succès de fantasy, comme la trilogie Coeur d'encre (qu'il me reste à découvrir). Elle est aussi illustratrice et a fait elle-même les dessins qui accompagnent le livre. Et c'est vrai que ce livre est un objet superbe, que ce soit la couverture ou l'intérieur.

Si j'ai eu un peu de mal à entrer dans Reckless au début (la faute au contraste saisissant avec le pavé du Seigneur des anneaux, sans doute), j'ai vraiment beaucoup aimé cet univers, l'histoire, les personnages... On est à la fois dans un monde de conte et au début de l'ère industrielle ; les fées peuvent ainsi prendre le train à vapeur ou les nains tenir des boutiques florissantes. La fin appelle à une suite et il s'agit effectivement du premier tome d'une trilogie. Seuls deux sont sortis... le second m'appelle déjà.

L'éditeur a fait une bande-annonce du livre, visible sur son site mais je trouve que Reckless ne saurait être mieux présenté que par cette vidéo réalisée par un fan, qui vous ferait presque croire à une adaptation au cinéma. Je vous la partage, pour le plaisir du rêve...

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Published by anne(tte) - dans Mes lectures Fantasy
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7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 08:09

C'est une sorte de marathon, de défi de persévérance, de défi tout court. Après un MOOC sur la fantasy qui a fait battre mon petit cœur de bibliothécaire (il sera réouvert en 2016 et... c'est du plaisir et de la découverte de bout en bout !), j'ai décidé de retenter de lire Le Seigneur des Anneaux.

Le Seigneur des Anneaux (le livre)

On ne se lance pas comme ça dans l'aventure et je m'étais déjà cassé les dents sur ce même livre lors de ma première tentative. J'avais les films trop en tête et j'espérais y retrouver ce qui m'y avait plu, oubliant au passage qu'il s'agit d'une adaptation, avec ses infidélités et ses interprétations.

Le Seigneur des Anneaux (le livre)

Eh oui, c'est un pavé, ce livre, surtout quand comme moi, on a la version intégrale en un seul tome (celle qui conjugue lecture et musculation).

Difficile de parler de ce monument du genre (à tous les sens du terme), référence absolue de la fantasy, livre fondateur et qui imprègne notre imaginaire à tous, même si on n'en a pas forcément conscience - si dans les histoires de magiciens, on trouve normal d'avoir des dragons, des orques et des elfes, c'est sans doute un peu de là que ça vient...

Faisons court : qu'est-ce que l'histoire est bien, et qu'est-ce que le texte est difficile à lire ! La faute à la traduction, sans doute, le traducteur ayant fait (je cite un des profs du MOOC) "des choix qui lui appartiennent". "Aride" est le premier mot qui me vient à l'esprit... Le plus important à savoir est donc ceci : une nouvelle traduction est en cours ; ami, lis la nouvelle traduction...

Le Seigneur des Anneaux (le livre)

On y rencontre donc des hobbits, des elfes, des magiciens, des orques, des trolls, des nains, des hommes courageux ou traitres, des personnages mystérieux, des arbres qui parlent... Un monde complet, très complet, immense, dans lequel il est facile de se perdre (une petite carte de la Terre du Milieu comme ici n'est pas superflue parfois). Ce monde, sa géographie, son histoire, les créatures qui y vivent, sont décrits avec détail... les sentiments des personnages beaucoup moins. Et pour certains bouts de l'histoire, on n'en a que des bribes (pour connaître l'histoire d'Aragorn et Arwen, il faut aller voir dans les annexes !).

Le Seigneur des Anneaux (le livre)

Mon édition a beaucoup de défauts, donc, mais elle comporte les illustrations d'Alan Lee, qui ont beaucoup contribué à la représentation que l'on peut se faire du monde de Tolkien... d'autant plus qu'il a été conseiller pour l'adaptation au cinéma de Peter Jackson. Adaptation que je suis en train de revoir, en essayant de ne pas être trop insupportable avec mes "c'est pas comme ça dans le livre"... enfin, disons que j'essaie vraiment, vous savez...

Effet secondaire du MOOC : j'ai décidé que cet été serait mon été "tricot et fantasy" : côté tricot comme côté lecture, j'ai des idées pour au moins trois étés. Et si mes lectures n'ont pas encore un goût de tricot, mes tricots en cours ont tous un petit côté de fantasy, me rappelant une histoire, un personnage... La magie va-t-elle envahir mon quotidien ?

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Published by anne(tte) - dans Mes lectures Fantasy
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