27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 11:53

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51MRwW2zlML._SL500_AA300_.jpgJe viens de lire un très beau livre, très fort, prêté par une de mes voisines : Le Premier Cri. Il est tiré du film bien sûr, film que je n'ai pas vu mais dont je me souviens très bien des affiches croisées un peu partout quand j'attendais ma petite Choupinette.

Film qui me tentait bien mais que je n'étais pas allée voir, sachant comme je suis émotive enceinte, ce n'aurait vraiment pas été une bonne idée !

Depuis, j'ai lu une critique très intéressante de ce film sur le blog de Mamanana (j'aime beaucoup ce blog). Critique qui m'a donné envie de voir le film mais surtout d'en savoir plus sur son histoire... alors, quand ma voisine m'a proposé de me prêter ce livre, j'étais ravie !

 

C'est un livre superbe, vraiment. Les photos, la mise en page avec des motifs qui rappellent le pays de chaque histoire, le texte très travaillé, la force des expériences différentes... J'ai lu plusieurs livres autour de la naissance pendant que j'attendais mon petit bouchon, mais celui-ci m'a paru très riche pourtant !

 

Pour ceux qui ne connaîtraient pas le film (il y en a?), il retrace des naissances aux quatre coins de la planète, au travers l'expérience de mamans très différentes : France, Sibérie, Tanzanie, Niger, Vietnam, Japon...

La force du livre est justement la confrontation de ces expériences. "Confrontation" car les expériences sont justaposées mais jamais comparées, et c'est leur contraste qui interpelle, fait réfléchir, sans jamais que l'avis de l'auteur ne soit exposé.

Si le sujet vous intéresse, je vous le conseille vivement, d'autant plus que c'est un très beau livre.

 

... seulement, au sortir de cette lecture, je ne peux m'empêcher de donner un peu mes impressions. Vous pouvez vous arrêter ici si vous préférez le suspens. ;)

 

Parce que moi, ce qui m'a interpelée, c'est le contraste entre ces femmes qui accouchent loin de tout, comme cette femme touareg qui accouche en plein désert, et ces femmes occidentales qui recherchent un accouchement naturel, en retour à la nature, et qui pourraient, elles, bénéficier d'une assistance...

Moi aussi, je recherchais une naissance douce, naturelle, pour mon petit bonhomme. Forcément, l'expérience de cette maman aux Etats-Unis, qui veut accoucher sans assistance parce que c'est naturel et qu'elle a confiance dans son corps m'interpelle... surtout que, quelques pages plus loin, la maman touareg perd son enfant parce qu'elle n'en a pas, elle, d'assistance, parce qu'elle est dans le désert et que la sage-femme venue avec l'équipe du film, dépassée, ne sait pas quoi faire. Et cela m'a frappé de voir que le réalisateur est intervenu deux fois, en appelant à l'aide au téléphone une maternité parisienne : une fois pour cette maman du Niger, dont ce coup de fil a sans doute sauvé la vie, et une autre fois... pour cette maman occidentale qui avait choisi d'accoucher sans assistance et pour qui la délivrance ne se passait pas comme prévu. Et qui ne semblait pas mesurer le danger ni avant, ni pendant, ni après... Bien sûr, elle avait expliqué à ses amis qu'elle était consciente du risque, qu'elle l'assumait, mais qu'est-ce que ça signifie consciente du risque quand on perd son enfant?

Et cette future maman japonaise qui allait fendre du bois dans le cadre d'une préparation à la naissance "engagée" pour un retour à la tradition, qu'est-ce qu'elle en aurait pensé, la future maman massaï, qui devait elle piler le mil jusqu'en fin de grossesse parce qu'elle n'avait guère la possibilité de se reposer?

 

Bref, aurait-on oublié les vraies contraintes, les vrais risques, tout dans notre confort d'occidental? Est-ce qu'on idéaliserait pas la nature, en attendant tout, oubliant que le danger, la mort, la maladie, c'est la nature aussi, et que la médecine sait éviter tellement de drames?

 

Et en écho à cette question, cette "usine" vietnamienne (là, le terme d'usine à bébé appliqué à certaines maternités françaises fait sourire, on est vraiment dans l'usine dans cette plus grande maternité du monde où les parturientes se partagent la même salle pour accoucher...), usine qui offre une sécurité certainement, mais à quel prix?

 

Finalement, en me demandant quel accouchement j'aurais préféré, au milieu de tout ça, ce n'était pas non plus celui qui vient un peu peut-être comme conclusion, avec les dauphins. Parce qu'en plus de n'être envisageable que pour une poignée de "privilégiées", est-ce bien raisonnable, n'est-ce pas très artificiel comme démarche, comme on le ressent quand, une fois le bébé là, les parents repartent laissant seul le dauphin dans son bassin, puisqu'ils n'en ont plus besoin...

Non, je crois que j'aurais préféré cet accouchement chez les massaï, finalement, avec une sage-femme expérimentée, qui sait visiblement agir en cas de difficulté... Comme quelque chose de traditionnel qui se serait perdu et que peine à réinventer cette femme qui choisit d'accoucher sans assistance, expliquant à ses amis "où regarder dans le livre" au cas où...

 

Et je mesure la chance que j'ai eue pour la naissance de mon petit bonhomme, dans cette maternité où j'ai été accompagnée, mais pas trop, entourée et pas contrainte et où il a été si bien accueilli...

Et si le changement à faire était dans l'attitude des femmes, finalement, pour les aider à mieux appréhender et à mieux se préparer à ce moment, et dans l'écoute des soignants, et que le lieu était secondaire? Parce que le soignant qui reste à la bonne place, comme cela est décrit pour le Mexique, je l'ai vécu moi, et sans avoir besoin de dauphins...

 

Vaste sujet, si essentiel... et dont je pourrais parler pendant des heures, bien sûr !

D'ailleurs, j'en reparlerai peut-être, j'ai plusieurs livres là-dessus à recommander. ;)

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Published by @nne(tte) - dans Histoires de maman
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commentaires

Anne 28/12/2010 17:44


Je l'ai vu aussi (le film), fin octobre 2007....il m'avait laissé une drôle d'impression...en tout cas, pas celle que j'aurais voulu...très bizarrement, la naissance qui m'avait le plus émue a été
celle se déroulant dans "l'hôpital usine à bébés" du 78 là où je travaillais!! Une naissance médicalisée, la norme pour cet endroit....peut-être que finalement, c'est la naissance qui se
rapprochait le plus de ce que je connaissais.....oui, mais parce que je n'avais pas encore accouché de mon petit dernier ;-)


@nne(tte) 30/12/2010 08:54



Le chapitre sur la naissance "classique" et médicalisé m'a marquée aussi.  Cette maman qui dit que ses années de pratique de la danse l'aideront pour la douleur... et qui est sous péridurale
(au même moment? c'est pas très clair dans ce que j'ai lu). Et il décrit bien cette attente de la future maman sous péridurale, qui est obligée de demander pour savoir ce qui se passe, où ça en
est...


Je crois que c'est ce côté subi, complètement entre les mains des soignants "qui savent" que j'ai bien reconnu et qui m'a interepellée.



coralie 27/12/2010 20:50


Je l'ai vu le film!! Et tu as bien fait de ne pas être allée le voir, lorsque tu étais enceinte.. Il y a un passage qui t'aurait tourneboulé...


@nne(tte) 30/12/2010 08:55



Je crois que je préfère l'avoir lu que vu. L'absence de commentaires, juste les images et des situations si fortes... ç'aurait ététrop pour moi.



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