2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 14:10

http://ecx.images-amazon.com/images/I/414ouZ3yaGL._SL500_AA300_.jpgSuite de mes lectures islandaises... Disons-le tout de suite : ce roman est l'un des meilleurs que j'ai lu depuis des années.

Très moderne dans sa forme, il est construit de manière originale sans que cela désoriente un seul instant le lecteur ou être difficile à lire. L'histoire est prenante, les personnages sont forts...

 

Et pourtant, il est arrivé chez moi tout à fait par hasard. Parce qu'il était islandais, parce que j'avais lu un article sur lui et parce que j'avais participé à un concours... et gagné. Ce qui doit être la première fois pour moi - et un livre, en plus, quelle chance !

 

Son quatrième de couverture ne lui fait pas justice, je trouve, donc je vous conseille de ne pas le lire ou de ne pas vous y attarder.

Si je devais le raconter, je dirais d'abord où cela se passe : en Islande, bien sûr, une Islande du début du  vingtième siècle, pour qui la guerre est loin, sur le continent, et qui vit encore une vie dure d'agriculture et de pêche... Mais ça, c'est le cadre, mais ce n'est pas l'histoire. On n'est pas du tout dans le roman social misérabiliste (comme me le faisait craindre ce fameux quatrième de couverture).

L'histoire, ce sont ces femmes, puisqu'il y a de très beaux personnages de femme surtout, marquants, riches : la mère qui décide d'offrir une éducation à ses enfants, tous ses enfants, filles comprises, même si elle doit travailler dur pour cela. Et ses trois filles, dont l'héroïne, Karitas.

Karitas a un don : un don étonnant pour le dessin, et elle dessine tout le temps, d'ailleurs, tout ce qu'elle voit. Elle observe aussi. Même si elle peut faire preuve de beaucoup de débrouillardise et de sens pratique également, ce n'est pas une "artiste ethérée".

 

Pour moi, tout le sujet du livre est là : avec ce don, qu'est-ce que Karitas va faire de sa vie? D'ailleurs, en y réfléchissant, les destins de ses deux soeurs et même de sa mère sont aussi des réponses à cette question...

J'ai beaucoup aimé la fin, de ce point de vue, très belle conclusion mais en même temps très ouverte, mais je ne dirai rien bien sûr, ce serait gâcher le plaisir de la lecture...

 

Comme souvent dans les romans islandais (du moins, ceux que j'ai lu), les elfes et le merveilleux ne sont jamais loin, ils s'intègrent comme naturellement à l'histoire dans une sorte d'ambiguité où on se demande si c'est vrai ou si c'est un rêve sans avoir de réponse franche. Mais sans jamais basculer dans le fantastique non plus.

Les paysages sont là, aussi, fascinants, c'est un roman très "visuel" en harmonie avec le talent de l'héroïne.

 

J'ai voulu l'offrir récemment mais il était indisponible... J'espère qu'il sera réédité - d'ailleurs, un mot sur l'éditeur, Gaïa, et ses drôles de pages roses "pour permettre un meilleur confort de lecture", surprenantes mais on s'y fait très vite.

Si je le retrouve... je l'offre, c'est sûr !

 

Un très beau roman, donc, qui semble malheureusement le seul de l'auteur traduit en français : "Karitas, sans titre", de Kristin Marja Baldursdottir, chez Gaïa.

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Published by @nne(tte) - dans Mes lectures Islande
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commentaires

Nina 22/05/2011 23:08


Je viens de le terminer et j'ai moi aussi adoré ce livre, j'ai bien aussi l'intégration des elfes mais je l'ai compris si karitas pouvais voir l'autre monde car elle avait une sensibilité
d'artiste, elle est un peu à la frontière de la folie par moment. J'ai aimé l'analyse de cette personnalité d'artiste qui fait qu'elle est différente des autres femmes et isolée par cette
différence.


anne(tte) 24/05/2011 11:23



Merci beaucoup de ton passage ! :) Le surnaturel est souvent présent dans les livres islandais que j'ai lu, il apparaît d'ailleurs de manière "naturelle", c'est à dire sans que personne n'ait
l'air de trouver ça tellement bizarre...


J'ai aussi beaucoup aimé la manière dont la frontière avec le surnaturel n'est jamais élucidée dans le roman, on ne sait pas trop si c'est réel ou pas, est-ce qu'elle rêve, est-ce un délire,
est-ce le signe de quelque chose d'autre?


C'est vrai que Karitas est différente et coupée des autres par cette différence... Je pense au moment où son beau-frère lui demande de faire un tableau pour leur maison et elle comprend qu'il
veut quelque chose de "classique", que personne ne comprend ses tableaux abstraits... De ce point de vue, j'aime beaucoup le personnage de la femme qui l'accueille dans le sud (j'ai déjà oublié
comment elle s'appelle, quelle honte) et qui accueille cette différence qu'elle ne comprend pas sans jamais juger... Je trouve cette attitude très belle...



Anis 20/04/2011 14:57


C'est possible, j'avoue que je suis libre des petites mains qui il y a quelque temps me sollicitaient fréquemment.


Anis 19/04/2011 09:14


Je viens de le finir, j'ai passé un superbe moment avec ce roman tout en finesse.


anne(tte) 20/04/2011 14:17



Merci beaucoup de ton message. :)


D'ailleurs, tu l'as lu très très vite... j'ai mis un peu plus de temps - mais je suis davantage interrompue peut-être, il faut avouer !



Anis 16/04/2011 11:53


Je suis en train de le lire et je me régale ...


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