27 octobre 2017 5 27 /10 /octobre /2017 18:13

C'est un peu le hasard si j'ai commencé Bakhita juste après avoir fini Underground railroad : je l'avais réservé, le livre venait d'être disponible et soit je l'empruntais tout de suite, soit "je perdais mon tour". Je m'y suis donc plongée avec un peu d'hésitation : une seconde histoire d'esclave, est-ce que ça n'allait pas faire trop ? Est-ce que j'allais moins l'apprécier, être tentée de toujours comparer ?

En fait, on ne pourrait pas imaginer deux livres plus différents. Bien sûr, le roman est inspiré d'une histoire vraie. Bien sûr, on retrouve les horreurs de l'esclavage, même si les lieux ne sont pas les mêmes. Mais alors que dans Underground railroad, la fuite ne conduit qu'à retrouver le racisme, toujours, Bakhita est un livre rempli de lumière. Un livre servi par une écriture intense, toujours dans l'émotion.

Bakhita, c'est d'abord l'histoire d'une petite fille. Elle vit en Afrique, dans un petit village, une vie traditionnelle où les enfants jouent nus entre les maisonnettes et conduisent les vaches, le soir, pour les emmener boire. Une vie où la paix est douce mais la guerre n'est jamais loin, dans les villages en feu où d'autres africains, des marchands d'esclaves, enlèvent des hommes, des femmes, des enfants, pour les vendre. Les petites filles surtout sont recherchées : elles se vendent plus cher que les autres. Un jour, Bakhita est enlevée à son tour et son périple commence, sa vie d'abda, esclave, où on n'est plus vraiment un être humain.

Le livre raconte les épreuves et ne cache rien des horreurs, même s'il garde une certaine pudeur. Mais ce que raconte ce livre, surtout, c'est comment Bakhita survit. Comment elle garde cette capacité au bonheur, la joie de regarder les étoiles dans le ciel, l'attention aux autres, aux enfants dont elle tient la main, aux pauvres dont elle comprend instantanément les souffrances.

Ce livre, c'est l'histoire d'une libération. Celle d'une âme que rien ne peut atteindre. Bakhita est devenue religieuse et a été canonisée. Je l'ignorais en ouvrant le livre et j'aurais envie de dire que peu importe, son histoire peut parler à chacun, parce qu'elle est humaine avant tout et que même si on ne peut pas imaginer ce que devait être la vie d'esclave, chacun connaît tôt ou tard la souffrance et a besoin de s'abriter du désespoir.

Un très beau livre, vraiment. Et un grand coup de cœur qui mérite vraiment le prix qu'il a reçu (le prix Fnac) et tous ceux qu'il recevra peut-être ensuite...

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Les premières pages sont à découvrir sur le site d'Albin Michel, à lire où à écouter lues par le comédien Bernard Gabay.

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commentaires

Camilleb 27/10/2017 23:02

Ah justement' ça fait plusieurs fois que je m'arrête devant ce livre, je crois que je vais l'acheter!!! Merci

anne(tte) 28/10/2017 13:42

Tu me diras si tu as aimé, alors ? J'adore avoir des retours. :)

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