26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 08:15

Ça vous est déjà arrivé, de ne pas vous sentir assez intelligent pour le livre que vous êtes en train de lire ? Parce que c'est vraiment la meilleure manière que j'ai trouvée pour expliquer l'impression que m'a laissée La vie des elfes de Muriel Barbery.

Tous les ingrédients semblaient être réunis pourtant pour que ce livre me plaise - et je comprends tout à fait pourquoi une amie me l'a offert. Du merveilleux, de la poésie, la frontière ténue entre le réel et l'imaginaire, un style très littéraire... Trop littéraire, peut-être ? Pour ma défense, Proust est l'un de mes écrivains préférés, est-ce que ça compte comme référence d'écrivain littéraire ? Mais Muriel Barbery... c'est trop compliqué pour moi.

Reprenons depuis le début. Tout commence avec deux petites filles : Maria et Clara. Maria, "la petite des Espagnes", vit dans un petit village du Morvan, sous la protection d'une famille de fermiers, passe son temps à grimper dans les arbres et à parler aux animaux. Tout le monde sent bien dans le village qu'il y a en elle quelque chose d'extraordinaire sans pouvoir vraiment expliquer pourquoi. Clara est orpheline elle aussi et vit dans les montagnes d'Italie. Le jour où un piano arrive à l'église du village, quelque chose se révèle et ce n'est pas seulement sa capacité prodigieuse à jouer du piano sans l'avoir jamais appris. A travers la musique, Clara semble atteindre quelque chose d'autre, quelque chose d'extraordinaire...

Vous comprenez pourquoi tous les ingrédients étaient réunis ? Cette histoire, j'ai eu immédiatement envie de la suivre, de me laisser bercer par les mots, de découvrir aux côtés de Maria et Clara la poésie de la nature et de la musique. Mais... qu'est-ce que j'ai eu du mal à lire ce livre ! Je crois comprendre l'intention de l'auteur qui sème les indices au fil des pages pour que l'histoire se découvre peu à peu, que tout ne soit pas "bêtement exposé ; mais j'ai passé mon temps à revenir en arrière, à essayer de retrouver ce qui avait été dit pour petit à petit recoller les morceaux. A un moment, perplexe, j'ai voulu expliquer mon désarroi à mon mari en lui lisant un extrait (vous l'avez remarqué, il est souvent le témoin de mes enthousiasmes et doutes littéraires). J'ai commencé par lui dire que j'allais lui résumer avant de lui lire. Et là... révélation.

Moi : -  Ils sont en haut d'une colline. Enfin je crois. En tout cas, ils sont devant une ferme. En fait, je sais pas trop où ils sont.

Mon mari (le bon sens incarné) : - Et ça a une importance ?

Moi : Je sais pas. Peut-être. Parce qu'il y a une inondation qui arrive mais c'est peut-être juste une figure de style, ou alors c'est la pluie, en même temps, c'étaient des vagues qui remontaient la pente alors si c'est vraiment de l'eau, ça va pas les aider d'être en haut d'une colline.

Mon mari : ...

Moi : Euh, je te lis un extrait ?

(en vrai, j'ai piqué un fou rire au milieu de ce dialogue, voilà, vous savez tout)

Donc voilà, c'était simple : je n'avais à peu près rien compris à l'histoire. Rongée par le doute sur mes capacités littéraires, je suis allée voir les commentaires sur Babelio. Est-ce que j'étais la seule ? Visiblement, certains lecteurs ont trouvé ce texte génial, d'autres complètement indigeste. Ils le comparaient aussi aux livres précédents de Muriel Barbery mais ça ne m'avançait pas beaucoup, vu que je n'en ai pas lu d'autres.

Et surtout... c'est le premier tome d'une série. Ce dont je me doutais un peu arrivé vers la page 200 parce que ça n'avait pas l'air de prendre le chemin de se conclure en une centaine de pages.

Est-ce ma faute ? La sienne ? Le coup de foudre entre lui et moi n'a pas eu lieu. Vers la fin, les morceaux du puzzle ont commencé à se mettre en place - avec retours en arrière multiples pour retrouver par exemple le pourquoi de cette citation en français traduite en italien en bas de page, qui me disait quelque chose, ah oui, il y avait la moitié de la même citation en italien, traduite en français en bas de page, environ 150 pages avant... j'en ai peut-être manqué d'autres, de références, pardon Muriel Barbery. Et je suis arrivée au bout, renonçant à déterminer le sens d'une de la phrase suivante  : "Quelque chose se déchira en elle et fendit le ciel de son regard intérieur de zébrures d'encres qui se diluaient lentement puis disparaissaient dans un dernier lavis perlé de lumière". Est-ce son regard intérieur qui fend le ciel ou bien est-ce que c'est le ciel de son regard intérieur qui est fendu ? Le mystère restera entier mais après tout, comme le dirait mon mari : est-ce que ça a une importance ?

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Published by anne(tte) - dans Mes lectures
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commentaires

Marie 27/06/2017 15:52

:-)))
Pas lu. J'ai tourné autour, feuilleté, mais n'ai jamais franchi le pas. Pas sûre que je le fasse. ;-)
En revanche, L'élégance du hérisson, j'ai lu. Et ce livre a été pour moi un véritable coup de coeur. :-)
J'ai aussi déjà lu le livre que tu lis actuellement. :-)

anne(tte) 27/06/2017 17:21

Je viens de le finir mais impossible de mettre à jour cette zone-ci du blog. :-(
Il faudra que je tente L'élégance du hérisson : mon amie l'avait lu et beaucoup aimé, d'où son choix de ce livre-ci. Tout le monde a l'air de dire que l'écriture est très différente, il faudra que je tente, surtout si tu me dis que tu as eu un coup de cœur. ;-)

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