27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 13:05

On découvre son visage sur la couverture : la photo en noir et blanc d'une jeune femme, souriante, les cheveux bouclés, de bonnes joues un peu enfantines. Une jeune femme qu'on qualifierait de jolie, sympathique, mais sans doute pas d'exceptionnelle. Et pourtant, cette jeune femme a sauvé deux mille cinq cents enfants du ghetto de Varsovie, dans la Pologne occupée par les allemands. Elle s'appelait Irena Sendlerowa, elle était catholique et n'avait pas de raison particulière de se soucier du sort des juifs. Elle aurait pu attendre la fin de la guerre, en sécurité, et pourtant...

Comment des personnes "ordinaires" décident-elles un jour de s'engager dans une action qui paraît impossible, quels que soient les risques, uniquement parce que cela leur paraît juste ? C'est une question qui m'a toujours fascinée. Alors lorsqu'en décembre dernier, j'ai reçu un mail de LP Conseils me demandant si cela m'intéresserait de recevoir Irena Sendlerowa de Gilbert Sinoué... forcément, c'était oui !

J'ai commencé le livre conquise d'avance, prête à découvrir la vie d'une héroïne et à me replonger dans des événements historiques de la Seconde Guerre Mondiale. Et là, la bonne surprise, c'est qu'en plus de son sujet, Irena Sendlerowa est un vrai bon roman : une intrigue passionnante, de beaux personnages, avec bien sûr au centre Irena, pas du tout figée dans une image de "Juste parmi les nations" poussée par son destin, rien qu'une jeune femme qui ne peut pas abandonner les juifs à leur sort... C'est la force de ce roman, je trouve, de nous la rendre à la fois proche et exemplaire.

Au fil de l'histoire d'Irena, c'est aussi la vie quotidienne à Varsovie pendant l'Occupation qu'on découvre. Les doutes, la difficulté du quotidien, la volonté de survivre. L'impossibilité de croire qu'on puisse décider de faire disparaître le demi-million de personne du ghetto, comme ça, sans aucune raison.

On découvre aussi l'engagement de grandes figures (comme Korczak) ou d'inconnus - parfois, résister, c'est une toute petite action (ne pas remarquer dans la rue un enfant qui réclame sa grand-mère en yiddish, ouvrir sa porte à une femme en uniforme de prisonnier). Ça fait chaud au cœur de penser que ce sont des histoires vraies. Et malgré la gravité du sujet, finalement, ce qui domine, c'est l'espoir.

Une très belle découverte pour commencer cette année, je crois que je vais garder un œil sur les publications des Éditions Don Quichotte. ;)

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Published by anne(tte) - dans Mes lectures
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commentaires

Gilbert Sinoué 30/01/2017 12:35

Merci infiniment …

anne(tte) 30/01/2017 12:47

Merci à vous d'avoir si bien traité un sujet aussi important...

Marie 28/01/2017 12:55

De nombreux Polonais ont résisté, discrètement comme tu dis. Certains ont pris de grands risques. Je l'ai découvert en discutant avec une amie très chère, qui est polonaise.
Un livre à conseiller à des lycéens?
J'avais beaucoup aimé le livre sur Avicenne de Gilbert Sinoué.

anne(tte) 30/01/2017 11:41

J'ai aussi des amis polonais (un autre point commun ?). Nous n'avons jamais eu l'occasion de parler de la guerre, sauf un jour avec l'un d'entre eux qui est d'origine juive. Il m'a raconté qu'il y avait beaucoup de juifs en Pologne avant la guerre, et en quelques années, cette population a tout simplement disparu. C'est à peine imaginable pour nous qui savons, alors j'imagine à l'époque...
Je pense que ce livre est tout à fait adapté aux lycéens. Et si les horreurs de la guerre sont forcément évoquées, c'est surtout le courage des résistants qui est au centre du livre... ce qui n'empêche pas certaines scènes poignantes, comme celle où les enfants du ghetto se préparent à embarquer dans un train, accompagnés de leur instituteur qui n'a pas voulu les quitter et garde le sourire pour ne pas les inquiéter... Ce qui m'a marquée, aussi, c'est cette manière dont Irena Sendlerowa s'engage sans savoir comment elle va faire, alors que chaque étape semble impossible, en se disant qu'on trouvera bien une solution. Je ne sais pas si c'est de l'inconscience ou du courage, toujours est-il qu'elle sauve effectivement ces enfants alors que tout laisse penser que ça ne servira à rien de se battre... C'est un exemple très inspirant, je trouve.

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