27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 13:05

On découvre son visage sur la couverture : la photo en noir et blanc d'une jeune femme, souriante, les cheveux bouclés, de bonnes joues un peu enfantines. Une jeune femme qu'on qualifierait de jolie, sympathique, mais sans doute pas d'exceptionnelle. Et pourtant, cette jeune femme a sauvé deux mille cinq cents enfants du ghetto de Varsovie, dans la Pologne occupée par les allemands. Elle s'appelait Irena Sendlerowa, elle était catholique et n'avait pas de raison particulière de se soucier du sort des juifs. Elle aurait pu attendre la fin de la guerre, en sécurité, et pourtant...

Comment des personnes "ordinaires" décident-elles un jour de s'engager dans une action qui paraît impossible, quels que soient les risques, uniquement parce que cela leur paraît juste ? C'est une question qui m'a toujours fascinée. Alors lorsqu'en décembre dernier, j'ai reçu un mail de LP Conseils me demandant si cela m'intéresserait de recevoir Irena Sendlerowa de Gilbert Sinoué... forcément, c'était oui !

J'ai commencé le livre conquise d'avance, prête à découvrir la vie d'une héroïne et à me replonger dans des événements historiques de la Seconde Guerre Mondiale. Et là, la bonne surprise, c'est qu'en plus de son sujet, Irena Sendlerowa est un vrai bon roman : une intrigue passionnante, de beaux personnages, avec bien sûr au centre Irena, pas du tout figée dans une image de "Juste parmi les nations" poussée par son destin, rien qu'une jeune femme qui ne peut pas abandonner les juifs à leur sort... C'est la force de ce roman, je trouve, de nous la rendre à la fois proche et exemplaire.

Au fil de l'histoire d'Irena, c'est aussi la vie quotidienne à Varsovie pendant l'Occupation qu'on découvre. Les doutes, la difficulté du quotidien, la volonté de survivre. L'impossibilité de croire qu'on puisse décider de faire disparaître le demi-million de personne du ghetto, comme ça, sans aucune raison.

On découvre aussi l'engagement de grandes figures (comme Korczak) ou d'inconnus - parfois, résister, c'est une toute petite action (ne pas remarquer dans la rue un enfant qui réclame sa grand-mère en yiddish, ouvrir sa porte à une femme en uniforme de prisonnier). Ça fait chaud au cœur de penser que ce sont des histoires vraies. Et malgré la gravité du sujet, finalement, ce qui domine, c'est l'espoir.

Une très belle découverte pour commencer cette année, je crois que je vais garder un œil sur les publications des Éditions Don Quichotte. ;)

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26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 10:32

Sven, c'est un gros pull hyper doux, tricoté avec des ÉNORMES aiguilles. C'est aussi la preuve que, comme on dit, "il y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis" - ou que "souvent, tricoteuse pressée prend de mauvaises décisions".

Reprenons du début : pour présenter Sven, voilà son petit portrait.

 

Sven ou la métamorphose du pull (tricot)

Bon, il ne sait pas se tenir sur un cintre.

Heureusement, porté, c'est nettement mieux, n'est-ce pas ?

Sven ou la métamorphose du pull (tricot)

Pourquoi est-ce que je vous parlais de métamorphose et de changer d'avis ? Parce que l'an dernier, il ressemblait à ça.

Sven ou la métamorphose du pull (tricot)

Oh, une toute petite différence, mais de taille. Vous l'avez repérée ?

Sven ou la métamorphose du pull (tricot)

Le col, bien sûr... Mais reprenons au début de l'histoire.

En décembre 2015, Aurélie Texier (la fameuse Poule à Petits Pas) publiait un modèle "mix entre le pull et le poncho", Gros coup de cœur de ma part : ce pull-poncho avait l'air tellement douillet et confortable et je m'imaginais déjà dedans, bien au chaud (dans ma maison aux éternels problèmes de chauffage). Côté laine, j'ai commencé à farfouiller un peu et j'ai fini par jouer la sécurité en prenant la même laine que celle du modèle : la Andes, de Drops. Les gros-énormes fils, c'est toujours hyper cher, et celle-ci est à la fois en pur alpaga (tellement doux, l'alapaga) et à un prix tout à fait raisonnable. Pour la couleur, au départ, j'aurais voulu du noir, comme sur le modèle. Est-ce un hasard si la couleur noire était épuisée partout juste après la sortie du modèle ? Je me suis donc lancée dans un brainstorming intense, j'ai pesé le pour et le contre (je suis capable de cogiter 15 jours sur ce genre de décisions géostratégiques) et j'ai fini par choisir une couleur "bleu jean".

C'était parti...

Un petit échantillon plus tard, je me suis rendue compte qu'il me fallait le tricoter non pas en 9 mais en 10. Wouaw, du 10... Quelle impression étrange de tricoter avec des aiguilles de 1cm de diamètre... Cette première expérience ne m'a pas découragée mais bizarrement, je n'ai pas eu l'impression de voir le modèle avancer si vite non plus (?).

La construction m'a un peu étonnée : à plat, le devant en trois morceaux (un pour les torsades et un pour chaque côté en point mousse). Moi qui pensais que la Poule détestait assembler les morceaux de pull (!). Pour l'assemblage, d'ailleurs, je me suis beaucoup appliquée : ces bandes de point mousse de part et d'autre des torsades, ça faisait de jolies lignes horizontales et si j'avais un décalage, on risquait de ne voir que ça. J'ai donc utilisé une petite astuce : j'ai placé des repères tous les N rangs (c'était l'an dernier, je sais plus trop, tous les 5 ?) et j'ai bien veillé à ce que ça reste aligné au fur et à mesure que j'assemblais (si j'avais fait des photos, ça serait plus clair, mais si vous voulez, je vous ferai un petit dessin, demandez-moi juste ;) ).

Puis j'ai relevé les mailles du col et, voyant dans le modèle qu'on pouvait faire une version col rond (et pressée de finir mon pull vu qu'on était déjà en mars), j'ai opté pour le col rond. Voici donc où en était Sven enfin fini, fin mars.

Sven ou la métamorphose du pull (tricot)

(les cheveux ont poussé depuis :P)

Sven ou la métamorphose du pull (tricot)
Sven ou la métamorphose du pull (tricot)

Évidemment, il faisait trop chaud pour porter un énorme maxi-pull à ce moment-là (même chez moi). Oui, parce qu'enfilé, je vous garantis qu'il est très très TRÈS chaud. Je me suis dit que ce n'était pas grave, je n'aurais qu'à le ressortir l'hiver prochain, voire à l'automne à la place d'un manteau le matin pour accompagner les enfants à l'école.

Sauf que... vous avez peut-être deviné le problème ? Un gros pull hyper chaud, ça se porte quand il fait bien froid, donc il faut quelque chose autour du cou. D'où une seconde phase de cogitations intenses : que mettre autour du cou avec Sven ? Une écharpe ? Oui, mais ce serait dommage de cacher les torsades. Et puis, à l'intérieur... Un snood ? Mais quel genre de snood, fallait-il en tricoter un avec mes restes de laine, un genre de col amovible que j'aurais pu ajouter au pull ? ...

Et là, l'évidence s'est imposée à moi : la solution, c'était le col roulé, point barre.

Trop tard...

Quoique ?

Je me souvenais qu'Hélène Magnusson avait montré une technique de "chirurgie tricot". Il ne me restait qu'à essayer. Juste avant Noël, j'ai donc pris mon courage à deux mains, piqué mon énorme aiguille 10 dans les mailles du col pour les reprendre, coupé le col au dessus, détricoté deux rangs histoire de vérifier que mes mailles étaient toutes bien mises sur mon aiguille, puis j'ai tout simplement tricoté mon col roulé et rabattu toutes mes mailles sur l'endroit.

Sven ou la métamorphose du pull (tricot)

Ta-dam ! Un col roulé.

(si j'avais su que ce serait si simple, je l'aurais fait avant).

Mon pull était prêt juste à temps pour notre voyage dans le Nord (le seul, l'unique, avec un grand N, le 59 ;) ). J'admets qu'il prenait beaucoup de place dans le sac mais bien au chaud dans mon pull, j'ai même pu un peu frimer auprès de la famille de mon mari. :P Des grosses mailles, des torsades, j'étais pile dans la tendance. Et puis, il y a aussi les fentes de chaque côté avec l'arrondi, je ne sais pas si c'est tendance mais j'aime bien. :)

Sven ou la métamorphose du pull (tricot)
Sven ou la métamorphose du pull (tricot)

Le pull idéal pour cocooner à la maison. Et en ce moment, il fait un temps à cocooner à la maison, il y en a deux qui ne diront pas le contraire.

Sven ou la métamorphose du pull (tricot)
Sven ou la métamorphose du pull (tricot)
Sven ou la métamorphose du pull (tricot)

La petite demoiselle de la deuxième photo a un peu trop tendance à vouloir faire la sieste dessus ; doux et moelleux, ça a l'air de lui convenir (mais je tiens à mon pull alors je surveille).

Sven ou la métamorphose du pull (tricot)

On verra comment il évolue à l'usage. La laine bouloche pas mal, je trouve... Vous avez déjà tricoté la Andes de Drops ? Ça donne quoi, dans le temps ? Je me pose d'autant plus la question que ma mistinguette louche sur mon pull. Je vais peut-être ressortir mes maxi aiguilles ? :P

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20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 16:50

Qui dit fêtes de Noël dit Twilight... je sais, là comme ça, ça ne paraît pas forcément logique, mais il y a un an (Noël 2015), j'ai eu un problème d'insomnie pendant les vacances de Noël et ça m'avait tellement amusée de lire une histoire de vampire en pleine nuit, dans le noir (sur ma liseuse), avec la pleine lune qui me guettait par la fenêtre (!).

Alors cette année, quand les fêtes sont arrivées, j'ai eu envie de lire le tome 2... et tant qu'à faire... j'ai aussi lu les tomes 3 et 4 ! (qu'est-ce que je vais lire en décembre 2017 ?)

Petit passage en revue, donc, des trois derniers tomes de La Saga du Désir Interdit (vous aussi, vous comprenez pourquoi on utilise toujours le titre original anglais... ce titre, franchement...).

Le tome 2 : Tentation. Première impression... qu'est-ce que ça se lit bien ! Il y a des moments où on recherche quelque chose de bien littéraire, une plume originale, une écriture qui ose des formes diverses... et il y a des moments (au hasard, après avoir lu Au commencement du septième jour), où on a juste envie de quelque chose de simple, qui se lit tout seul... Là, c'était tellement agréable, ces pages qui se tournent toutes seules, une histoire racontée dans l'ordre... Ce dont j'avais besoin, je crois.

Venons-en à l'histoire. Le personnage d'Edward n'est pas très présent, c'est surtout Jacob qu'on découvre et j'avoue que je l'ai trouvé beaucoup plus attachant que le héros Edward, tout "fascinant" qu'il soit. Comme pour le tome 1, heureusement que l'héroïne découvre son surprenant secret (hum) assez rapidement parce que ça aurait été longuet si elle s'était interrogée plus longtemps (des loups géants dans la forêt ? une légende indienne qui parle d'hommes loup ? des indiens qui cachent un secret ? ... qu'est-ce que ça peut bien être ?).

Bref, j'ai passé un bon moment et j'ai même eu envie d'enchaîner sur le tome suivant (ce qui est assez rare, chez moi, j'aime bien faire des pauses entre chaque tome d'une série).

Tome 3 : Hésitation. Cette fois-ci, Edward est de retour, son personnage devient plus intéressant. On en apprend plus sur les loups-garous, les vampires. Je ne pensais pas mais j'ai été prise dans l'histoire, y compris dans l'histoire d'amour. Edward est très "gendre idéal" quand même (surtout pour un vampire) mais on va quand même pas lui reprocher, c'est un peu l'idée de base de la saga. ;)

Là encore, on voit venir certains rebondissements à l'avance (on se doute bien que quand on nous dit régulièrement qu'il y a des meurtres à Seattle, il va finir par y avoir un lien avec l'histoire).

Et là encore, ça se lit si facilement et c'est tellement agréable, des fois, ce genre de lecture...

Tant que j'y étais... ben j'ai décidé de lire le dernier tome !

Tome 4 : Révélation. Le dénouement, donc. J'avoue que côté révélation, j'imaginais autre chose (l'origine des pouvoirs des personnages ? une raison qui expliquerait que Bella soit "prédestinée" à jouer un rôle central dans la vie et l'évolution des vampires ? un secret ressurgi du passé d'Alice ?). Pas grave, j'ai vite mis de côté le titre de toute façon - il y a quand même des choses révélées, ceci-dit, c'est sans doute juste mon imagination qui s'était un peu emballée (!).

C'est le seul tome dans lequel j'ai trouvé certaines scènes un peu gores (pas sûre de vouloir les voir au cinéma, celles-là). J'ai bien aimé le fait qu'il joue sur les points de vue, avec des parties racontées par des personnages différents (et pas toujours par Bella).

Comme pour les autres tomes, il se lit bien, à chaque chapitre, on a envie de connaître la suite. J'ai passé un bon moment aussi !

La fin reste assez ouverte, je ne sais pas s'il y a une suite ? (des fois que, pour Noël 2017, n'est-ce pas...).

Une conclusion, après ces trois tomes (et celui de l'an dernier) ? Moi qui avais refusé de les lire pendant des années parce que je n'aime pas les histoires de vampire, on est très très loin de l'ambiance d'Entretiens avec un vampire ou Nosferatu. Beaucoup moins noir, beaucoup plus léger ; plus fantasy que fantastique, en fait.

Je n'ai pas été transportée comme toutes les lectrices qui ont été "fascinées" par la saga Twilight mais j'ai passé un bon moment de lecture et je suis bien contente de les avoir lus - je pense que le fait que ce soient des romans phénomènes entre quand même pour une part dans ce plaisir de lecture (le côté "moi aussi, maintenant, je connais Twilight). Mais pas que, j'aurais bien aimé aussi sans ça aussi, je pense. ;)

Alors pourquoi pas, plus tard, un autre roman du même auteur ?

... d'ailleurs, vous en avez lu d'autres, vous ? Vous en avez pensé quoi ?

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13 janvier 2017 5 13 /01 /janvier /2017 11:15

Je dois être la pire tatie du monde - en tout cas, en ce qui concerne les cadeaux de naissance. Oh, je suis toujours pleine d'idées (trop peut-être ?) et d'envie de bien faire (trop peut-être aussi ?) mais force est de constater que mes cadeaux de naissance arrivent en général... pas mal de temps après la naissance.

Genre, vers le deuxième anniversaire. Hum...

Là, je m'améliore (un peu) parce que la petite demoiselle a 10 mois et son cadeau de naissance s'est envolé la semaine dernière vers le Canada où elle vit.

Envol (Tricot)

J'avais sondé le papa (parce que j'avais envie de faire plaisir) et il avait suggéré une couverture. Il ne le savait pas mais il ne pouvait pas me faire plus plaisir. Solenn Couix-Loarer (De Rerum Natura) avait publié le modèle parfait, avec un nom qui résumait tous les vœux que je formulais pour cette petite princesse aux yeux bleus : Envol.

Envol (Tricot)

Côté laine, j'ai un peu hésité et puis j'ai opté pour l'une de mes chouchoutes : la Naturlaine 5 de Ardelaine. La fameuse laine de "moutons rebelles", issu du joli projet de valoriser la laine des troupeaux hétéroclites de moutons ardéchois, une laine inexploitable avec des procédés industriels... mais qui, triée avec amour à la tonte, puis lavée et filée localement, donne un fil rustique, bien chaud, ici dans le coloris naturel des moutons.

Modèle français, laine d'Ardèche, tricoté en Drôme... un maximum de french touch pour ce bébé du Canada !

Envol (Tricot)

J'ai fait les choses de mon mieux : j'ai tricoté un échantillon en point dentelle pour voir le rendu, je l'ai lavé et bloqué pour vérifier les dimensions, j'ai calculé la dimension de la future couverture et ajusté le nombre de motifs pour obtenir ce que je voulais (assez grand pour être utilisée dans un lit bébé, et plus tard comme plaid sur les genoux).

Et j'ai pu commencer la partie tricot... ce point est tellement agréable à faire (et même légèrement addictif) : on voit le modèle avancer au fur et à mesure, on ne s'ennuie jamais mais en même temps, on le mémorise facilement et on sait bien où on en est... Vraiment un bonheur de tricot.

Et on finit par obtenir une grande couverture !

Envol (Tricot)

Cette laine n'est pas sensée passer en machine - après avoir testé (sur un échantillon, puis sur quelques pulls), elle s'en accommode plutôt bien. Ceci-dit, j'ai quand même vérifié sur mon échantillon de dentelle (toujours lui) ; le motif était un peu moins joli mais que ça passait quand même, donc j'ai opté pour un lavage à la main pour le blocage et j'ai joint l'échantillon aux parents, comme ça ils verront si le rendu après passage machine leur convient, et éventuellement, ils feront des tests eux aussi. ;)

Envol (Tricot)

J'ai donc lavé ma couverture, je l'ai essorée dans une serviette puis étendue sur le matelas de la chambre d'amis, en étirant bien le motif et en fixant le tout avec des épingles (étape qui a "légèrement" retardé l'envoi du cadeau, parce qu'il fallait que le lit soit dégagé de la montagne pile de linge à ranger qui l'occupe d'habitude, et puis que les travaux de chauffage soient terminés histoire qu'il fasse assez chaud pour que ça sèche, tout ça en décembre) et puis j'ai laissé sécher.

Au final, non seulement le motif est plus joli mais la couverture est bien plate et se déploie joliment quand on la pose.

Envol (Tricot)
Envol (Tricot)

La laine est plus douce aussi - ça reste de la laine rustique qui gratte un peu... mes enfants ont grandi dedans et ça n'a pas eu l'air de les déranger, alors j'espère que ça sera pareil pour leur cousine... Mais honnêtement, je pense que ça va. ;)

La couverture s'est donc envolée, accompagnée de deux petits livres (un pour la miss et un pour son grand frère) tout à fait dans la thématique de l'hiver... Tout ça moins d'un an après la naissance, vous croyez que je m'améliore ?

Et vous savez quoi ? Pour le mois de mars, on annonce l'arrivée de jumeaux dans la famille. :P

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10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 10:16

En tant que bibliothécaire jeunesse (bénévole), je me suis fixée une mission : faire découvrir aux enfants que La Reine des Neiges, ce n'est pas que Anna, Elsa, Olaf et Sven. Moi aussi, j'aime bien le dessin animé de Disney - mais il ne me fait pas oublier la magie du conte d'Andersen, qui est l'un de mes contes préférés. Et quel dommage ce serait que les enfants d'aujourd'hui ne connaissent plus les aventures de Kay, de Gerda et de la maléfique Reine des Neiges...

Alors hier, profitant d'un temps neigeux on ne peut plus approprié, j'ai commencé à raconter aux élèves de GS venus à la bibliothèque...

La reine des neiges - Hans Christian Andersen (illustré par Christian Birmingham)

Andersen nous raconte qu'un jour, le diable fabriqua un miroir magique. Il en était particulièrement fier : ce miroir ne reflétait que ce qui était mauvais et laid. Toutes les belles choses se reflétaient laides et tout ce qui était laid apparaissait encore plus grand.

Un jour, ce miroir se brisa et il devint encore plus dangereux : il se dispersa en plein de petites poussières qui se répandirent partout. Si quelqu'un recevait un éclat dans l'œil, il ne voyait plus que les mauvaises choses. Et s'il le recevait dans le cœur, son cœur se transformait en glace et il ne pouvait plus aimer.

Dans une ville où il n'y avait pas assez de place pour que les gens aient chacun leur petit jardin, deux enfants avaient un petit jardin tout de même plus grand qu'un pot de fleur...

Ces deux enfants, ce sont Kay et Gerda, qui ne sont pas frère et sœur mais s'aiment comme s'ils l'étaient. Un jour, la grand-mère leur raconte l'histoire de la Reine des Neiges, parce que "les flocons sont comme des abeilles et comme les abeilles, ils ont une reine". Elle laisse des étoiles de glace quand elle regarde sur les vitres - les enfants l'ont souvent vu, c'est comme ça qu'ils savent que c'est vrai.

La reine des neiges - Hans Christian Andersen (illustré par Christian Birmingham)

Le jour où Kay reçoit un éclat du miroir dans l'œil et dans le cœur, il quitte son amie Gerda et suit la Reine des Neiges dans son palais de glace. Gerda ne peut pas croire qu'il soit mort comme tout le monde le dit et part courageusement à sa recherche...

La reine des neiges - Hans Christian Andersen (illustré par Christian Birmingham)

Qu'est-ce qu'il est difficile de trouver un album de La Reine des Neiges à lire à des jeunes enfants ! Non seulement ce n'est pas le conte le plus souvent adapté (beaucoup moins que par exemple, La Petite Sirène ou Le Vilain Petit Canard) mais les versions que l'on trouve reprennent le plus souvent le texte d'Andersen, assez long et pas forcément accessible à un enfant de maternelle.

Cette version, illustrée par Christian Birmingham, ne fait pas exception - mais les illustrations sont tellement magnifiques que cela aurait été dommage de ne pas en faire profiter les jeunes lecteurs de la bibliothèque. J'aime particulièrement le sourire radieux de Gerda à qui la princesse vient d'offrir de nouveaux habits.

La reine des neiges - Hans Christian Andersen (illustré par Christian Birmingham)

Et les enfants sont tellement vivants, tellement vrais...

Mes photos ne font pas juste aux illustrations : je vous encourage à aller en voir d'autres sur le site de Christian Birmingham, ici.

La reine des neiges - Hans Christian Andersen (illustré par Christian Birmingham)

Hier, lors de l'accueil de classe, c'était un peu l'épreuve du feu : est-ce que ces petits bougeaillons de GS pourraient entrer dans cette histoire ? J'ai raconté, lu un extrait, raconté encore... Et un petit miracle s'est produit. Un silence s'est installé comme je n'en avais jamais connu avec cette classe. Suspendus à l'histoire, ils se laissaient porter par le conte d'Andersen... Avec l'autre bénévole, nous nous sommes dit qu'il fallait lire La Reine des Neiges à chaque séance !

La reine des neiges - Hans Christian Andersen (illustré par Christian Birmingham)

L'album a été regardé, emprunté... Affaire à suivre. Parce que cette histoire est longue (elle est découpée en 7 chapitres, ou plutôt 7 histoires selon Andersen), le texte est long et un peu difficile... cela demande un parent motivé pour tout lire, et un enfant qui aime les mots.

En tout cas, à la maison, mon petit loulou de 6 ans a écouté les premiers chapitres, fait une pause et réclamé les derniers le jour où le livre repartait à la bibliothèque (évidemment). La suite sera donc lue ici dans quelques semaines.

De mon côté, je cherche toujours une version adaptée en album pour les jeunes enfants (si vous avez des pistes ?). Et je reste convaincue que cet album-ci peut rencontrer son jeune public, en étant mi-lu mi-raconté comme j'ai pu le faire hier...

Quant aux adultes qui ne connaîtraient pas ce conte, vous pouvez trouver gratuitement le texte d'Andersen ici, dans plein de formats différents (PDF, ePub, Mobi, Word...). De quoi trouver votre bonheur, normalement. ;)

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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 10:49

Je dois être un peu schizophrène. C'est ce que j'ai découvert en lisant ce roman : il y a deux parties de moi-même. Une partie qui l'a trouvé si original, sensible, ses descriptions si justes, ses personnages si vrais... et une autre partie qui s'est agacée, a pesté, râlé au fil de la lecture - en en faisant (un peu) profiter son entourage.

Avec persévérance (voire obstination), j'en suis enfin venue à bout. Au final, je suis contente de l'avoir lu, et je suis bien obligée d'admettre que c'est un livre dont je vais me souvenir longtemps - d'ailleurs, il est rare que mon mari profite du récit de ma lecture au fur et à mesure, que je lui raconte tel ou tel passage... ça n'était pas arrivé depuis Faillir être flingué (qui lui était un grand coup de cœur). Une chose est donc claire : voici un roman tout sauf anodin.

Au cas où vous hésiteriez à vous lancer dans l'aventure... je vous explique quand même un peu. ;)

Au commencement du septième jour est un livre qui repose sur des partis pris forts (peut-être est-ce le cas des autres livres de Luc Lang, mais c'était le premier que je lisais). Il fait le choix d'une écriture qu'on pourrait qualifier de "moderne" : pas de tirets pour indiquer les dialogues, qui sont parfois "intégrés aux paragraphes" (on arrive à suivre, mais ça demande un peu d'attention parfois), les phrases ne se terminent pas toujours par des points, les flashbacks s'intègrent dans le récit (on est dans les Pyrénées pour Noël, tout d'un coup c'est l'été, on comprend qu'il s'agit d'un souvenir, et quand Thomas marche dans la neige, on saisit qu'on est revenu au présent). Disons que le roman est exigeant avec son lecteur.

L'autre parti pris (et la partie de moi-même qui s'intéresse à comment sont construites les histoires, adore), c'est de se focaliser sur des moments "entre deux" : pas ceux où "il se passe des choses" mais ce qui arrive juste avant ou juste après, comment les personnages font face, comment ils évoluent, se reconstruisent. J'adore cette idée... mais ça demande un petit effort du lecteur là encore. On change de chapitre, on est dans la description de la préparation du repas (par exemple), et on découvre "en passant" qu'un des personnages principaux est mort. Luc Lang aurait pu nous raconter le décès, l'enterrement... eh non. C'est la visite au cimetière qui nous l'apprendra. A nous de combler les trous ("euh, elle est morte ? ça fait longtemps ? il y a quoi, d'écrit, sur la tombe ? il s'est passé... 6 mois ? un an ?"). Je ne sais pas comment font les autres mais moi, Luc Lang m'a perdue deux ou trois fois. Et j'ai failli craquer au début du livre 3 ("mais il est où, là ? en Afrique ? mais qu'est-ce qu'il fait en Afrique ???" puis retour en arrière pour essayer de retrouver si sa sœur est bien en Afrique et si oui, dans quel pays.. enfin, vous voyez).

Et là, quand j'en avais marre... il y avait un petit moment de grâce et je me disais que si, finalement, il était tellement bien écrit, ce livre.

Vous l'aurez deviné, à la fin du livre, on n'aura pas toutes les réponses (je ne vous raconte pas la fin mais disons que je me souviendrai longtemps des dernières phrases... si vous le lisez, vous comprendrez ;) ). Il y aura bien un secret de famille révélé (que j'avais vu venir à des kilomètres, là, pour le coup) mais il restera des zones d'ombres. De même que le cheminement de Thomas, le personnage principal, face à l'accident puis au décès de sa femme, à son propre passé, est loin d'être une démonstration, une réponse indiquant comment faire face. Il ne vaut que parce qu'il a quelque chose de vrai, de personnel.

A travers ces exemples de personnages, et son tableau si impitoyable d'un monde du travail non moins impitoyable (et de l'aveuglement de certains face à leur rôle dans la construction de ce monde impitoyable), le livre sonne très vrai aussi. De même que les petits moments de grâce des descriptions, donc, ces petites scènes du quotidien qui veulent dire beaucoup sur les sentiments ou la personnalité des personnages.

Je pourrai donc dire que c'est un très beau livre, bien écrit, original et juste. Et je pourrai aussi dire qu'il est difficile à suivre et que finalement, aller à la ligne et mettre des tirets pour les dialogues, c'est tellement conventionnel mais ça se lit tellement mieux aussi.

Au final... je ne sais pas trop. Je suis contente de l'avoir lu mais disons que je le conseillerai "avec les avertissements d'usage".

... surtout, si vous le lisez, vous me dites, je suis très curieuse de connaître votre sentiment. Parce que jusqu'ici, j'ai lu que ce roman était un "page-turner" et là, aucune des deux parties de moi-même ne peut être d'accord !

 

Première lecture du Challenge 1% Rentrée littéraire.

Défi perso : Je lis la rentrée littéraire à la bibliothèque.

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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 09:20

Envie d'une petite histoire pour attendre Noël ? Une histoire toute douce et magique ? Venez voir comment Balthazar et son ami Pépin fêtent Noël...

Le Noël de Balthazar - Emma Kelly

Noël approche et Balthazar voudrait faire un cadeau à son ami Pépin. Oui mais voilà : Balthazar n'a pas d'argent. Il se rend dans le magasin de Monsieur Merlin avec ce qu'il possède de plus précieux : son extraordinaire collection de billes. Peut-être pourra-t-il l'échanger contre un conducteur pour le train en bois de Pépin ?

De son côté, Pépin a la même idée : pour offrir à Balthazar une boîte en bois pour sa collection de billes, s'il échangeait son train en bois ?

Le Noël de Balthazar - Emma Kelly

Si vous ne connaissez pas Balthazar, le personnage des albums inspirés de la pédagogie Montessori (dont j'avais parlé ici), aucune importance. Cette petite histoire se suffit à elle-même - ceci-dit, si la pédagogie Montessori vous intéresse, je ne peux que recommander Balthazar. ;)

En feuilletant l'album, vous vous direz peut-être (comme moi) : "oh ! une histoire sans Père Noël ! Que vont en penser les enfants ?" Certains parents apprécient ce livre justement parce qu'on y échange des cadeaux, sans visite du Père Noël. Moi qui suis fan d'histoires de rennes (Rudolf, Petit Trois Pattes, Leroy et j'en passe) et de Père Noël, je l'ai choisi un peu pour ça aussi. Ça change, c'est bien dans l'esprit de Noël, on en retrouve toute l'ambiance, les décorations, le sapin, la générosité et une certaine magie. Et quand c'est l'heure des cadeaux, pourquoi ne pas s'en offrir aussi les uns ou autres, en plus de ceux du Père Noël ?

En tout cas, les enfants ne se posent pas ces questions. Ils se laissent porter par l'histoire, la douceur des illustrations... Les élèves de PS et MS à qui je l'ai lu sont ainsi ont suivi les aventures de Balthazer et Pépin avec plaisir - ajoutez quelques histoires avec le Père Noël, qui est quand même la star incontournable, et vous obtenez un joli moment pour attendre Noël des étoiles plein les yeux...

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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 12:33

Il y a un mystère Camilla Läckberg. A chaque fois que je lis un de ses romans, en tout cas les derniers, je me dis que les ficelles sont un peu grosses, qu'elle exagère de nous faire languir des pages et des pages avec des "Patrick écouta le compte-rendu du médecin légiste", "Patrick résuma à Martin", "Martin était stupéfait", etc, pour nous révéler le mystérieux contenu de ce compte-rendu une centaine de pages plus loin... et qu'on ne soit pas (si) surpris que ça.

Pour Le gardien de phare, j'avais deviné la grande révélation choc du livre à quoi... un quart du roman ? Et il y avait (presque) autant d'événements glauques que dans La sirène. Et pourtant... je n'ai qu'une hâte, c'est de retrouver le petit monde de Fjällbacka pour une nouvelle histoire. Et je sais que je ne suis pas la seule (n'est-ce pas, Tica ?).

Alors, pourquoi est-ce que j'y reviens toujours ? Sans doute à cause des personnages auxquels on s'attache, de livre en livre. Et puis à cause de la Suède, Fjällbacka, le dépaysement de s'imaginer sur le port, sur une petite île ou au pied d'une falaise... À cause aussi du va et vient entre passé et présent qu'on retrouve à chaque fois ? Et puis je crois aussi que malgré la noirceur des événements (elle n'y va pas avec le dos de la cuillère, encore une fois), bizarrement, il y a cette ambiance qui ne devient jamais aussi oppressante ou désespérée qu'on pourrait s'y attendre et qui fait qu'on passe un bon moment de lecture... Après, le livre audio contribue sans doute au charme de l'ensemble, je l'ai trouvé très bien interprété encore une fois (en fait, je les ai tous écoutés en livre audio jusqu'à présent).

L'autre effet secondaire notables des romans de Camilla Läckberg, à part l'addication, c'est que ça me donne toujours envie de faire des Kanelbullar - mais ça, mon entourage ne s'en plaint pas ! ;)

Et si on parlait un peu du Gardien de phare, quand même ? D'abord, j'adore la couverture (vraiment), je me ferais presque la même tenue de bain pour l'an prochain. Et puis je l'ai trouvé à la fois moins réussi et plus réussi que d'habitude, tant les fils des histoires parallèles se croisent de manière parfois un peu artificielle mais en même temps en explorant les facettes d'un même thème.

Ici, tandis qu'Erica et sa famille se remettent des événements de la fin du livre précédent, le maire prépare la restauration d'un centre de soins au bord de l'eau en un spa grand luxe. Matts, qui suit la comptabilité, se pose des questions. Il est revenu dans la ville de son enfance il y a quelques mois, on ne sait pas pourquoi. Et son amour de jeunesse vient d'arriver sur Graskar, l'île aux esprits, où se dresse le phare, semblant fuir elle aussi quelque chose... Quand le meurtre arrive, vous êtes piégés et vous savez que vous allez tout lire jusqu'au bout !

En gros : tout le mystère des romans de Camilla Läckberg... (j'ai déjà prévu d'enchaîner sur La faiseuse d'ange !).

Carte postale d'un voyage imaginaire #2 - Fjällbacka (Suède)

Carte postale d'un voyage imaginaire #2 - Fjällbacka (Suède)

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28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 12:18

Ces dernières semaines, j'ai lu, j'ai cousu, j'ai passé du temps avec les enfants, j'ai tricoté, crocheté, accueilli des enfants à la bibliothèque, choisi des livres, couvert des livres, aidé à faire les devoirs, consolé les petits et gros chagrins, j'ai marché dans la forêt, repris le sport, écrit pour un spectacle de Noël, ... mais je n'ai rien écrit sur le blog.

Octobre est passé, Novembre s'achève... Sans que rien n'ait été décidé, la pause s'est faite, avec ce qui va avec de questionnements et de prise de recul...

Ça existe, le slow blogging ?

Pour être honnête, ça m'a manqué. Mais quelque chose m'empêchait de revenir vers le blog (je veux dire quelque chose d'autre que mon emploi du temps de maman-bibliothécaire débordée) : l'envie de faire autrement, différemment.

J'ai pris le temps de réfléchir à tout ça et je me suis dit que ce serait une bonne idée, en fait, de partager ça avec vous, lecteurs fidèles ou de passage. Parce que je pense que ces questions, d'autres se les posent et un peu de la même manière. Et que j'adorerais avoir votre avis.

Ça existe, le slow blogging ?

J'ai commence ce blog "pour de vrai" en 2010 (après une première tentative en 2009, vite incompatible de la grossesse de mon petit bonhomme). C'était la grande époque des blogs : une sorte d'effervescence, pleine d'envie de partager, de maladresses, d'amateurisme. C'était la grande époque des patrons intemporels de Citronille (rappelez-vous, les couseuses), jamais à la bonne taille, on partageait des infos dans un langage codé du type "en prenant le 8 ans en hauteur et le 4 ans en largeur, j'ai obtenu un 6 ans du commerce que j'ai rallongé de 3 cm." :P Les photos étaient mal cadrées, mal éclairées, et on voyait tout le bazar en arrière plan (planche à repasser, méga installation playmobils et tour de cubes). Enfin, certaines s'en sortaient mieux que d'autres et avaient un appartement à faire pâlir d'envie les magazines de déco... mais globalement, on s'en fichait un peu. On postait des photos sur les blogs collectifs, avec 20 messages par jour, on faisait des défis 13 ou cousette pour petit boy, et c'était un peu le bazar, il faut bien le reconnaître ! On faisait des swaps, aussi, en échangeant des cadeaux avec des inconnus. C'était un peu fou, mais c'était chouette.

Et puis, petit à petit, les choses ont changé.

Ça existe, le slow blogging ?

A force de lire et de partager des conseils, les blogs sont devenus plus "professionnels". Avec de belles photos, retouchées ou recadrées. On a commencé à s'excuser si on photographiait ses cousettes à la lumière électrique, si elles n'étaient pas impeccablement repassées ou si les jouets du petit frère traînaient à l'arrière (bref, si notre maison était une vraie maison). On a complexé sur nos finitions pas super top et nos coutures pas forcément parfaites.

Les blogs ont été envahis de patrons indépendants à la mode, qui venaient de sortir, le temps de découvrir leur existence et on avait trois modes de retard. Et puis les blogs ont été "désertés", ça a été sur Facebook que ça se passait, puis sur Instagram. D'ailleurs, les conseils pour les bloggueuses, c'était d'être présente sur les réseaux sociaux pour rencontrer le succès. Les nouveaux patrons de De rerum natura sont annoncés sur Facebook et pour C'est dimanche, devenu Nun studio, pour s'adapter au monde anglo-saxon, c'est sur Instagram que ça se passe. Pardon pour les non initiés, disons juste que ce qui se passait sur les blogs est allé se passer ailleurs.

Un blog, côté couture ou tricot, c'était un peu has been...

Une sorte de pression s'est installée : il "fallait" lire le maximum de livres et tout chroniquer, coudre des garde-robes home-made complètes à ses trois enfants, tricoter les modèles de la dernière collection de BT à leur sortie, et même plutôt tricoter les modèles avant leur sortie en étant testeuse. J'exagère un peu, mais vous voyez l'idée.

Ça existe, le slow blogging ?

Et moi, dans tout ça ? Je n'ai pas de compte Facebook : pas envie, pas convaincue, j'avais l'impression que les échanges sur Facebook restaient trop en surface, superficiels. Je me souviens avoir revu quelqu'un sur Paris, après mon déménagement (en 2009), qui me disait qu'elle était restée en contact sur Facebook avec une amie commune. Je lui ai demandé comment elle allait et elle m'a répondu "j'en sais rien, mais jeudi dernier, elle avait pas envie d'aller bosser". Ça m'a laissée un peu perplexe...

Et Instagram ? J'y vais, de temps en temps, sans avoir ouvert de compte (ça viendra peut-être ?), via le lien Instagram de mes blogs préférés (ceux où il n'y a presque plus d'articles). Mais bon... je sais pas...

Ça existe, le slow blogging ?

En fait.. j'aime bien les blogs. Instagram, ça doit être très facile à utiliser (je n'ai pas de smartphone alors je ne sais pas... mais j'imagine) mais je me demande : une photo, une phrase, est-ce qu'on peut vraiment dire des choses intéressantes, personnelles ? Personnelles pas dans le sens intime (ce n'est pas l'objet) mais quelque chose qu'on pense vraiment, auquel on a réfléchi, qui vient de soi, pas l'écho des idées qui passent ou juste un "j'adore !" ou un "mon nouveau top préféré va si bien avec mes chaussures". Je dis pas qu'il en faut pas, des échanges comme ça (je vais pas dire le contraire, j'adore Regarder les reines du shopping !) mais bon, prendre le temps de réfléchir à ce qu'on veut partager, et prendre le temps de le partager avec plusieurs paragraphes, je trouve ça bien aussi.

Alors, évidemment, c'est le contraire de tous les conseils qu'on nous donne : faites des articles courts, les internautes ne lisent que les deux premiers paragraphes.

... euh, vous êtes toujours là ou je vous ai perdus en route ?

Ça existe, le slow blogging ?

Donc, je me demandais, ma place au milieu de tout ça ? Moi qui peux écrire des articles longs, dont la maison n'est pas parfaite, qui refuse de mettre le minois de mes enfants (ils font craquer tout le monde mais ça me gêne un peu de les montrer en entier, je me dis que plus tard, ils seront peut-être contents de ne pas avoir fait leurs premiers pas sur le web à leur plus jeune âge ?), qui parle à la fois de livres pour adulte, pour enfant, de couture, de tricot et de crochet ("un sujet, choisissez un sujet, sinon vous allez perdre vos lecteurs, et puis il y aura pas de case correspondante sur hellocoton") et qui ne suis ni sur Facebook, ni sur Instagram ? Je fais quoi ? Je change tout ? Rien ? J'arrête ?

Ça existe, le slow blogging ?

Depuis ses débuts, ce blog ne m'a pas conduit où je l'imaginais au départ. Ce qui veut dire qu'il m'a conduite ailleurs. Il m'a permis de faire de belles rencontres, ce que je n'imaginais pas au départ : j'ai appris à crocheter avec Marie, qui a créé de beaux modèles de crochet depuis. J'ai été contactée par Nancy Guilbert qui m'a fait découvrir ses livres si pleins de sensibilité. J'ai participé aux défis lecteurs de Sophie Hérisson (et grâce à elle, la rentrée littéraire est devenue un véritable événement de mon année, même quand je ne m'inscris pas à ses défis !). J'ai contacté une créatrice de patrons de tricot israélienne (via son blog en hébreu !) pour traduire son patron et le mettre sur le blog. J'ai échangé avec des lectrices fidèles qui savent même lire entre les lignes quand ça ne va pas (merci ♥). J'ai eu le bonheur d'être sélectionnée sur Abracadacraft et sur Ravelry (j'suis fière). Et tant d'autres choses que je ne raconte pas ici...

Si je réfléchis à mes motivations pour ce blog, en prenant du recul, j'en vois deux. La première, c'est PARTAGER. Partager des coups de cœur lecture, des astuces ou des infos tricot... j'adore quand on me pose des questions et que je peux renseigner, quel que soit le sujet. La seconde, même si ça peut paraître présomptueux, c'est de CRÉER. Créer quelque chose de beau, qui me plaise, le même plaisir de créer que celui du tricot ou de la couture, en fait.

Et puis si, il y en a une troisième, c'est de continuer ces RENCONTRES faites au détour d'un article, d'un commentaire...

 

Ça existe, le slow blogging ?

Et pour la suite, ce sera comment ? Continuer de faire un blog, de prendre le temps d'écrire des articles, de montrer les choses plus tard, trop tard, de ne pas tout montrer - faire moins pour peut-être davantage approfondir les choses.

Prendre le temps de ne pas tout partager, juste mes livres préférés peut-être, de ne pas parler de tout ce que j'ai aimé non plus ou que j'ai envie de montrer (parce que sinon, je m'en sortirais pas !).

Dans ce monde des blogs et des réseaux sociaux où tout va si vite, il y a peut-être encore moyen de faire les choses sur un autre rythme ? Un peu à la manière de ces mouvements "slow" qui fleurissent un peu partout. D'ailleurs, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais quand c'est "slow", souvent, c'est pas forcément lent, c'est plutôt faire les choses à leur rythme. Enfin, j'ai l'impression.

Prendre le temps, et puis faire un peu différemment, tenter des choses, chercher la manière dont j'ai envie de partager ce que j'ai envie de partager. Quelque chose qui est en amorce dans les derniers articles, en fait.

Ça existe, le slow blogging ?

Un petit mot sur les photos, pour finir. J'ai pris celles-ci il y a quelques semaines, au détour de mon jardin. Des toutes petites choses qui montrent leur beauté quand on s'arrête pour les regarder. Du buis qui revient à la vie après avoir été dévasté par la pyrale du buis, qui n'avait laissé presque que le bois. Une plante rapportée par ma miss Ju en bus, il y a deux ans, "parce qu'il fallait la sauver" d'avoir été désherbée du potager de l'école - elle a été mise dans un pot par des petites mains, oubliée dans un coin et ça ne lui a pas trop mal réussi.

Et pour le slow blogging... j'imagine que si je cherche sur Google, je vais me rendre compte qu'il y a 10000 blogs qui ont lancé le concept depuis au moins trois ans (comme pour tout). Mais j'ai préféré ne pas chercher. Parce que j'avais envie de parler de ça, à ma manière. Tout comme j'ai envie de savoir ce que vous, vous en pensez. Je ne suis sans doute pas la seule à me poser ces questions ? à avoir envie d'autre chose ?

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Published by anne(tte) - dans blog
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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 07:25

Et si on disait que cet été, j'avais fait un grand voyage dans une petite île du bout du monde, au large de l’Écosse ? Que j'avais vu des ciels immenses, aux nuages changeants, plus grands que la terre, des plages turquoises qui deviennent grises, puis noires, avec des vagues qui vont se briser à dix mètres en fracassant des embruns sur la côte ? Des falaises, des blackhouses, presque pas d'arbres, un tout petit monde d'insulaires qui se parlent en gaélique et s'appellent par leur surnom, parce qu'il y a tellement peu de noms différents, sur l'île...

Un voyage sur l'île de Lewis d'un peu plus de mille pages...

La trilogie écossaise

En vrai, je suis partie deux semaines, et pas si loin, mais avec un énorme livre dans mon sac !

Cet énorme livre, ce sont trois romans policiers : L'île des chasseurs d'oiseaux, L'homme de Lewis et Le braconnier du lac perdu. Trois romans qui se passent dans un cadre très particulier : l'île de Lewis "au delà de laquelle on ne peut aller en Europe plus à l'Ouest ou plus au Nord" (l'auteur a oublié l'Islande à l'Ouest mais c'est vrai que c'est loin alors je lui pardonne !).

Tout commence par un meurtre (bien sûr). Parce qu'il ressemble à celui d'un tueur en série d’Édimbourg, l'inspecteur Fin Macleod est rappelé sur l'île - depuis qu'il l'a quittée pour aller à l'université à Glasgow, il a toujours refusé d'y retourner, y laissant son passé, ses amis et tout ce qui rend la vie là-bas si spéciale. C'est à son passé qu'il va être confronté, bien plus qu'à cette affaire de meurtre...

Voilà un roman policier peu ordinaire, qui prend son temps et semble oublier l'enquête. Ici, ce qui compte, c'est cette confrontation au passé, les secrets de famille, les retrouvailles avec un amour d'enfance perdu... On se demande parfois si Peter May n'a pas oublié qu'il écrit un roman policier, s'attachant aux pas de Fin, nous entraînant dans les pubs, sur le port, dans les petites fermes et dans ces paysages incroyables... mais bien sûr, à la fin, tout s'éclaire et les pièces du puzzle s'assemblent de manière inattendue.

L'autre point fort du livre et des suivants, c'est cette manière de dépeindre les paysages en deux phrases, de nous faire découvrir des traditions méconnues, de nous plonger dans ce petit monde où tout le monde se connaît et où on se parle une langue qui crée tout de suite une connivence. Chacun des trois romans tourne ainsi autour de traditions ou d'histoires locales (un peu moins le troisième, ceci-dit) et alterne flashbacks et narration pour des intrigues où le passé joue toujours un rôle déterminant.

Au fil des pages, on retrouve les personnages, les lieux, si bien qu'on a l'impression d'avoir vraiment vécu sur l'île de Lewis et de reconnaître Ness, Uit, Stornoway... Et qu'on reconnaît plein de choses en cherchant des photos sur le site de l'office de tourisme de Lewis.

Photos trouvées sur le site de l'île de Lewis : http://www.isle-of-lewis.com/
Photos trouvées sur le site de l'île de Lewis : http://www.isle-of-lewis.com/
Photos trouvées sur le site de l'île de Lewis : http://www.isle-of-lewis.com/
Photos trouvées sur le site de l'île de Lewis : http://www.isle-of-lewis.com/
Photos trouvées sur le site de l'île de Lewis : http://www.isle-of-lewis.com/

Photos trouvées sur le site de l'île de Lewis : http://www.isle-of-lewis.com/

Alors voilà, on dirait que j'aurais fait un voyage sur l'île de Lewis cet été...

Carte postale d'un voyage imaginaire #1 - Ness (Lewis, Hébrides)
Carte postale d'un voyage imaginaire #1 - Ness (Lewis, Hébrides)

Carte postale d'un voyage imaginaire #1 - Ness (Lewis, Hébrides)

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Published by anne(tte) - dans Mes lectures
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